Noah and the Whale rayonne à l’Epicerie

Noah and the Whale rayonne à l'Epicerie
L’Epicerie Moderne proposait une fois de plus un festin pour les gourmets amateurs de folk foutraque joyeusement sombre.

Noah and the Whale

Difficile de classer les grands bretons de Noah and the whale : une pincée de “branchouille arty” avec un nom venant du scénariste du dandy cinéaste Wes Anderson, une cuillerée de voix de crooner d’outre-tombe façon Adam Green, ajoutée à cela une gueule d’ange aux cheveux de geai provoquant bouffées de chaleur, frétillements et gloussements des poules du premiers rangs, sans oublier pour épaissir la sauce un violoniste poupon à la coupe délicieusement ringarde, pardon, vintage des années 80′ tout droit échappé d’A-Ha. Point de fille dans le groupe puisque l’on sait que le second album écrit et mis en musique par Charlie Brown, pardon, Charlie Fink, intitulé ironiquement The First days of the spring est le récit scrupuleux de sa rupture douloureuse avec Laura Marling qui sort à point nommé elle aussi son second opus, I Speak Because I Can et montre bien qui portait la culotte.

Le concert sera donc divisé en deux sets, le premier, lugubre, oppressant, parfois lancinant avec son violon fichant le bourdon comme une vielle à roue, des titres qui s’étirent pour mieux vous étreindre, vous broyer (du noir). La blessure est encore ouverte, la mélancolie menace, les chansons s’enchainent comme les traits tremblés tracés à l’encre noire dans le journal intime d’un jeune garçon de vingt ans que guette sournoisement la dépression. Blue Skies égrène sa funeste litanie, “This is a song for anyone with a broken heart / This is a song for anyone who can’t get out of bed My Broken Heart / This is the last song that I write while still in love with you”. Our Window, I have nothing ou Stranger ne respirent pas la gaité mais la sincérité qui iradie de chacune de ces pierres noires nous fait cheminer progressivement vers la lumière : “You know in a year, it’s gonna be better / You know in a year, I’m gonna be happy”.

Après avoir salué le public français lors de cette première tournée en France pour le groupe, Charlie, le fan de 2 CV fait enfin décoller son cerf-volant, il annonce des chansons où l’on peut danser, ce dont ne se prive pas le fan club frénétique du premier rang, ce n’est plus Noah and the whale mais Noah and the bench cod. My Door is always open fait entrer un peu d’air frais, les choeurs baroque du tubesque Love of an orchestra font sautiller et se trémousser un public qui préfère en majorité le rayonnement au recroquevillement déprimant : “I know I’ll never be lonely / I’ve got songs in my blood”. Un rappel et les lumières se ralument avec une impression d’inachevée après un voyage au tréfonds de l’âme d’un artiste qui utilise son art afin d’atteindre la catharsis.

On attend peut être davantage d’étincelles lors de la venue vendredi prochain de Leopold Skin du label Kütu Folk de Clermont ou des texans de Midlake le 17 avril dans cette Epicerie qui ne propose que des mets de choix.

Noah and the Whale était en concert au Café de la danse le 18 septembre 2009

Date : 26 mars 2010
  • Noah and the Whale

  1. Rod 28.03.2010

    vu il y a quelques jours dans le cadre de Chorus … et j’ai trouvé ca tellement surrestimé … bref : sympa, mais pas de quoi en écrire des éloges dithyrambiques.