chronique : Thos Henley - Golden Europe
Thos Henley nous vient du sud de l’Angleterre mais chope tôt le virus globe trotteur, il voyage de villes en villes, sa guitare sur le dos, avant de s’installer en France.

Thos Henley

J’ai découvert Thos Henley en live, aux Disquaires à Paris. Cette grande tige blonde a réussi l’exploit de faire régner le silence dans la salle. Improbable. Simplement armé d’une guitare et de sa voix délicate, Thos Henley force l’écoute. Je m’étais rendu dans cette salle ce soir là pour un tout autre groupe, dont je ne me souviens absolument pas, supplanté dans ma mémoire par les accords suaves de Thos Henley. C’est peu dire que j’étais impatiente de jeter une oreille sur cet E.P.

L’objet a beau s’appeler Golden Europe, il appelle plus des sonorités nord-américaines que franchement européennes ; si mettre des frontières en musique a encore un sens… Avec Another Broter et Can You Canoe, on entend quelque chose du Mississipi, de réunion au coin du feu à la nuit tombée. Je suis à ça de dire qu’il y a un petit quelque chose de scout là dedans.

Darling you, morceau le plus orchestré de l’E.P, pourrait tout à fait se retrouver sur la B.O d’un film de guerre : une scène de bataille au Vietnam, des corps qui sautent en slow motion, entrecoupé de scène d’enfants blonds et des jeunes femmes bientôt veuves à le mise en pli parfaite et aux traits un peu tirés… Thos Henley a fait des études de cinéma, alors ces évocations ne sont pas forcément que la création de mon esprit… Là où on retrouve le Thos Henley qu’on a pu aimé, c’est avec The Oldest Tree in Netley, un morceau au dénuement sincère, qui semble avoir été enregistrée live. Et il y aurait un lien de cause à effet que ça n’étonnerait pas que moi.

Golden Europe est un bon E.P pour les amateurs de gilet en chanvre et de rencontre au coin du feu. Deux très bonnes chansons sur cinq, statistiquement, c’est tout de même pas mal. Mais là où Henley peut réunir, en attendant l’album, c’est en live, à n’en pas douter.

+ d'articles et photos :
Partagez!