Google Music, l’iTunes et Deezer killer
Début 2011 Google annonce l’ouverture de son nouveau service Google Music permettant de s’affranchir de tout support pour stocker et écouter votre musique, en tout cas vos mp3. Finis les CD, iPod, baladeurs MP3 et disques durs, c’est Google qui gère vos fichiers dans le cloud.

Google Music

Rappelons que le service n’est pour l’instant ouvert qu’aux USA en version beta mais des rumeurs annoncent une ouverture très prochainement en France. Pour les plus impatients il est même possible d’ouvrir un compte depuis la France en obtenant une invitation et en s’inscrivant à travers un proxy…

Google Music : interface web

Google Music : interface web

Des bits dans le cloud

Comment ça marche ? Première étape, installer sur son ordi un petit logiciel qui va permettre d’uploader vos mp3, bien entendu achetés légalement, chez Google. A ce jour il est possible d’envoyer 8000 mp3 au maximum.
Une fois l’opération effectuée, vous pouvez accéder à cette collection avec n’importe quel navigateur web, de n’importe où et, point important, depuis votre mobile, Android avec une appli dédiée et même avec votre iPhone sur l’interface web. Cette possibilité d’écouter sur votre mobile ces mp3 est, à mon avis, une des seules fonctionnalités intéressantes de Deezer avec abonnement, et est la solution la plus souple que je connaisse de se libérer de tout support. On peut également décider de télécharger à l’avance les titres sur son mobile en cas de déplacement dans une zone non couverte par un réseau 3G ou Wifi.
Exit les CD, iPod et autres lecteurs avec mémoire de masse, bienvenue dans le cloud.

Google Music sous Android

Google Music sous Android

On retrouve également tout ce qu’il faut pour créer des playlists, manuellement ou même automatiquement par un algorithme magique on sélectionne un titre et une playlist de 25 titres est créée. Il est également possible d’acheter des titres en ligne.

Vidéo de présentation de Google Music (en anglais)

La fin de Deezer et d’iTunes

Aujourd’hui les majors prévoient d’abandonner le support physique, ce fameux CD révolutionnaire. Vendu à sa sortie, au début des années 80, comme le support ultime au son parfait et au stockage préservé à vie car inusable, le CD a fait la fortune des maisons de disques mais cet age d’or est définitivement révolu. A force de vendre de la soupe très cher les majors ont tués la poule aux oeufs d’or, il est vrai, légèrement aidé par le développement d’internet et du mp3.

Les labels, après avoir tout fait pour freiner cette évolution du support physique à la dématérialisation, ont en fait laissé aux vendeurs de lecteurs mp3 avec Apple, première capitalisation boursière, en tête et vendeurs de tuyaux que sont les opérateurs télécom, dont le premier argument de vente est « télécharger à volonté musique et films », le marché de la musique. Encore aujourd’hui, plus de 10 ans après la création du P2P (Napster & co), les labels n’ont toujours pas eu l’idée de se regrouper pour créer une plateforme de vente légale de musique. Leur seule réponse a été de mettre en place ce ridicule HADOPI dont le seul effet sera de transférer les téléchargements des plateformes de P2P (les seules plateformes surveillées) vers d’autres solutions comme le streaming direct.

Deezer et Spotify ont raflés le marché du streaming légal, aux détriments des artistes qui ne reçoivent qu’une rémunération infime à chaque écoute, et iTunes pour la vente de mp3. Google avec Google Music a toutes les chances de remettre à plat ce système avec enfin une solution adaptée aux besoins actuels d’écouter sa musique quand et où on le souhaite avec cette killer app. Par contre, ce ne sera probablement pas la solution pour sauver l’industrie du disque et encore moins le moyen d’augmenter la rémunération des artistes…