The Legendary Tigerman au Nouveau Casino

The Legendary Tigerman

The Legendary Tigerman


Association étrange dans le spaceship aux chandeliers baroque du Nouveau Casino. Mr Lab ouvre pour le blues man portugais Paulo Furtado aka The Legendary Tigerman.

Mr Lab

Effectif réduit ce soir pour Mr Lab qui décante une electro folk rock, parfois éthérée, parfois saturée. Quelque chose de cabaret avant gardiste New Yorkais dans l’air. À la fin du set, Mr Lab confie avoir hâte d’entendre la prestation de The Legendary Tigerman. Il n’est pas le seul.

The Legendary Tigerman

Pénombre enfumée, il avance sur scène, lunettes de soleil sur une veste, chemise, pantalon impeccablement noirs, surmontés d’une coupe de cheveux impeccablement gominée. Comme intro, The Legendary Tigerman interprète un blues de far west apocalyptique. Le message est simple et clair. Nous ne sommes plus à Paris, nous ne sommes plus en 2012. These Boots are made for walking, assoie l’ambiance et ouvre pour un Life ain’t enough for you, en duo virtuel avec Asia Argento, suivi plus tard par Lisa Kekaula (The Bellrays) pour un The Saddest Thing To Say, aussi court qu’électrique. La voix de Paulo est douce et feutrée. La guitare est assurée et néanmoins hautement jouissive, surtout lorsque The Legendary Tigerman se laisse aller à de longs solos habités et nerveux. Bluesman, le portugais l’ait à n’en pas douter. Il ressuscite un esprit delta blues dans la plus pure tradition. Sans contrefaçon et sans artifice. The Legendary Tigerman maitrise avec fougue et passion. Il dose, avec parcimonie et main de maitre. Une application sans tache ni laborieuse. The Legendary Tigerman fait voyager, laisse s’installer les atmosphères, où jamais n’apparait une seule longueur. Il rythme et fait respirer. Un travail passionné et passionnant. Qui ira du blues au rock, des reprises aux compos. En guitare voix ou derrière son dispositif d’homme orchestre, fait de grosse caisse, de console et de kazou. Homme orchestre disait on.
Une lenteur lascive, des percussions comme autant de coups de boutoirs. Il se dégage définitivement une atmosphère sexuelle de la prestation de The Legendary Tigerman. Et il le dit lui même « Je fais de la musique qui donne envie de faire l’amour ». En substance. En fin de set il fera crisser ses machines, hurler, jouir. Et pour finir, tout en douceur, accompagné d’une jeune inconnue en petite robe noire, à la voix chaude, étranglée par la peur, juste comme il faut, The Legendary Tigerman interprétera True Love Will Fnd You In The End de Daniel Johnston.

A n’en pas douter, la prestation de ce soir au Nouveau Casino était à ne pas rater. Pour les oreilles et pour les yeux, parce qu’en fond de scène, pour accompagner le set de haute volé, des films en 8mm tournés par le musicien, onirico sexuel, qui illustrait à la perfection chaque ambiance construite par l’homme et sa guitare. On ne regrettera que deux choses : un public un peu timoré, dont certains irréductibles dodelinent timidement de la tête, et que le concert fut aussi court. Pour prolonger le plaisir, on mettra sur la platine, un bon vieux Vince Taylor.

Date : 20 juillet 2012
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