Jamie Cullum au Point Ephémère

Jamie Cullum, le pianiste éclectique qui a réussi à remettre le jazz au goût du jour, a donné un concert exceptionnel au Point Ephémère pour nous présenter en avant-première des chansons de son nouvel album The Pursuit.

La salle de concert du Point Ephémère me rappelle la première fois que j’ai vu Jamie Cullum en concert : c’était en mai 2004 à Cologne, dans un petit club sombre comme il les aime. Au début j’étais au fond près du bar, et au fur et à mesure du concert, je me suis sentie attirée par son énergie pour me retrouver rapidement au premier rang. Je me souviens qu’il ne voulait plus lâcher son piano tellement il était content de jouer.

Il démarre le concert par une reprise de RihannaPlease Don’t stop the music”. Il a l’air de planer complètement quand il se lance dans une impro au piano ; et rapidement, il part en live – peut-être trop tôt pour un public pas encore échauffé. A la fin de la première chanson, il se présente, fait de l’humour, et en quelque phrases où il se moque notamment de l’accent français, il se met le public dans la poche : son charisme est indéniable. Il enchaîne avec son nouveau single : “I’m all over it”, sur laquelle il joue du piano debout et part en headbang : c’est un passionné !

Après une autre chanson extraite du prochain album, le public reconnaît “Get your way” de l’album Catching Tales. Il se ballade sur scène : au piano quart de queue pour l’intro, debout sur les couplets, à danser sur le rythme groovy, puis se pose au clavier pour un duo avec la batterie, pendant que les cuivres se frayent un chemin. Quand je l’ai vu au Royal Albert Hall, il n’était accompagné que de deux musiciens, cette fois-ci nous avons le droit à un bassiste/contrebassiste, un guitariste/trompettiste, un clavier/saxophoniste et un batteur.

Il nous joue “If I ruled the world” : une chanson de Tony Bennett qu’il s’est appropriée à la sauce Portishead, ou comme il le dit si bien « une chanson joyeuse adaptée pour des funérailles ». Il passe souvent la main dans ses cheveux, comme s’il était gêné. Sur “What a difference a day made”, celle qu’il appelle « son meilleur hit qu’il ’a pas écrit », la salle se permet de chanter. Cependant, il doit avoir l’oreille absolue car cette marque d’affection du public n’a pas l’air de lui plaire. De mon côté, j’ai eu des frissons de réécouter cette chanson de l’album Twenty-Something.

Les lumières tournent en mode ensoleillé pour “Photograph”, une chanson sur un premier baiser, un souvenir qu’on partagerait presque en écoutant la mélodie – re-frissons. Sur le refrain, il monte sur le piano pour un essai d’a cappella, avant que tout ne parte en live : Jamie distribue des baguettes aux musiciens, et tous tapent où ils peuvent sur la batterie. De son côté, il s’installe au piano et part en impro, qui sonne bien proche de “I Get a Kick out of you”, pour revenir sur “Photograph”.

On revient à une ambiance plus calme, les musiciens quittent la scène, et seul au piano, il interprète la chanson composée pour le film Gran Torino de Clint Eastwood. Sur celle-ci, il semblerait qu’il ait perdu le public... Il revient alors sur le devant de la scène et organise une session jam digne des bars enfumés de la banlieue est de Londres : les musiciens sont rassemblés autour de lui, et, ayant délaissé le micro, il se lance dans “These Are the Days”. La salle reprend le ‘Papadidum’ de bon chœur, avant qu’il n’embraye sur “Caravan” dans les règles de l’art : chaque instrument a droit à son solo.

Le rappel fut bref même si son nom est scandé par la foule. Jamie fait souvent des reprises : je lui en connais des exceptionnelles comme “All the things she said” de tAtu,Light my Fire” des Doors ou encore “High & Dry” - meilleure que l’originale de Radiohead. Pour clore le concert ce soir, il choisit “Wind Cries Mary” de Jimi Hendrix qu’il interprète à merveille. Il monte alors sur le piano, nous envoie des baisers et effectue un énorme jump sur la scène en guise de salut.

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Date : 20 octobre 2009
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