En février 2015, je me suis produite pour la première fois dans une petite salle qui a pris une place spéciale dans mon cœur : le Magique, dans le quatorzième arrondissement de Paris.
Depuis, j’ai eu l’occasion d’y jouer maintes fois, et j’ai eu envie de partager cette aventure.

Tout d’abord, le Magique n’est pas du tout un endroit dédié au rock, ni à la folk. C’est un lieu consacré principalement à la chanson, et aux auteurs-compositeurs-interprètes ou aux interprètes de ce style.
Les artistes s’y produisent en acoustique, jamais sur bandes et toujours accompagnés d’instruments joués en live sans amplification, et la plupart du temps, sans micro pour la voix.
La salle de concert est au sous-sol, séparée du bar du rez-de-chaussée, et on ne parle pas, ni ne téléphone, etc… pendant les concerts : on écoute, et parfois, on chante avec l’artiste, un verre à la main.

France de Griessen

Une aventure acoustique

Je suis une artiste rock, mais ma curiosité et mes goûts ne s’arrêtent pas à ce genre musical précis : j’aime aussi le punk, la chanson, la musique world, goth, folk, blues, country, pop, etc… Et de différentes époques et pays. Bref, mes oreilles sont ouvertes à bien des univers lorsque l’intention, l’intensité et les mélodies me plaisent. C’est donc ainsi que je me suis rendue pour la première fois au Magique : pour aller écouter des chansons accompagnées par leur auteur à la guitare ou au piano.

France de Griessen – Idiot Waltz – The Gun Club cover

Ce qui m’a frappé : l’atmosphère hors du temps de cet endroit unique. Comme dans un film de Marcel Carné : « Les Enfants du Paradis » au cœur du quatorzième, tout un univers secret, derrière une vitrine mystérieuse dont il faut pousser la porte… Un endroit ou on peut boire pour pas cher (et bon !), voir des expositions, parler au bar avec des passionnés de musique et de poésie, amis, connaissances ou inconnus, puis descendre écouter, VRAIMENT ÉCOUTER - sans faire autre chose, ni devoir tendre l’oreille à cause du bruit ambiant - de la musique dans une atmosphère intimiste et chaleureuse. La salle, tapissée de moquette noire, où trône un piano et quelques sièges, est toute petite, assurant une proximité entre l’artiste et le public.

France de Griessen

Comme cela est rare, les lieux dans cet esprit.
Il existe de nombreux petits bars à musique, ou les artistes jouent dans un brouhaha permanent, au milieu des bruits de la bière pression, des gens qui téléphonent, de ceux qui sont là par hasard, de ceux qui considèrent la musique comme un fond sonore, mêlés à ceux qui veulent écouter et qui, dans un tel contexte, n’y parviennent pas vraiment. Il existe des cafés-concerts ou les gens mangent pendant que jouent les artistes : que ce soit côté musicien ou côté spectateur, il faut aimer l’exercice… Et ce n’est pas mon cas. Puis il y à les salles de concert classiques – de la petite SMAC et scènes indés diverses aux Zéniths -, mais c’est un autre chapitre car ce n’est pas comparable.

France de Griessen

France de Griessen (photo © B.Heart)

Ici, dans cette petite salle sans fioritures, la musique est reine. Les textes sont entendus. Le partage est là. La vie, pour ceux qui l’aiment tant, la musique…

Alors, même si mon répertoire n’était pas du tout proche de ce que l’on peut y entendre d’habitude, j’avais demandé à Marc et Martine Havet, les maîtres des lieux, si je pouvais venir y jouer, seule avec ma guitare acoustique. Car après tout, c’est ainsi que naissent mes chansons : à la voix et à la guitare.

France de Griessen

Depuis, je m’y suis produite de nombreuses fois, seule et en plateau partagé, et j’ai fait découvrir le lieu à des personnes qui ne le connaissaient pas et l’on adopté, et fait connaître mon univers à un public chanson, qui m’a merveilleusement accueilli, et ce même si je chante beaucoup plus en anglais qu’en français.

France de Griessen - Looking for Gold + Honey Lake

J’y joué les titres de mon prochain album, au fur et à mesure au fil des dates, et certains on même chanté avec moi avant qu’ils n’existent sur disque. (Mon nouvel album arrive, c’est pour 2017 !) . J’y ai joué aussi des morceaux de mes autres albums, des chansons d’artistes que j’aime, des poèmes mis en musique... J’y suis devenue une meilleure version de moi-même. Parce que pour jouer sans ampli, sans micro, sans lights et à 10 cm du public, il faut en avoir. Tu n’as rien pour te rattraper. C’est plus dur que devant des centaines de personnes que tu ne vois pas. Mais c’est merveilleux aussi. J’ai bu des verres jusqu’à pas d’heure parfois. J’y ai rencontré beaucoup d’artistes passionnants, et des passionnés de musique. J’y ai exposé mes aquarelles au printemps dernier. C’est devenu un lieu qui a pris une place spéciale dans mon cœur.

France de Griessen

France de Griessen (photo © B.Heart)

Marc Havet, que l’on peut y entendre souvent puisqu’il y est ici chez lui, est un auteur-compositeur-interprète fantaisiste, rêveur, bondissant, humaniste, généreux, d’une musicalité hors-pair. Un conteur d’histoires tour à tour irrévérencieuses, tendres, piquantes, émouvantes et poétiques.

Unique, comme ce lieu en dehors des modes : un monde en soi.

« Des utopistes
Encore résistent
Et quand on voit
Sortir des ruines
Quelques racines
Des plantes qui poussent
Dans les gravois
Quelques glycines
Le jour se lève
A l'horizon
Il suffit de passer le pont
Et
Magique
Magique
Elle est magique
Elle est venue
L'utopie
Est au bout de la rue »

Extrait de « Magique » de Marc Havet

Je me produirai à nouveau au Magique à partir de cet automne, pour être tenu(e) au courant des prochaines dates, inscrivez-vous ici.

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