Après la claque Bruit Noir et avant le prochain Mendelson, Pascal Bouaziz nous caresse avec un album, Haïkus et 13 textes courts à l’os, au plus près de son âme et finalement de la nôtre.

En clôture du disque, Pascal et Lou dévoilent le secret qui résume le projet, « les choses les plus belles que l’on dit, on les dit en chuchotant ». Car on est cerné par le bruit, qu’il soit bien réel ou médiatique. Et ce besoin de calme permet le lâcher prise, de reprendre confiance en soi, en les autres. « Parfois je me laisse aller avec toi, je baisse la garde. Tu me ferais presque croire. En l’être humain ». On est loin de l’avalanche de mots avec Bruit Noir ou Mendelson. Bouaziz chante, il ne scande plus. Il a choisi un format dépouillé, « parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense » selon Baudelaire, ces titres sont des miniatures ouvragées à la fois sobres et riches, avec une très forte valeur suggestive et émotive.

Instants tannés

Ce sont des éclairs apaisés, « on a dansé ensemble trop longtemps, ta main je m’en souviens, dans mon dos ». Ou encore, « j’ai encore envie d’Italie, j’ai encore envie de prendre ta main et de m’endormir tout contre toi, j’ai encore envie de vivre ». Cette simplicité jaillit du quotidien, instantanés, instants tannés où chaque mot compte. Cette main, on la sent dans notre ou dans son dos et l’on a encore envie de vivre malgré la peur, ancienne et nouvelle. Reste dans la lumière. « La source pour l’album, c’est la découverte de la fulgurance et du monde entier contenu dans des Haïkus japonais du début du vingtième siècle, et juste après avoir sorti et mis plusieurs années à écrire Les Heures, de se dire que ‘maintenant ça, 54 minutes de texte sans interruption, c’est fait, où est-ce que je vais aller chercher après ?’ ». Bouaziz a trouvé et il faut l’écouter.

Bouaziz – Cessez D’Écrire

Pascal Bouaziz - Haïkus

Pascal Bouaziz - Haïkus
5.0Note finale
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