The Flamming Lips, Bataclan, 02-02-2017

Last Train, ce groupe de jeunes rockeurs dont le nom est sur toutes les lèvres en ce moment valent-ils vraiment le détour en live ? C’est ce qu’SK* s’est demandé en ce lundi soir parisien, en allant faire un tour dans le 20ème arrondissement, plus précisément dans l’ancienne gare de la petite ceinture, aujourd’hui reconvertie en une salle de concert des plus rocks, La Flèche d’Or.

Ce qui est sur, c’est que Fragile, leur nouvel EP, sorti il y a une semaine est très efficace. Au moins autant que leur précédent, The Holy Family, sur lequel Fire et Cold Fever s’étaient déjà érigés en tubes rock and roll . Les Last Train n’ont rien inventé, loin de là, ils font ce que beaucoup ont su faire avant eux, mais ils le font bien. Du rock brut, sans être du rock de brutes, sans artifices et sans fioritures, cela faisait un moment que l’on en avait pas vraiment vu émerger en France.

Last Train – Fire

Fragile ?

Si l'on peut avoir du mal à prendre les baby rockeurs très au sérieux lorsqu'ils arrivent sur scène, ils nous font bien vite mentir, quitte même à sur-compenser parfois leur jeune âge et leur notoriété seulement naissante en envoyant énormément. Mais eux ne font pas les erreurs d'amateurs de certains groupes garage, qui partent parfois dans tous les sens.

Hier soir, leur entrée en scène s'est faite dans un noir enfumé quasi total, sur une musique de type western, une simple lumière jaunâtre éclairant la batterie dont on devinait les contours fantomatiques. Tout le monde retient son souffle, ils se font attendre. Puis les voilà, slims noirs, boots noires, réincarnations Strokesiennes par excellence, on s'en serait doutés.
La lumière vire du jaune au rouge, et ils entament les premières notes de l'attendue Cold Fever. Ma première pensée fut que Jean-Noêl, le chanteur, allait se faire mal à la gorge en poussant de tels râles, et puis je me suis habituée. Je me suis laissée happer par l'atmosphère rock dont la salle s'imprégnait peu à peu.

Let's rock

Et tout s'est enchaîné, la température est montée crescendo, agissant autant sur l'envergure et la puissance des rythmes et des riffs qu'ils envoyaient, que sur l'allure à laquelle la sueur se mettait à perler sur leurs fronts respectifs. Dans la salle, le public aussi suivait l'ascension, si bien qu'à mi-concert s'est formé un timide mais mignon pogo au cœur de la Flèche d'Or, où quelques mecs qui avaient dû boire une ou deux bières de trop commençaient à se pousser gentiment. Puis au fur à mesure, le tourbillon a grandi, entraînant de plus en plus de monde dans ce jeu d'auto-tamponneuses humaines. Au final, c'est un mec encore plus trempé que Jean-Noel lui-même qui a bodysurfé sur la foule déchaînée !

Last Train en live, ça tape fort, ça gratte fort, ça crie fort, mais jamais faux, et toujours pro.

Après un splendide Fire à grand coups de briquets, ils nous refont une séquence émotion au rappel, lorsqu'ils reprennent Cold Fame de Band of Skulls, avec leurs camarades d'Holy Two. Une jolie symbolique puisque c'est la chanson qui a inspiré le nom de leur label. Et puis les voilà qui reviennent à nouveau, deux rappels, et on ne s'en lasse pas. Je tique quand même sur le cliché de s'allumer clopes sur clopes sur scène et de "tout casser" (soit balancer un ampli et une cymbale crash) à la fin, mais on leur pardonne parce qu'ils sont quand même hyper bons, et qu'on a passé un super moment.

Je conseille vivement d'aller les voir, cela tombe bien, ils ont annoncé un Bataclan le 9 mai prochain pour remplacer leur date de décembre au Trabendo qui n'aura finalement pas lieu. Un concert qui sera sans doute mythique, surtout si l'album est fini d'ici là, ils sauront nous surprendre, je n'en doute pas !

Last Train - Fragile

Date : 7 novembre 2016