Fakear a sorti son album, Animal, avant l’été, et est actuellement en pleine tournée, il a notamment joué au Zénith de Paris, le 10 novembre, et continue sur les routes de France et d’Europe. SK* a eu l’occasion de rencontrer le jeune prodige de Caen, pour discuter un peu de ses inspirations, de cet album, et de cette tournée.

Un animal amoureux

Cet album, il est vraiment si sauvage que ça ?

C’est surtout l’album d’un mec amoureux, qui parle beaucoup d’amour et d’émotions, c’est la rencontre avec ma copine qui me l’a inspiré.

Et tu arrives à faire passer des émotions comme l’amour sans paroles justement ?

Ben, ça passe par plein de trucs, tu peux arriver à faire transparaître des émotions à travers des grilles d’accords par exemple, des textures, les synthés que t’utilises. J’ai essayé de faire un album assez solaire, même par le choix des synthés, c’est toujours des notes très aériennes et légères, rien de sombre ou de gras. Les voix aussi, majoritairement féminines, je ne sais pas, peut-être que si je faisais un album qui parlait de politique je prendrais des voix de mecs, mais là c’était au feeling et c’est venu comme ça, je ne l’ai pas vraiment mentalisé. Je dirais aussi qu’il est plus minimaliste que ce que j’ai pu faire avant, parce que l’amour c’est une émotion qui prend toute la place, il ya moins de choses différentes à exprimer que quand on mélange les sentiments comme la joie, la colère.

Dans cet album, on retrouve beaucoup de tes EPs précédents, comme si c’était le point d’orgue de tout ce que tu as fait jusqu’à présent. C’est la fin d’un cycle ? Le commencement d’un nouveau ?

Hum ben je ne le vois pas forcément comme une conclusion mais comme une sorte de bulle un peu à part, liée à des évolutions et des événements extérieurs, comme la rencontre amoureuse par exemple, alors que tous les EPs précédents étaient un peu dans la continuité les uns des autres, et c’est vrai que du coup c’est un peu comme si je prenais du recul sur tout le reste en me disant « ben voilà, j’en suis là ». Mais il y a déjà dans Animal les prémices de ce qui va suivre, je ne sais pas encore vraiment comment, mais probablement quelque chose de plus lent, plus lourd, tout en restant solaire. Plus des tracks dans la continuité de My Own Sun ou Ankara, je pense.

Et du coup cet album « bulle » tu l’exprimes différemment sur scène ?

Oui et non, disons que déjà depuis plus d’un an je joue sur scène avec des musiciens, ce qui donne une dimension plus « rock and roll » aux lives. Et Animal s’y prête complètement, on a un esprit de groupe et on met du coeur dans les chansons, pour reproduire cette énergie solaire, ce lâcher-prise que j’ai essayé de faire passer dans l’album.

Fakear - Animal

Tu joues aussi d’anciens morceaux que tu n’avais pas imaginé dans un but de formation live comme celle-ci aussi j’imagine, est-ce que ça a modifié ta façon de les percevoir, de les jouer, les émotions que tu fais passer avec ?

Oui par exemple un Morning in Japan, on le réadapte, et oui ça change complètement, c’est moins chiant à jouer, je redécouvre mes propres morceaux ! Ça balance une énergie différente, il y a un truc super mystique qui s’en dégage !

Donc tu penses continuer avec ce type de formation pour tes futures compos, après cet album ?

Oui carrément, et même l’étoffer. De toute façon le processus de composition reste le même, c’est moi qui compose tout, et on réadapte. Moi je ne change pas de « recette » en terme de création, c’est l’adaptation live après qui va être de plus en plus conséquente. Ce sont deux boulots différents du coup.

Et la réception du public, tu sens qu’elle est différente ?

Ça change oui. Déjà Fakear du coup c’est plus un artiste electro que tu programmes en fin de soirée et que tu ne regardes pas trop, ça devient un concert, un show à part entière. Les gens vont plus regarder, chiller, se laisser porter par ce qu’ils voient, et moi c’était ce que je recherchais : le lâcher-prise, mais pas dans le côté club, plus dans le coté contemplation, ouverture d’esprit, échappatoire.. un truc instinctif, une connexion presque primitive à la musique.

Ce côté « Animal » du coup.

C’est ça, un retour aux sources, à la nature, histoire de rappeler qu’on est des animaux parmi les animaux, avec ce truc complètement spontané.

Fakear – La Lune Rousse

Et au fait, ça fait quoi d'avoir écrit la chanson de "Mimi Mathy" (Cf: La Lune Rousse) ?

Ahah ben je trouve ça génial que les gens se soient approprié la chanson comme ça. C'est un moyen mnémotechnique comme un autre, et ça me fait marrer, j'aime bien.

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