Pour sa deuxième édition qui s’est tenue ce week-end, le festival des Bouffardises, organisé en hommage à Maxime Bouffard, victime des attentats du Bataclan, fut une réussite sur toute la ligne. Accueil artistes incroyable, programmation pointue placée sous le signe du rock, et bonne humeur permanente, il n’y a pas à dire l’équipe d’organisation a vraiment du mérite.

Du rock en Dordogne

Ouverte par un groupe local, les festifs et décalés Dustbin Stolers, le ton de la soirée est donné. La chaleur est lourde, la bière coule à flots et l’ambiance sent déjà le rock à plein nez, cela tombe bien car c’est le programme annoncé : du rock, du rock, et encore du rock dans toutes ses formes et dérivés.

Mes chouchous de Tomy Lobo prennent la suite pour un live énergique, dont une fin mémorable avec From Sun Comes Hope où ils relancent le beat trois fois d’affilée finit d’achever une première fois un public assommé aussi bien par la puissance des rythmes que par le soleil de plomb. Peu de répit, d’ailleurs, avant d’enchainer sur les rockeurs de Titanic The Band et les tribulations psychés de The Psychotic Monks alors que la nuit tombe peu à peu sur la Dordogne.

Tomy Lobo – Night Prism

Les très bons musiciens de la fanfare locale prennent le relais entre chaque concert, et font patienter un public impatient avant le live des belges de BRNS, qui nous téléportent dans leur univers alternatif dès le premier morceau. Un plateau chargé d’instruments, des synthés au xylophone en passant par un jeu de cloches de toutes les couleurs aux allures enfantines sur lequel se reflétaient des formes mystiques de lumière dorée. Ils ont mélangé leurs anciens titres avec des nouveautés extraites de l’EP paru vendredi dernier, et nous étions emportés. Seul regret : ils n’ont pas joué Our Lights, ce titre parfait que j’aurais tant aimé voir dans ce contexte particulier.

BRNS - Hurts

Vient alors le tour des très attendus Last Train : autre style, autre ambiance, mur d’amplis et guitares Gibson. Les quatre mecs, tout de noir vêtus, ne font pas dans la dentelle mais dans l’efficacité avec leurs Golden songs. Et efficace, leur live l’était, vu la manière dont ils ont envoyé leur rock lourd et acéré à grands cris d’un public visiblement très satisfait de pouvoir pogoter.

Last Train - Golden Songs

Mais la vraie révélation de la soirée sera sans nul doute Fuzzy Vox et leur rock rétro endiablé. Ce groupe, j’en avais entendu parler mais je ne les avais jamais vu jouer, et il faut bien le dire, ils m’ont fascinée.
Power trio qui ne paie pas de mine au premier abord, ils prennent pourtant tout l’espace et bien plus encore : si le batteur est une machine de guerre et envoie break sur break dans son costume pieds-de-poule rouge dont il tombera bien vite le haut, le bassiste et le chanteur sont au moins aussi bons, chacun dans leur domaine. Hugo, guitariste et lead vocal enchaîne les blagues et les figures acrobatiques avec des faux airs de Marty McFly en plein solo, chemise psyché et chaussures zébrées aux pieds, n’ayant de cesse de faire swinguer le public déchaîné sur des refrains rock’n’roll timbrés, et allant même jusqu’à faire tomber sur scène l’ampli sur lequel il a grimpé. Un groupe français dans la lignée de The Hives, on n'en croise pas des masses, alors chapeau les mecs, votre musique fait plaisir à voir, et à entendre. Ils viennent d'ailleurs de sortir un clip très chouette qui leur va comme un gant, une parodie de Whiplash pour leur son I Want Drums, à voir absolument !

Fuzzy Vox - I want Drums

Fuzzy Vox sortira un nouvel EP en octobre et seront en concert au festival Rock en Seine le samedi 26 août et au Point Ephémère le 29 novembre.

Merci encore aux Bouffardises pour cette belle édition tout en rock et en émotions, on espère que vous ferez de ce festival une vraie tradition qui perdurera dans le temps, en tout cas en attendant, on ne peut que vous féliciter, et vous encourager à continuer. N'hésitez-pas à les soutenir en allant faire un tour sur leur page ici !

Date : 8 juillet 2017