Face à la Mer et Maka @ l’Européen

Non je ne vais pas vous parler en long, en large et en travers du fameux duo Passi / Calogero : Face à la Mer c’est un groupe de six musiciennes sans rap ni variét’. En fait, lors du concert de Tryo à Bercy, La Rue Kétanou avait recommandé d’aller les voir… j’ai cherché, j’ai pris note, et me voilà à l’Européen. En première partie : Maka.

Maka

Maka c’est un duo, deux femmes aux origines fortes : Joanna tire sa fierté outre-Pyrénées et Elsa d’outre ex-rideau de fer. Joanna faisait partie des Face à la Mer, quand le groupe n’était encore qu’un trio. Avec Elsa, elle a créé Maka, ce qui signifie « Terre Mère » en amérindien. Un violon, une guitare, un cajon et elles chantent avec des tonalités tsiganes, africaines ou andalouses dans la voix ; elles chantent l’amour, le désespoir, la condition humaine, la condition féminine – oui, les hommes ne sont pas venus se faire passer de la paumade ce soir ! Mais on reste positif : « on ne meurt pas d’amour » et « l’amour nous sauvera ». Elles recevront une véritable ovation du public.

Face à la Mer

Elles sont toutes habillées dans des tonalités rouge/rosées – rouge de l’amour, rouge de la jalousie, rouge de la passion, rouge du sang, de la violence, de la rage… et nous font passer tous ces sentiments au travers de leurs chansons. Pourtant, elles ne sont pas là pour donner leçon, elles restent espiègles, ludiques, légères en abordant des thèmes engagées. Elles sont complexes, elles se complètent, ce sont des femmes et fières de l’être.

Ces six musiciennes ont oublié d’être moches de surcroît, quel culot ! Et pas féministes armées jusqu’aux dents, si elles chahutent les hommes, ce n’est que de bon droit, ils l’ont bien mérité après tout, mais elles savent aussi les remercier : « si on tombe souvent à cause de vous, il y en a toujours un autre pour nous ramasser – donc merci d’être aussi nombreux ! »

Elles ont chacune leur personnalité, qu’on apprend à connaître au court de la soirée : Julie, au tuba a loupé une carrière de comédienne, Aurélie se cache derrière sa batterie, Marie, à la guitare, a un petit air malicieux, Viviane au violon se révèle très intense, Carole, au chant, est le naturel faite femme et Géraldine à l’accordéon ne tient pas en place. Le tout dans une ambiance bon enfant, sans égo à polir ou de prise de tête – personne ne se prend au sérieux.

Chaque chanson respire l’authentique, l’expérience, le vécu… Sur ‘Le Fil’, je sens des larmes monter, mais non, ce doit être la fatigue de la journée. La réplique d’Audiard « Tu m’emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour mais tu m’emmerdes. … » me fait sourire, tout autant que la réponse de Géraldine : « Chez nous c’est naturel » Puis Viviane nous emporte dans un chant sur l’amour impossible et de la dolor on passe à la furia car quand une femme est blessée, elle peut devenir dangereuse.

« J’ai les yeux rouges, la mémoire triste, une fin d’amour à digérer… » Le titre ‘La Colère Rouge’ a un goût amèrement familier. Et sur ‘Prends-moi la Main’, je ne peux pas le nier, c’est bel et bien un frisson qui me parcoure. Mais Face à la Mer c’est pas que de la dépression dans la constatation des aléas de la vie, c’est aussi très énergique ! L’idée c’est aussi de se battre contre vents et marées, en prenant du recul face à tout ce qui nous tombe dessus. Le final avec une section cuivre se révèle très festif !

Elles affichent leur sens de l’auto-dérision quand elles imitent les mouettes et crient « Face à la Mer, un groupe phare ! » Puis finissent avec ‘La Faute à Eve’… parce que c’est là que tout a commencé, non ?

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Elles seront le 15 mai au 3 Baudets.

Date : 16 février 2010
Photos: Jonathan

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