Enregistré après une pause d’une année, 1965 fut le clap de fin des Afghan Whigs. Du moins c’est ce que l’on croyait avant que Greg Dulli ne remonte son groupe et n’enregistre les excellents Do to the Beast (2014) et In Spades (2017) chez Sub Pop. En 1998, les excités de Cincinnati font l’objet de tous les soins de la part de leur label, la major Columbia. Et si les Afghan Whigs étaient The Next Big Thing ? En 1996, leur album Black Love leur avait ouvert les portes du TOP 100 US et leur approche très soul du rock avait la capacité de séduire des pans entiers de la jeunesse américaine.

Evidemment il n’en fut rien. En pleine vague Brit Pop, ce disque passa plus ou moins inaperçu. Quel gâchis.. Car 1965 est un des dix meilleurs disques de 1998. Voire un des cinq meilleurs. Greg Dulli est envoyé chez Daniel Lanois avec Jeff Powell (Primal Scream, Sixteen Horsepower et des dizaines d’autres) pour canaliser ses émois et enregistrer ses compositions les plus soul.
Retour sur l’enregistrement de ce disque avec Jeff Powell.

Comment as-tu rencontré le groupe ?

Jeff Powell : Je les ai rencontrés lorsqu’ils sont venus enregistrer Gentlemen aux Ardent Studios. J’ai commencé en tant qu’assistant ingénieur pour finir dans le siège d’ingénieur. J’ai aussi mixé cet album.

Afghan Whigs – Somethin Hot

Où avez-vous enregistré ce disque ?

Nous l’avons enregistré au Kingsway Studio dans le quartier français de la Nouvelle Orléans. Nous avons fait les overdubs dans le quartier américain.

Combien de temps cela vous a pris ?

Quatre mois, de janvier à avril 2018.

Ce fut un enregistrement facile ?

Je ne sais pas si on peut utiliser ce mot… Tout ce qui est bon ne vient jamais facilement.

Quels sont tes meilleurs souvenirs liés à cet enregistrement ?

Les personnes impliquées dans cet enregistrement ont donné leur meilleur. Le groupe, les gens du studio, les invités… Tous furent parfaits. C’était le troisième album que je faisais avec le groupe. Nous étions devenus des amis proches en 1998. Lorsque vous aussi proche d’un groupe, vous savez comment il sonne. Lorsque tu montes les faders, ça ressemble aux Afghan Whigs, enfin ça ressemble encore plus aux Afghan Whigs ou alors je dois changer de métier.
Nous sommes encore amis aujourd’hui. Nous avons eu tellement de plaisir à faire cet album.

Quel matériel as-tu utilisé ?

La console était la console API de Daniel Lanois. C’est sur cette console que Bruce Springsteen a enregistré Born To Run. Les enceintes de monitoring sont celles qui ont été utilisées par les Beatles sur Revolver. J’avais apporté mes ProAc Studio 100 pour être assez proche du groupe pour les enregistrer. Nous avons utilisé le studio comme un instrument. Chaque recoin de cet endroit avait un caractère sonore précis. Ce fut une expérience vraiment belle et unique.

Comment as-tu trouvé le son de ce disque ?

Tout a été plus ou moins dicté par le studio Kingsway et son architecture. Greg avait l’idée de ne pas utiliser d’écouteurs et de faire des prises live. De plus, nous étions dans une maison de maître et il n’y avait pas de vraie « control room ». J’étais donc dans la même chambre que le groupe quand celui-ci enregistrait. C’était la première fois que j’enregistrais de cette façon et j’étais à mille lieues de ma zone de confort. Mais j’ai accepté cette situation et cela s’est avéré être une bonne décision. Cela m’a appris que je devais toujours rechercher de nouvelles façons de faire des disques. Cela a été mon objectif depuis l’enregistrement de ce disque. C’est fou de se dire que cela fait vingt ans.

Quelle est ta chanson préférée de ce disque ?

Je vais répondre Something Hot. Ma femme, Susan Marshall, fait les chœurs dessus et c’est l’une des dernières chansons que j’ai travaillées. J’ai encore la chair de poule quand je l’entends, tout comme je l’avais fait la nuit quand nous l’avons travaillé en studio.

Afghan Whigs - 1965

1965 d’Afghan Whigs est disponible chez Columbia/Sony.

Afghan Whigs - 1965

Tracklist

Afghan Whigs - 1965
  1. Somethin’ Hot
  2. Crazy
  3. Uptown Again
  4. Sweet Son Of A Bitch
  5. 66
  6. Cito Soleil
  7. John The Baptist
  8. The Slide Song
  9. Neglekted
  10. Omerta
  11. The Vampire Lanois

English text

How did you meet this band ?

I met them on the day they showed up to Ardent Studios to record “Gentlemen”. I was initially the assistant engineer on the session, but ended up moving into the engineer seat and mixing the album.

Where did you record this album ?

We recorded the album at Kingsway Studio in the French Quarter in New Orleans. We finished overdubs at American Sector in New Orleans.

How did log it take you ?

We recorded from January to April 1998…

How easy was the recording process ?

It was not what I would call easy. Nothing great comes easy.

What are your best memories of this recording process ?

The people involved was what was the best. The band, the crew, the guest stars, all of these people make the record what it is. This was the third album I had worked with the band, so we were all close friends by then. When you get to that level with a band, you just know how the band sounds. When you push up the faders, it sounds like the Afghan Whigs; or at least it better sound like the Afghan Whigs or I’m not doing a good job. We are all still dear friends to this day. We had so much fun making this record.

Wich material did you use (consol desk, amps) ?

The console was Daniel Lanois’ beautiful API desk. This was the console that Bruce Springsteen recorded “Born To Run” on. The large monitors were the speakers that the Beatle’s “Revolver” was mixed on. I brought my ProAc Studio 100s for the nearfields. We
played the studio like an instrument. Every nook and cranny in that place had a character in it’s sound. It was a truly beautiful and unique experience.

How did you find the sound of this LP ?

Kingsway and the way that studio was set up kind of dictated how we recorded. Greg had the idea of not using headphones and setting up cutting live and using monitor wedges. Also, we were in a mansion and there was no control room per se. So basically I was in th same room as the band while we were tracking. This was the first time I had ever recorded like that so I was completely out of my comfort zone, but I embraced it, and that turned out to be a great thing. It taught me that I should always look for new ways and situations to make records. That has been my focus ever since then. It’s hard to believe that was 20 years ago.

What’s your favorite song of this LP ?

I would have to say “Something Hot” is my favorite. My wife, Susan Marshall, is singing background vocals on this, and it was one of the last touches we put on this tune. I still get goosebumps when I hear it, just like I did when we cut it in the studio the first night.