Gossip @ Bataclan

Gossip @ Bataclan
ZiKomAgnes - 16/11/2009

Gossip
Le groupe Gossip a été mis sur le devant de la scène en 2006 avec Standing in the Way of Control. Les médias ont propulsé Beth Ditto, la chanteuse obèse et lesbienne, au rang d’icône de la mode après l’avoir vue en compagnie de Kate Moss à la sortie de bars londoniens huppés. Cette couverture médiatique a beaucoup aidé à populariser la musique du groupe : un punk assaisonné de soul, rock, gospel et disco. Gossip a sorti un nouvel album Music for Men en juin dernier. Ssion assurait la première partie.

Ssion

Ssion est un groupe de punk au son expérimental assez proche de Gossip. Sur scène, ils sont trois : le batteur qui déchire dans le coin droit et le bassiste qui avec ses cheveux long me fait dangereusement penser à Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers du temps de Blood Sugar Sex Magik. Le chanteur quant à lui a la figure peinturluré ce qui le fait vaguement ressembler à Paul Stanley de Kiss – mais a un délire de chorégraphie proche de David Boring des Naïve New Beaters. Il fait réagir le public en lui reprochant par provocation d’être trop poli et l’engage à se déchaîner. A la fin du set, il remplit mission en faisant chanter la fosse.

Gossip


Hannah à la batterie ouvre avec le bassiste, vite rejoints par Nathan à la guitare. Ils se font rapidement éclipser par l’entrée de Beth Ditto : sa voix se fait entendre avant d’apparaître sous la pluie d’applaudissements. Elle porte une ample tunique noire zébrée d’éclairs et un chapeau scintillant dans ses cheveux rougeoyants. La setlist est entamée avec “Dimestore Diamond”.

Beth sautille de joie en rythme avec les acclamations de la foule. Elle en profite au passage pour envoyer un bisou à son amie Géraldine avant de partir sur “Pop goes the World”. Le moins qu’on puisse dire c’est que Beth est énergique sur scène, elle se balade d’un bout à l’autre de la scène, un roady la suivant pour s’assurer qu’elle a assez de jeu pour le micro. Elle nous gratifie d’effets de voix remarquables, notamment sur “Don’t (Make Waves)”. Mais c’est sur “Love Long Distance” qu’elle nous prouvera la maîtrise de son organe vocal.

Le concert décolle aux premières notes de “Your Mangled Heart”. Après “Men in Love”, elle se lâche sur “Coal to Diamond” sur laquelle elle manque d’avaler le micro. Beth n’est pas l’incarnation de la délicatesse : elle crache d’énormes mollards et remet sa culotte en place sans cérémonie aucune. Elle communique entre les chansons essentiellement par onomatopées, produisant des gazouillis, des bruits de pets ou de bisous – au choix.

Elle se plaint qu’il fait chaud, très chaud, et c’est naturellement qu’elle enlève sa tunique pour chanter “Listen Up ! ” en body noir avec une intro piquée à Lady Marmelade. Sur “Four Letter Word”, elle distribue des bouteilles d’eau dans la fosse et récupère les ventilos sur scène pour les diriger vers la foule. Le public, déjà en délire, redouble de hurlements quand Gossip joue “Heavy Cross” et c’est un Bataclan unanime qui applaudit en rythme avec la batterie. Le groupe quitte alors la scène sur des petits coucous à la salle.

Les musiciens reviennent pour le rappel et commencent à nouveau sans Beth. Elle arrive une clope à la main et, juste quand je me faisais la réflexion que son jeu de scène forçait à la comparaison avec Tina Turner, le refrain de “What’s Love Got To Do With It” vient me confirmer mon sentiment. Sa dernière chanson sera l’incontournable “Standing in the way of control”, pour laquelle elle descend dans la fosse. C’est sûrement pour cette liberté qu’elle a choisi de faire trois soirs au Bataclan au lieu d’une date au Zénith. Elle remonte sur la scène désertée par les musiciens et nous propose de chanter avec elle l’hymne gay. Nous finirons donc sur le refrain de “We are the Champions” de Queen. Elle quitte la scène avec des je t’aime en direction de la salle.

Date: 15 novembre 2009

Réponses
  1. Je crois que je dois me faire à l’idée que je n’aime PAS The Gossip. C’est rien contre Beth truc, c’est juste uns question de musique : 2 albums. Un – très- mal produit et surhypé, avec un gachis énorme dedans (« Standing in the way… » pur tube dancefloor punkoide massacré par une prod infâme), et un second hypertrophié et dégoulinant de nappes korgesques trop 80’s pour être honnêtes, ambiance on se la raconte.

    Non, j’aime pas. Non non non. J’échange 10 Peaches contre une Beth Ditto. (ça se vaut, en poids).

    Live ? Ben voilà, le report dit tout : Fat is beautiful. Il fait chaud non, je vais enlever des vétements. Mouais, on dirait du Madonna. Ce jeu là est agaçant à force. Beth Ditto icône anti girly / Kate Moss. Oui, mais ça ne fait pas un bon groupe. Si ?

  2. Pour moi tout n’est pas mauvais dans Gossip, certains morceaux sont effectivement kitch et d’autres pas mal du tout. Après sur scène c’est une histoire de gout :)

Un avis, un commentaire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


A lire dans “Concerts (live reports)

Liam Gallagher à son Zénith

Liam Gallagher a donné hier soir au Zénith de Paris le dernier concert d’une tournée européenne qui a affiché complet tous les soirs. Et il a fait plus que le travail.

Motivant Morby

L’ex-Woods est venu jouer son répertoire à La Lune des Pirates, salle qui avait accueilli et vu triompher les flamboyants Woods en 2017. Jeu, set et match pour…

Vincent Delerm @ Théâtre des Pénitents, Montbrison, 04-02-2020

Vincent Delerm : La vie passe et il en fait partie

Hier soir Vincent Delerm chantait à Montbrison devant le public du festival Poly’Sons. Après le spectacle, je lui ai parlé des photos que j’avais faites, de cet article que j’allais écrire sur son spectacle. Quelle idée insensée ais-je eue là… Comment écrire sur la musique, comment mettre des mots sur des sons, sur d’autres mots ?…

Damien Saez @ Halle Tony Garnier, Lyon, 09-12-2019

Damien Saez, « Que l’éphémère devienne éternité »

Damien Saez venait hier au soir présenter à Lyon, Ni Dieu ni Maître, l’album qui clôture Le Manifeste, fresque sociale de quatre années de 2016 à 2019 présentée dans une « oeuvre numérique » sur son site internet « Culture contre culture ». 39 chansons, politiques et poétiques dans lesquelles se lit la France des attentats aux gilets jaunes,…

Curtis Harding - 17 novembre 2019 - Lune des Pirates

Amiens-Atlanta avec Curtis Harding

Tout va bien à Atlanta. Les Black Crowes se reforment, les Black Lips sortent un nouveau disque et Curtis Harding est de passage à Amiens.

Bertrand Belin, Persona Bellissima

Bertrand Belin est venu défendre son dernier disque sur la scène de la Maison de La Culture d’Amiens. Carton plein !

Mark Lanegan @ 106 Rouen 05-11-2019

Night Flight to Rouen

Après ses escapades avec Duke Garwood, Mark Lanegan a eu la bonne idée de remettre en selle la formule Mark Lanegan Band pour publier le très bon Somebody’s Knocking il y a quelques semaines. Très bon n’est pas synonyme d’excellent. Mais quand on sait que le Lanegan Band a permis à Mark de sortir ses…

Primal Scream @ Pitchfork 2019, 01.11.2019 , Paris

[Pitchfork 2019] Le sacre du Scream

XTRMNTR fêtera ses vingt ans l’année prochaine. Primal Scream, l’album qui annonçait Screamadelica sans le savoir, fête ses trente ans cette année. Et hier soir, Bobby Gillepsie et son groupe ont fait la fête au Pitchfork Music Festival.

Studio Electrophonique

Stupéfiant Studio Electrophonique

Auteur du premier ELP chez Violette Records, James Leesley (Studio Electrophonique) était de passage à Paris le temps de deux concerts. Compte-rendu à chaud.

Sleaford Mods @ l'Épicerie Moderne, 04-10-2019

Sleaford Mods in a good mood !

Du Punk et rien que ça avec Sleaford Mods et DSM IV. L’Angleterre était à l’honneur hier soir, à l’Épicerie Moderne.

Eels © Fabrice Buffart

Photos : Eels @ Radiant-Bellevue, Caluire | 10.09.2019

La dernière fois que l’on avait vu Eels à Lyon, Mark Oliver Everett et sa bande de bardes barbus en survêt’ Adidas n’avaient pu jouer que 5 titres avant un orage cataclysmique au festival Woodstower en août 2013. Les plus anciens se souviennent de ce concert au Transbordeur d’avril 1997 avec son Beautiful Freak augural.…

Fais moi Marr Johnny !

Pendant que Morrissey continue de nous faire du mal avec ses déclarations, Johnny Marr trace sa voie et poursuit une carrière solo aussi efficace que « discrète ».