Lonny Montem, the Only One

Lonny Montem © Louis Teyssedou
Louis 31/10/2018

Il y a Lonny Montem et les autres. Seule ou accompagnée de Guillaume Charret, elle arrive, par on ne sait quel miracle à écrire des chansons comme si elle était dans les Jayhawks ou dans les Black Crowes. Et c’est bien la première fois que quelqu’un du Vieux Continent fait aussi bien que les Yankees du Nouveau Monde.

Il y a pire que les Français qui plagient les Beatles ou n’importe quel autre groupe de pop anglaise. Il y a les Français, voire les Européens qui se mettent à l’Americana ou au Bluegrass. C’est la catastrophe assurée. Ils auront beau se grimer en cow-boys, acheter des santiags chez Bata dans la banlieue de Melun… On restera toujours à Melun avec leurs chansons. Et il y a Lonny Montem. Elle ne porte pas de santiags mais arrive à nous emmener dans le Wyoming ou dans le Dakota du Nord avec ses chansons. Ses chansons sont un petit miracle. A chaque fois, c’est l’assurance d’un voyage dans les contrées de l’Amérique reculée.
Ecoutez Tara, lisez le nouveau tome d’America et buvez un bon café. Vous passerez un moment aux Etats-Unis et vous économiserez un billet d’avion.

Pourquoi t’es-tu lancée dans la musique ?

Lonny Montem : Qui ? Moi ? Oula ! C’est assez animal je pense.

Animal ?

Oui, tactile. Je fais de la musique depuis que je suis petite. Je me suis mise à l’alto à l’âge de 6 ans. Et le chant est arrivé à l’adolescence.
Je suis nulle dans tout le reste. Je n’ai donc pas trop le choix… J’étais nulle à l’école. Je ne pourrais pas faire autre chose.

Lonny Montem – Pour que je t’abandonne | Sofar Paris

Et pourquoi as-tu eu envie de chanter ?

C’est Joan Baez qui m’a donnée cette envie là. C’est grâce à ma mère. Quand j’avais 13 ans, j’écoutais les Plasticines, les Naasts. Mais la folk est arrivée assez rapidement. J’étais fascinée par les Jefferson Airplane, Patti Smith. Les 60’s et les 70’s m’ont accroché.
Ma première vraie émotion musicale, c’est Joan Baez. Et un concert de Patti Smith. J’avais quinze ans. C’était à la Cité de la Musique. Concert ultra sincère. J’étais au premier rang. Ce concert a été un vrai déclic.

Et tu as écrit des chansons à ce moment là ?

Non. J’avais du mal. Je pensais être incapable de sortir quelque de chose de bien. Je pensais que tout avait déjà été dit. Quand tu es adolescent, tu es dans l’imitation. Il a fallu attendre que quelque chose de difficile m’arrive. Là j’ai eu le besoin d’écrire.

Ce fut une écriture cathartique.

Oui, car au lieu de faire comme Dylan, j’ai fait comme… moi. J’avais quelque chose à dire, alors je l’ai écrit.

Tu as deux carrières : une solo et une avec Guillaume Charret. C’est cette dernière qui est mise en lumière en ce moment.

Car c’est la tournée.

Comment se passe-t-elle ?

Merveilleusement bien. C’est de plus en plus « spectaculaire ». On arrive à imposer notre marque de plus en plus.apidement. On a deux dates en décembre dont une première partie d’Elliott Murphy.

Tiens à ce propos, il faut que je te remercie. Grâce à toi, j’ai découvert une chanson sensationnelle d’Elliott Murphy.

Ah oui ? Laquelle ?

Tell Me. Je suis totalement bloqué sur cette chanson.

C’est bien d’être bloqué sur des chansons. C’est le cas pour moi en ce moment avec deux chansons du dernier album de Brisa Roché. Je tourne en boucle de suite. Mais pour en revenir à la tournée, tout se passe bien. Elle nourrit même mon écriture.

Tu écris pendant la tournée ?

Disons que j’avais pré-écrit. J’ai écrit un peu. Là, je vais m’y remettre.

Tu enregistres bientôt ?

Il faut que je finisse mes maquettes. Ce sera pour 2019.

Comment va Tara ? Comment tu le regardes aujourd’hui ?

Il vit sa vie. C’est génial. On l’a posé à un endroit et il voyage. Je lui fais confiance.

Vous avez prévu de publier un nouvel EP ?

Tout est encore au stade de projet. Par contre, il y a une création qui arrive avec le Conservatoire de Montbéliard. Il y aura un ensemble baroque qui jouera Tara avec nous deux. Ce sera plus orchestré, un peu plus théâtre. Et comme on aime bien les salles assises.

Pourquoi ?

Tara doit être joué dans des conditions assez calmes.

C’est une super année 2018 au final.

Oui. On est en octobre et j’ai déjà l’impression que c’est la fin de l’année. On a un projet de carte de vœux avec Pascal Blua d’ailleurs. On avait une chanson de Noël avec Guillaume et on va en faire un petit cadeau-carte de vœux. Je suis ravie de cette année. J’ai écrit mes premières chansons en français, j’ai commencé à bosser la scénographie… Mon album arrive. J’ai fait une belle première partie, plusieurs Trois Baudets. Et l’Olympia en première partie d’Alex Lutz. 2018 fut une grande année de travail. 2019 sera encore plus dédiée au travail : une tournée Tara avec Guillaume Charret, une autre avec Baptiste W. Hamon et l’enregistrement de mon deuxième disque.

Question totalement idiote pour finir cet entretien. Pourquoi t’appelles-tu Lonny Montem ?

Parce que c’est une référence à la montagne solitaire. Lonny serait un clin d’oeil à « lonely » et « Montem » veut dire « montagne », en latin. Je suis née à la montagne, c’est un élément qui m’a toujours touchée.

Tara de Lonny Montem et de G. Charret est disponible chez Marjan Records/La Baleine.
Lonny Montem et G. Charret seront en concert les :

  • 7 décembre 2018 au Foyer Georges Brassens (Beaucourt) en première partie d’Elliott Murphy.
  • 8 décembre 2018 à la maison du quartier Barbusse (Malakoff)

Lonny Montem & G. Charret - Tara

Tracklist : Lonny Montem & Guillaume Charret - Tara
  1. Big Big House
  2. Woman Now
  3. Please; Look After Me
  4. You Can Close Your Eyes
  5. Little Lovers
  6. Old Friends
  7. Burning Bridges

Pouet? Tsoin. Évidemment.

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