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Medi and The Medicine Show, enfin un nouvel album : At Last

Medi et Héléna Soubeyrand
Medi et Héléna Soubeyrand


Medi and The Medicine Show
est un groupe inspiré par le rock seventies. Cela transparaît dans sa musique et jusque dans le format de son dernier disque : le bien-nommé At Last comporte deux faces, 5 titres studio et 5 autres enregistrés en live, il est disponible aux concerts, et notamment au Point Ephémère où le groupe jouera demain.

Medi and The Medicine Show

En attendant, nous avons rencontré Medi dans un café de Belleville pour prendre des nouvelles fraîches de sa petite troupe. Il pleuvait à verse ce jour-là, mais le niçois nous a mis le soleil en tête en nous parlant de musique, du Vieux Nice, de l’Angleterre, de ses amis, de ses amours…

Pourquoi « The Medicine Show », c’est un groupe qui soigne ?

Ca soigne nous-même ! Mais ce nom m’a été suggéré au hasard par mon pote Mike dans un bar, et je me suis dit que j’allais le garder. C’est surtout le « et » qui a de l’importance. C’était une façon de montrer qu’il y a d’autres gens autour de moi. Sinon, The Medicine Show, c’est tiré de Lucky Luke. C’est un groupe de charlatans qui se promène dans le Far West et vend des élixirs réparateurs.

Qui écrit et compose les chansons ?

C’est presque toujours moi. Mais j’écris depuis longtemps avec mon ami Vasco que j’ai rencontré dans le Vieux Nice. Il m’a introduit à la culture anglo-saxonne et m’a appris à écrire des chansons. C’est un membre du groupe à part entière, même s’il n’est pas sur scène. Le reste du groupe prend part au processus d’écriture quand nous jouons les chansons ensemble, car on fignole, on interprète, et c’est aussi une forme de composition. C’est pour cette raison que je donnerai toujours une partie de mes droits à mes musiciens.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Parfois c’est un riff de guitare, parfois une phrase dans un café ou une engueulade avec ma copine. Il m’arrive de ne rien écrire pendant des mois. Ca m’angoissait quand j’avais 17 ans, mais plus maintenant.

Pourquoi l’album s’appelle-t-il At Last ?

Ce titre nous est venu comme ça, c’est un délire de copains pendant un dîner. Mais c’est vrai que ça correspond bien à ce nous ressentons car ça faisait longtemps qu’on avait envie de faire ce disque, et on le fait, enfin !

Vous n’avez pas encore de maison de disques ?

Non, mais ça ne m’a jamais trop paniqué. Il y aura toujours la musique, et nous pensons qu’on peut faire pleins de choses sans être signés. D’ailleurs, tu peux aussi bien être Chez Universal, sortir un disque et il s’en vend 20, alors…

Qu’est-ce qui a changé entre le premier et le deuxième album ?

Tout ! Les chansons du premier album, j’ai commencé à les jouer tout seul en Angleterre et je les ai enregistrées dans le studio de Dave Stewart (ex-Eurythmics). J’avais 23 ans, j’étais ravi. Ensuite, je suis rentré en France et j’ai appelé mes potes du Vieux Nice parce que je n’étais plus très fan des gens avec qui je travaillais en Angleterre. Quand l’album est sorti en France ce n’était plus Medi, c’était Medi and The Medicine Show et avec eux je jouais toujours les mêmes chansons, mais différemment. En fait, le premier disque auquel le reste du groupe a vraiment collaboré, c’est At Last.

Pourquoi chantez–vous en anglais ?

Parce que ça correspond à la musique dans laquelle j’ai grandi : Steevie Wonder, le Motown, etc. J’ai aussi pris l’habitude de chanter dans cette langue quand j’ai commencé à jouer dans des bars de Nice où il y avait beaucoup de touristes. En plus, je trouve que les Anglais ont toujours de belles mélodies, ce qui n’est pas toujours le cas des Français actuellement, surtout avec cette vague de chansons à textes. Il y a quand même certains artistes que j’aime bien comme Bensé, Mathieu Boogaerts. Mais sinon, je crois que si j’avais 13 ans aujourd’hui et que j’écoutais la radio française, je n’aurais pas envie de faire de la musique. En plus, en ce moment dès que tu écris en français, tu es directement catalogué « variété française ». On devrait plus penser en termes de styles de musique que de nationalités.

Vous êtes français, vous chantez en anglais. Qu’y a-t-il de plus niçois en vous ?

Ma fierté de coq du sud, mon besoin d’être souvent dehors à prendre des cafés. Le je-m’en-foutisme aussi, le côté « on verra demain ».

Et de plus anglais ?

La pinte, l’apéro. Jusqu’à 21 ans, je ne buvais que du jus de banane, ça finissait par me faire mal au bide d’ailleurs ! L’Angleterre a bien développé mon côté festif. Maintenant, j’essaie de trouver un juste équilibre car je me lasse vite d’un mode de vie.

Comment vous êtes-vous retrouvé en première partie de Charlie Winston et batteur sur ses concerts ?

Je l’ai d’abord croisé à Nice et nous sommes devenus proches quand je suis allé vivre à Londres. Nos groupes respectifs étaient sur la même longueur d’ondes et il aimait bien ma façon de jouer de la batterie. On s’est dit de façon un peu prétentieuse qu’en se mettant tous ensemble, on finirait par se faire entendre. Il y a trois ans, je l’ai recroisé rue de la Roquette et on s’est promis de ne plus se perdre de vue et de refaire des choses ensemble.

Vous avez rencontré Dave Stewart et Terry Hall, vous êtes monté sur scène avec U2. Vous avez une chance folle. Vous arrive-t-il de repenser à tout ça et d’être émerveillé par votre parcours ?

J’essaie toujours de regarder vers le futur. Si je pense au passé, je risque d’être nostalgique et ça peut m’empêcher d’avancer.

Avez-vous envie d’entamer de nouvelles collaborations ?

J’aimerais bien faire un truc en français avec ma copine, Héléna Soubeyrand. On a commencé à écrire des chansons ensemble. Quelques personnes les ont entendues et ont trouvé ça bien. Mais c’est loin encore. Mon plus grand projet avec elle c’est de me marier dans quelques semaines.

Si vous n’aviez pas fait de la musique, qu’auriez-vous fait ?

Quand j’étais petit, je voulais être joueur de tennis mais j’ai vite vu qu’il fallait bosser, être très sage et oublier la vraie vie. Ca ne me ressemble pas.

Quel est votre meilleur souvenir de musicien ?

J’ai beaucoup aimé le concert que nous avons fait à l’UFO. C’était la première fois qu’on jouait dans un bar à Paris. C’était un peu l’arrache, avec un son pas génial mais c’est aussi ça qui était sympa. C’était un truc simple, qui nous ressemble.

Et votre pire souvenir ?

En 2002, devant 15 000, personnes à Nice, à la fête de la musique. J’ai cassé une corde de ma guitare. On m’en a apporté une autre, mais sans sangle, et là le temps est devenu très long. Aujourd’hui j’en rigolerai peut-être mais là c’était la première fois que je jouais devant autant de monde et j’étais très impressionné.

Quel est votre rêve le plus fou ?

Etre le batteur de la reformation de Led Zeppelin. Tant que les trois seront vivants sans leur batteur, je voudrais qu’ils m’appellent dans un moment de solitude, qu’ils aient besoin de moi et qu’on fasse une tournée.

Votre pire cauchemar ?

Je ne sais pas, je ne pense pas au pire. Perdre ma voix serait un coup dur, quoique je pourrais toujours jouer de la batterie et si je perds un bras, je pourrais toujours jouer avec l’autre !

Medi & The Medicine Show – Excuse My French

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