Le tremplin rock Emergenza faisait sa rentrée au New Morning pour un Showcase des Best Of de l’année. Au programme : Un Ange Passe, Les 3 Singes, The Wallpapers, The Black Hole Compagny, Clock’n’Works et Maedusa.

Un ange passe

Un Ange Passe

Un Ange Passe

Un Ange Passe, groupe normand et fier de l’être, m’avait titillé lors des finales à l’Elysée Montmartre en juin dernier. Les mélodies entraînantes m’ont une fois de plus ramenée sur les terres des Vieilles Charrues ; je leur trouve des influences de Matmatah et de Déportivo. Alexis déploie une belle énergie sur scène, il exploite l’espace, saute sur place comme un enfant impatient et chauffe la salle, qui en ce début de concert commence à peine à arriver. Parmi le brouhaha des retrouvailles de début de soirée, l’attention ne peut s’empêcher d’être attirée par la scène, où Alexis sort l’attirail de refrains accrocheurs, et de rythmes festifs.

Les 3 Singes

Mais les sessions Emergenza sont minutées. Place à leurs confrères Les 3 Singes. Dans un style tout aussi français, nous retrouvons un style plus orienté sur les textes. Ils m’ont fait penser à un mélange La Rue Kétanou et de Louise Attaque avec parfois quelques sonorités proches de Bénabar. L’effet Louise vient sûrement du violon et de l’accordéon. A voir absolument : le solo d’accordéon sur une chanson dont le refrain était « J’ai pris le melon, J’me sens plus pisser ».

The Wallpapers

The Wallpapers

The Wallpapers

Puis arrivent sur scène quatre garçons habillés comme pour aller au Truskel – la panoplie cheveux longs façon je-viens-de-me-lever et pantalons slim – mais qui ont besoin d’une autorisation pour sortir en semaine ; on me le confirme, les membres des Wallpapers ont entre 15 et 17 ans. Leur style sonne très Indie Rock, sorti tout droit d’un garage de Leeds. Leurs influences affichées sont les grands groupes qui ont marqué les années 60 : The Doors, Pink Floyd, The Beatles, The Kinks. Moi ils m’ont plutôt fait penser aux Kooks… en effet, ils aiment beaucoup The Maccabees. On sent leur culture musicale, les solos de guitare de Leo n’ont rien d’amateur, et leur jeu de scène est clairement inspiré des plus grands. J’espère que ce groupe plus que prometteur se détachera vite de ses idoles pour trouver un style bien à eux. Mais on comprend aisément pourquoi ils ont gagné la finale d’Emergenza.

The Black Hole Compagny

Le quatrième groupe, The Black Hole Company est un guest tout droit venu de Parme, en Italie. Dès la première chanson, ils nous décoiffent par un bon gros son. La formation très simple compte un guitariste, un clavier et une batterie. Leur style, simple et presque minimaliste, me rappelle un peu The White Stripes. Leur son est plus brut que leurs prédécesseurs, moins travaillé, pour un rendu plus vrai.

Clocknworks

Clock N' Works. Photo : Seb-c ©

Clock N’ Works

C’est au tour des autres finalistes de jouer : Clock N’ Works. L’énergie qui se dégage me rappelle tout de suite The Hives. Mais des influences plus anciennes se dégagent au fur et à mesure du show. Car c’est un réel show qu’ils produisent sur scène. Leurs idoles : Mike Jagger des Rolling Stones et Angus Young d’AC/DC et ça se ressent sur scène. Moi j’avais l’impression d’avoir The Stooges en face de moi. Le public, qui commence à fatiguer après 4 groupes, se faisait timide dans la fosse ; mais Maxime et Kevin les ont secoué. Le chanteur aime apparemment faire ressortir son côté dark sur scène, un côté décadent à coup de rires machiavéliques et de cris à la limite de l’indécence. Le guitariste, à l’aise dans ses solos de furieux, entraîne les musiciens dans une accélération diabolique pour laisser enfin exploser une rage, qui manque de fracasser les guitares. Au final, après avoir battu la mesure, dansé et tapé dans ses mains, le public a pour la première fois de la soirée réclamé une autre chanson à la fin du set.

Maedusa

Pour clore le showcase, Maedusa entre en scène. De loin j’entends la voix d’une femme. Mais non, c’est bien un homme qui chante et danse sur scène, accompagné d’un seul et unique guitariste. Sa voix se brise, s’emplit d’émotion sans gêne aucune ; il semble pouvoir jouer de sa voix comme il l’entend. Et il l’entend sur une variété de style ahurissant : du hip-hop à la soul en passant par la folk. Il y en a pour tous les goûts. Le moins qu’on puisse dire c’est que Maedusa fascine. Sans trop comprendre pourquoi, un homme masqué passe sur scène avec des pancartes. Certains en retirent une impression proche de Nosfell, d’autre de Jude. Les avis sont partagés, mais aucun ne se plaint de cette session des plus intrigantes.