Drugdealer avec précision

Qui a mis cinq ans à enregistrer un disque où se rencontrent Ariel Pink ou Natalie Mejing (Weyes Blood), où il est question des théories du philosophe Jean Baudrillard, des paysages des films de Sergio Leone et de voyages ? Drugdealer.


Enregistré entre Los Angeles et New York, le nouveau projet de Michael Collins (Run DMT & Salvia Plath) s’avère totalement passionnant. SK* a échangé quelques mots avec ce garçon totalement hallucinant. Comme son disque.

Pourquoi avoir appelé ton projet Drugdealer ? C’est totalement fou.

Michaël Collins : Tout d’abord… LOL. Choisir les noms pour les projets que tu fais est toujours quelque chose de drôle et d’amusant.Pour beaucoup de mes projets artistiques, les noms que j’ai choisis ont soit amusé soit dérangé les gens. Cette fois-ci, j’ai choisi un concept qui doit rester dans le temps. J’ai donc choisi Drugddealer. Tout art est fait par la drogue, des artistes et des dealers. Le plus grand junkie sera le créateur.

Pourquoi as-tu appelé ton disque The End of The Comedy ?

Michaël Collins : J’aime la comédie. Cela définit assez bien les relations et les aspects de la vie. Mais à la fin, la racine de toutes ces blagues montrent la vérité qui amènent à ces réactions. Cet album est basé sur des idées qui évoquent le mystère de ces blagues.

Comment as-tu rencontré Ariel Pink et Natalie Mering ?

Michaël Collins : Grâce à l’art et à ses échanges. Je connais Nataly depuis des années et j’ai rencontré Ariel il y a peu de temps. Mais je les aime chèrement tous les deux. Je leur dois beaucoup.

Drugdealer – Suddenly feat. Weyes Blood

Combien de temps a pris l’enregistrement ? Cela a été facile ?

Drugdealer : Il a fallu plusieurs périodes sur les cinq dernières années pour enregistrer ce disque. Un concept le sous tend mais il a fallu beaucoup d’étapes. Les idées ont dû infuser aussi. Il a fallu voyager, rencontrer des gens, faire des choses avec eux, ne rien faire pendant des mois. Il épouse une période de ma vie. Ce que j’aime le plus à son sujet est le fait que j’ai fait preuve de patience en tant que créateur.

Qui est l’auteur de la pochette de ton album ? Tu peux m’en dire un peu plus ?

Michaël Collins : Robert Beatty est un de mes graphistes favoris et un ami très proche. Il écoute les chansons et il y va ! J’ai discuté avec lui de la comédie et des difficultés qu’à un artiste pour se trouver. Il a donc travaillé à partir de ses éléments. Son style est basé sur les années 70.

Comment écris-tu tes chansons ? Les paroles en premier ?

Michaël Collins : Oui j’essaye d’écrire les paroles en premier. Les paroles ont plus de sens ainsi. J’essaye toujours d’écrire les paroles sans penser à la musique. C’est pourquoi l’album a pris tant de temps à être enregistrer. Je joue beaucoup de piano sans penser à faire des chansons. Donc d’un côté j’écris sans penser à la musique et de l’autre je joue de la musique sans penser aux paroles. Quand les deux arrivent à se rencontrer, c’est juste fantastique !

Il y a des chansons que tu as abandonnées durant l’enregistrement?

Michaël Collins : Oui, beaucoup. Je n’ai pas fini une centaine de projets sur les cinq dernières années. Ou je ne les ai pas commencés… Je tente tout et je ne garde que ce que qui a du sens.

Drugdealer – Easy to Forget (feat. Ariel Pink)

Tu lis les critiques ? C’est important pour toi ?

Michaël Collins : J’adore les critiques. Amenez les moi ! Les quelques critiques négatives sont les plus drôles à lire. C’est vraiment marrant ce système qui fait que les gens attendent des réponses. Beaucoup de gens se mettent énormément de pression. Moi j’ai juste fait quelque chose qui me plaisait. C’est plus fort que tout.

Quelle est l’histoire de Were You Saying Something?

Michaël Collins : C’est à propos d’une discussion, de la passivité et du fait de s’interroger soi-même. C’est çà propos des questions du genre : » Qu’est-ce que tu as déjà fait ? » dans le milieu artistique. C’est à propos des silences dans une conversation. Nous faisons tout ça. C’est sûrement aussi à propos de moi qui vieillit et qui deviens moi patient aux plaisanteries sociales. J’essaye juste de rester maître de mes émotions.

On espère te voir en France bientôt. Un concert est programmé ?

Michaël Collins : Oui, j’espère. Je te tiens informé. La France est un de mes endroits favoris.

Drugdealer - The End of Comedy

The End of Comedy de Drugdealer est disponible depuis le 09 septembre 2016 via Weird World.

Tracklist : Drugdealer - The End of Comedy
  1. Far Rock Away Theme
  2. The Real World (ft. Sheer Agony)
  3. Suddenly (ft. Weyes Blood)
  4. Easy To Forget (ft. Ariel Pink)
  5. Were You Saying Something?
  6. Theme For Alessandro
  7. It’s Only Raining Right Where You’re Standing
  8. The End Of Comedy (ft. Weyes Blood)
  9. Sea Of Nothing
  10. My Life (feat. Danny James)
  11. Comedy Outro

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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