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A table avec les Makeshift

Quel étrange disque que voilà. Le premier album des Makeshift fait avec des éléments connus un objet totalement… inconnu. Comment définir la musique de ces attachants normands ? On dissertera sur le psychédélisme, on s’émerveillera de leurs mélodies mais surtout on sera perdu totalement dans cette caverne musicale d’Ali Baba.

Dans ce monde totalement convenu, on peut être heureux de découvrir un disque comme celui de Makeshift. Leur musique ne ressemble à aucune autre et vous fait oublier tous vos chagrins.

Quand et comment s’est créé Makeshift ? Vous êtes issus de plusieurs formations si j’ai bien tout compris…

Makeshift est plus exactement une reformation. Nous avons joué ensemble durant la dernière année d’existence de Clockwork of the moon. S’en est suivi un long temps de travail avec son lot de cheminements et d’expérimentations musicales qui nous ont rapidement éloignés de la folk de Clockwork of the moon. Nous jouons en effet également dans pas mal de groupes normands à tendances popifiantes.

Et d’ailleurs, pourquoi avoir créé Makeshift ? Vous vous sentiez mal dans vos formations respectives ?

La création de Makeshift n’est pas franchement une rupture mais plutôt une suite logique des expériences passées. Rencontrer des gens, créer de réelles affinités et ensuite sentir que beaucoup de sensibilités musicales peuvent rendre le travail et la création en commun excitants. Caen connaît depuis quelques années une grande consanguinité musicale. La ville n’est pas immense et les points de rencontres sont en nombre assez restreints. Beaucoup de musiciens se connaissent et se côtoient très régulièrement. Jouer avec de nouvelles personnes c’est toujours développer un nouveau rapport au travail, bien souvent complémentaire de celui éprouvé au sein des autres groupes dans lesquels on joue. Ça n’est pas mieux mais c’est nécessairement différent. Et donc très stimulant. On compte pas loin de dix formations musicales « représentées » au sein de Makeshift. Et chacun a l’air de très bien le vivre.

Vous avez sûrement bouleversé vos habitudes de travail. Cela n’a pas été trop difficile de retrouver ces fameuses habitudes ?

Les habitudes et méthodes de travail sont toujours propres à chaque groupe. Nicolas (le bassiste) et Charles-Antoine (le batteur) se sont un peu engouffrés dans les logiques de travail des trois membres compositeurs (Michaël chanteur et claviériste, Vincent chanteur et guitariste et Baptiste chanteur et guitariste). De longues sessions de travail souvent nocturnes où l’objectif est de se réapproprier le squelette du morceau et d’en développer les arrangements en jouant et en enregistrant en live. Ça crée une longue concentration et des sessions de jeu ensemble assez magiques à vivre.

Pourquoi avoir fait le choix du financement participatif ? Vous n’avez pas été tenté de frapper à la porte d’un label ?

Nous n’allons pas vous cacher que nous avons frappé à la porte de quelques labels dont on aime beaucoup le travail. Malheureusement, sans être entrés au préalable dans un certain réseau, il est difficile de pouvoir porter de la musique aux oreilles des labels que l’on convoite. Les envois se trouvent forcément noyés parmi les centaines qu’ils reçoivent chaque semaine. Au final, nous ne savons même pas combien d’entre eux ont réellement pu écouter l’album que nous leur avons envoyé. A cela s’ajoute l’impondérable que ça ne leur plaise pas. Facteur à ne pas négliger… Ca faisait un moment que l’on évoquait le recours au financement participatif. Nous avons eu à faire face à pas mal de dépenses pour l’ensemble du processus (répétitions, enregistrement, mixage, mastering, fabrication). Même si les choses sont présentées autrement, ça a la forme d’une souscription à l’ancienne, d’un achat anticipé du disque.

Cet album a été écrit par trois compositeurs. Vous n’avez pas peur que cela « pénalise » l’écoute ? Pourquoi ne pas avoir composé à quatre (ou six) mains les chansons de ce premier disque ?

Cette composition scindée a été le point de départ de la naissance de Makeshift. Les trois compositeurs qui se connaissent depuis très très longtemps avaient envie de se mettre à l’épreuve et d’aller au bout de leur démarche personnelle de composition tout en restant réellement impliqués dans une logique de groupe. Et il nous semblait cohérent (peut-être que les choses changeront à l’avenir, on ne sait pas…) que chacun interprète ses compositions comme il les entend. L’autre point de départ, plus global cette fois-ci, était de ne s’encombrer d’aucune contrainte (de temps, de style, de forme…). Et avoir un chanteur attitré nous semblait en constituer une.

Vous avez sorti Lazily en premier single. Pourquoi ce choix ?

Lazily nous semblait être une chanson impérissable, un tube en puissance, une œuvre de haut vol. Mais c’était surtout le premier clip a avoir été finalisé.

Makeshift – Lazily

Si on vous dit qu’il y a deux trois tubes qui se promènent sur le disque… Vous le prenez bien ?

Très. Rien d’injurieux là-dedans. Au contraire.

Qui est l’auteur de la pochette ?

C’est Vincent qui a repris des montages de Maïann Jerafi, une amie. A partir d’une photo d’un autre ami, Louis Geslin, prise en Thaïlande il y a deux ans. Une sorte de photo découpée et trafiquée. Elle a vraiment fait consensus au sein du groupe.

En parlant de tube… qui a écrit Surveyor ? C’est un sacré tube !

C’est Michaël le chanteur claviériste qui a composé Surveyor. C’est donc un compliment cette histoire de tube. Et on n’est pas loin de penser la même chose pour être francs.

TOP 10

1) Le meilleur album de 2017 ?

Faux Bourdon – La Terre Tremble !!!

2) Le meilleur single de 2017 ?

DNA – Kendrick Lamar

3) Le groupe qui met tout le monde d’accord chez Makeshift ?

Grizzly Bear (si on excepte le dernier album).

4) Le groupe qui créé une dispute chez Makeshift ?

Arcade Fire.

5) Votre pochette d’album préférée ?

White album – The Beatles.

6) Votre bande originale de film préférée ?

Le bon, la brute et le truand.

7) Un artiste mort avec qui vous aimeriez boire un coup ?

Renaud.

8) Le meilleur endroit dans le monde pour voir un concert ?

Les petits déjeuners du Café Sauvage à Caen, le lundi matin de 7h à 9h.

9) Le meilleur endroit dans le monde pour faire un concert ?

La Maroquinerie.

10) Le refrain ultime ?

Un refrain de Neil Young. Au choix dans ses archives.

Makeshift des Makeshift sera disponible le 2 février 2018 via North, W2W, Microcultures/Differ-Ant.
Pour le pré-commander, c’est par ici.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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