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Concerts (live reports)

Photos : Tamino & Ben Howard @ Nuits de Fourvière | 03.07.2018

Tamino @ Nuits de Fourvière | 03.07.2018 © D@dou

Nuit câline aux Nuits de Fourvière pour cette soirée dans la moiteur d’un théâtre rempli à craquer pour Tamino déjà très haut et Ben Howard qui a du mal à faire rêver.

Tamino

Quand Tamino entre sur la scène de Fourvière, devant son mur de public en sueur, il semble frêle malgré sa taille imposante. Un accord de guitare et sa voix ample emplie le théâtre qui fond de bonheur. Il y a des artistes qui dès les premières notes subjuguent et dont on pressent une carrière unique. Bien sûr on pense à Buckley, à Cohen, à son mentor Maarten Devoldere (Warhaus, Balthazar) puisque Tamino (c’est son vrai prénom, une mère passionnée d’opéra) vient de Belgique avec des racines égyptiennes et des études à Amsterdam.

Discographies

Sun may sunshine chante t-il et le soleil brille pour lui en ce début de soirée, mais c’est surtout lui qui brille pour nous, subjugués par tant de beauté, une voix instrument balayant quatre octaves et un physique entre Louis Garrel pour certaine ou un Tadzio brun du chef d’oeuvre de Visconti pour d’autre. Cigar donne envie de fumer la boite (ne ratez pas son clip réalisé par son frère à seulement 17 ans !), Indigo night suspend le temps avec cette voix qui volute dans l’air et cette sublime déclaration à l’être aimé, cet Habibi nous consume : Something hides in every night brings desire from the deep and with it comes a burning light to keep us from our sleep caresse t-il d’une voix envoûtante.

Dans un des airs célèbres de la Flûte enchantée de Mozart, le personnage de Tamino chante « Wie stark ist nicht dein Zauberton », quelle puissance ton son magique n’a t-il pas. Cela fonctionne à merveille pour le Tamino de 2018, néo romantique nihiliste fan à la fois de Chris Cornell et d’Oum Kalthoum qui nous confiait avant le concert sa joie de jouer dans ce lieu magique avant Charlotte Gainsbourg et d’autres belges, Girls in hawaii le 16 juillet et la formidable nuit du Moyen-Orient le 24 juillet avec son compagnon de label, Bachar Mar-Khalifé et le Trio Joubran.

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Ben Howard

Quand Ben Howard monte sur scène, la nuit est tombée et il n’est pas seul. Accompagné par huit musiciens (entre autre deux batteries, un trio à cordes), les fans qui pour certains sont venus de loin vu la rareté du monsieur (il a joué à la salle Pleyel en juin dernier) trépignent d’impatience. Ils sont comblés dès l’entame avec cette voix si particulière et ce jeu de guitare hors norme.

Ce n’est clairement pas le concert le plus rock de l’année mais Ben Howard et son orchestre arrivent parfois à faire naître une certaine tension dans des morceaux principalement issus de son troisième album, Noonday Dream qui est un succès en Grande Bretagne. Avec autant de musiciens on s’attendait à des moments plus amples et l’on rêve presque d’une formation plus resserrée, plus proche du public sans ce barnum de lumières d’un autre âge. Bien sûr, Ben Howard excelle dans la musique impressionniste, tantôt sa voix emporte vers l’ailleurs, tantôt on ronge son frein, peu convaincu par les distorsions sur Towing The Line par exemple.

On voudrait aussi davantage de connexion avec le public pour un artiste qui foule les plus grandes scènes dans le monde entier. Toujours concentré sur son jeu, il nous laisse un peu sur la touche, on aurait souhaité être davantage touché, ému, bouleversé surtout un 3 juillet et l’on a juste assisté à un concert, un de plus. Alors bien sûr cela reste de bonne facture mais l’on est loin des prestations de Bon Iver, Villagers ou Damien Rice ici même ou encore de The Tallest Man on Earth de Junip ou du regretté Gravenhurst à l’Epicerie Moderne ou des concerts stratosphériques de RY X avec orchestre.
Ben Howard se qualifie donc de justesse comme les three lions pour son concert de Paris au Zénith le 5 décembre.

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Date : 3 juillet 2018

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