Un an après avoir frappé très fort avec son premier album, Gold’s Clown en 1988, Johan Asherton revint l’année suivante toujours aussi inspiré avec Precious, un disque qui risque encore aujourd’hui d’en renverser plus d’un.

Car Asherton fait dans le beau. Rien que le beau. Convoquant Marc Bolan et les Stones à l’aide de sa plume, Johan Asherton allait écrire un disque d’une classe folle qui donne aujourd’hui le tournis. Avec Nikki Sudden et Dominique Laboubée, avec Jeff Eyrich (The Plimsouls, The Gun Club), Asherton donnait naissance à des chansons qui n’ont toujours pas pris une ride. Et qui peuvent faire pâlir pas mal de monde.

Precious est sorti sur Accord. Un label qui dépendait d’Universal… Comment t’es tu retrouvé sur ce label ?

Johan Asherton : A l’époque, Accord était un label de Musidisc. Ils avaient sorti God’s Clown en licence l’année précédente, qui avait marché assez bien pour que Hervé Deplasse, directeur artistique, me propose de produire mon album suivant en tant qu’artiste maison.

Est-ce qu’être sur ce label t’a donné des moyens conséquents ? La liste des participants de ce disque est splendide.

Precious est le seul de mes albums a avoir été financé par un label, tous les autres sont des productions indépendantes. Les participants ont donc été rémunérés par Musidisc, sauf Dominique Laboubée et Nikki Sudden qui étaient venus à titre amical.

Le disque a été produit par Patrick Chevalot et Jeff Eyrich des Plimsouls. C’est toi qui les a choisis ? Pourquoi ?

Jeff Eyrich était un peu le producteur attitré de Musidisc à l’époque. Il a beaucoup aimé God’s Clown et le travail de Patrick Chevalot avec qui je travaillais déjà depuis des années. Patrick et moi étions fans de ses productions, les Plimsouls, les Blasters. Musidisc m’a donc mis en relation avec Jeff, nous avons beaucoup échangé sur l’idée générale de l’album. Un problème de taille était que Musidisc ne voulait pas entendre parler de la participation de Patrick Chevalot au projet, estimant que Jeff se suffirait amplement. Pour moi c’était impensable, et nous avons fini par nous entendre.

Sylvie Lenquette a fait la pochette et Youri Lenquette la photographie. Tu leur avais laissé carte blanche ?

Oui. Je connaissais déjà Youri, l’auteur de la pochette de l’album du Liquid Gang, dans lequel j’avais joué. Sa sœur Sylvie a travaillé avec moi par la suite à plusieurs reprises.

Où a-été enregistré ce disque ? Combien de temps cela t’a pris ?

Près de Paris, puis au légendaire Studio Ferber, dans lequel Patrick a travaillé pendant de longues années. Le tout nous a pris un mois, en plusieurs fois. Jeff était logé par la maison de disques.

Quels sont les meilleurs souvenirs que tu gardes de l’enregistrement de ce disque ?

L’album a été long à démarrer, pour différentes raisons. Ça s’est beaucoup mieux passé une fois trouvé notre vitesse de croisière, et les participations des uns et des autres ont été merveilleuses. Et le mixage à Ferber est un grand souvenir !

Il y a ce fameux bonus track avec Nikki Sudden. Quelle est l’histoire de cette collaboration ?

Je correspondais avec Nikki depuis deux ans, après avoir découvert les albums des Jacobites avec Dave Kusworth. C’est ainsi que je me suis retrouvé, au moment où nous attaquions le mixage de Precious, à tourner avec Nikki lors de trois concerts à Lyon, à Evreux, et au Rex-Club à Paris. Nous avions déjà évoqué l’idée d’enregistrer quelque chose ensemble. Je l’ai donc invité à jouer sur une chanson, Dandy In Dundee, et pour la reprise de No Expectations en duo.

Te rappelles-tu de l’accueil de la presse ? Tu as fait une tournée pour défendre ce disque ? Est-ce qu’un concert t’a marqué ?

Precious est sorti à l’automne 1989, Musidisc avait organisé un showcase aux Bains-Douches, je me souviens qu’Elliott Murphy y était. L’album a été très bien reçu, et je suis parti en tournée pendant un an et demi, en plusieurs séries de dates. Le New Morning est un bon souvenir, les concerts avec les Waterboys à l’Elysée-Montmartre aussi. Des dates en Suisse, des concerts avec les Fleshtones, Jonathan Richman, Peter Case…

God’s Clown a été réédité en 2017… Precious non. Si un label te proposait une réédition, quelle serait ta réaction ?

J’en serais très heureux! Suite à un classement de Precious dans un hors-série des Inrocks, une sorte de discothèque idéale du rock français, il en a été question à plusieurs reprises. Mais rien de concret jusqu’à présent.

Johan Asherton – Precious

Precious de Johan Asherton est disponible chez Accord.


Tracklist : Johan Aherton - Precious
  1. Girl On A Barricade
  2. Star To Follow
  3. Dandy In Dundee
  4. Truly Continental
  5. Blue
  6. Down At The Liquor Store
  7. Hold Me Down
  8. Glamour Bay
  9. 1925
  10. Highways Of The Sun
  11. Betrayla Street