SK* a demandé à une centaine (et plus) d’artistes appréciés par les membres de l’équipe de répondre à cinq questions très simples avec leurs morceaux commentés du moment, nouveaux ou anciens. Voilà le tour de Tachka dont on suit l’odyssée musicale depuis son premier EP, Silent Opera et son premier album, Balbutiar. En attendant le deuxième, on écoute Dead Man’s Tale, un conte pas si noir qui fait tomber le masque et l’on découvre mieux son univers avec une playlist exclusivement féminine et ce n’est pas un hasard.

Tachka en cinq questions

Ton souvenir de concert ?

Pendant un concert Sigur Ros, j’ai pleuré comme une madeleine au moment où le groupe a joué Andvari, la chanson que j’aimais le moins de l’album. Je me suis surprise moi-même.
Pendant l’un de nos concerts, en jouant le nouvel album en live dernièrement, on a eu des surprises techniques sur un des morceaux, Après la Tempête. Il y a eu plusieurs gros krachs dus à des faux contacts. Ça ressemblait à de gros coups de tonnerre qui repassait dans de la reverb. On est resté impassible sur scène, du coup tout le monde a cru que c’était intentionnel. En revisionnant le concert, j’ai moi même trouvé ça plutôt cool alors que j’avais envie de me liquéfier sur le moment. Comme quoi la sérendipité crée parfois de bonnes surprises.

Ta rencontre en tournée ?

La rencontre avec Rover m’a marquée. Je me l’étais imaginé assez réservé, un peu loup solitaire au bord de la dépression. Pas du tout, en réalité.Il est venu nous voir pendant nos balances et il portait une chapka et racontait des blagues à tout va. Donc si vous pensiez que Rover était un rockeur torturé, il n’en est rien, il a l’air d’aller assez bien !

Ton anecdote dans le van ?

En attendant d’avoir un van, on se déplace en twingo. L’anecdote consiste à y faire rentrer trois personnes, un clavier, une contrebasse, une guitare, un ukulélé, deux clarinettes et divers sacs de matériel. On est quand même allé jusqu’en Belgique comme ça.

Tachka – Bad Omen (Window Session #5 )

Ton nouvel album en quelques mots ?

C’est une palette de couleurs très riche. Contrairement au premier album où on avait composé les arrangements à deux avec Simon Meuret, ce disque est très influencé parce qu’on a pu créer à trois avec Agnès et Romain. C’est vraiment un cadeau de travailler avec eux. Ils sont à la fois très à l’écoute et force de proposition. Concernant l’esthétique, ce deuxième disque ressemble à une version éclatée de la personne que je suis aujourd’hui, des choses que j’ai ressenties et vécues ces dernières années : le deuil, l’amour, le sentiment d’injustice, la colère, l’envie de révolte… De ces expériences découlent des esthétiques musicales assez différentes, c’est un album très éclectique et en même temps toutes les chansons font complètement sens réunies sur le même disque. Une autre nouveauté: je me suis ouverte au français (5 titres sur 13) et c’était important pour moi d’arriver à écrire avec la même intention qu’en anglais dans ma langue maternelle et aussi de l’assumer musicalement.

Ton prochain rêve ?

J’ai décidé de me consacrer à la musique à plein temps dès la fin de cette année. Mon rêve c’est que l’impulsion qui me pousse à vouloir vivre de mon art fasse autant sens pour moi dans quelques années qu’elle le fait aujourd’hui.

Tachka – Dead Man’s Tale

En écoute avec Tachka :

  1. Oh LandBird In An Aeroplane
    Un peu mon I believe I can fly personnel.
  2. Tei shiM&Ms
    Aucun rapport avec la discipline sportive ni avec la marque de bonbon. Ou si, c’est un bonbon argentin qui se savoure sans faim.


  3. La ChicaOasis
    J’ai découvert La Chica il y a quelques jours. C’est une révélation. J’écoute en boucle. Je ne parle pas un mot d’espagnol. Je suis heureuse.
  4. SiaElastic heart
    L’art de Sia de dire et montrer des choses difficiles et d’en faire un objet de beauté. Aussi la chanson sur laquelle je fais des solos de danse imaginaires.
  5. Lily LucaPoussière
    Une vieille carte au trésor fragile qu’on déplie délicatement.
  6. Mélissa LaveauxPostman
    Une des artistes qui m’a appris qu’on peut faire un super album même si on n’a pas su choisir entre le blues, la pop et la musique traditionnelle haïtienne.
  7. PythiesAndromède
    Destination les étoiles. Attachez vos ceintures. C’est parti !
  8. Pythies - Pythies

  9. Erotic MarketI want to be some booty
    Le groupe qui m’a réconciliée avec les textes engagés.
  10. The DøSlippery slope (Live session au studio Pigalle)
    A chaque fois que j’écoute des live de The Dø, j’aime encore plus que la version studio. Mais ce live de Slippery Slope… On devrait le passer dans toutes les maternités de France pour s’assurer que tout le monde l’ait entendu au moins une fois dans sa vie.
  11. Emiliana TorriniLifesaver
    Cette chanson m’a inspiré l’arrangement d’un de mes propres morceaux, Le Tableau. On entend en bruit de fond le vent qui souffle à travers la cale d’un bateau. C’est chaleureux et froid en même temps. Typiquement scandinave. On n’avait pas de bateau, on a fait autrement.

Tachka sera en concert les 8 et 9 juin à Agend’Arts à Lyon.
Pour participer à la réalisation du deuxième album de Tachka, c’est ici.
Plus d’informations sur la page facebook de Tachka ou sur son site.

Tachka - Dead Man's Tale