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Le Punk voit la vie en rose !

© Les Sales Majestés

Punk is not dead, Lexique franco-punk est un ouvrage collectif dirigé par Luc Robène et Solveig Serre qui regroupe 178 entrées/définitions élaborées par 50 contributeurs du monde universitaire et de la scène punk.

Après avoir lu cet ouvrage, joliment imprimé par les éditions Nova, vous saurez tout sur l’after-punk, Daniel Darc et Rouen à l’heure du Clash. Le mouvement punk est parti du Royaume-Uni et s’est propagé dans le monde entier. Les Américains ont eu Black Flag, les Français les Asphalt Jungle. Pas de quoi rougir bien au contraire… Mené par le duo Robène & Serre, membres du PIND, ce lexique fait plus que le job et comblera toutes les lacunes. PIND On My Back !

Punk Is Not Dead est publié par les éditions Nova. Pourquoi cette maison d’éditions… Et comment vous êtes-vous rencontrés ?

Nous avons rencontré notre éditeur, les éditions NOVA (et tout le groupe LNEI, radio Nova, Inrocks) dans le sillage d’une autre belle rencontre, avec Matthieu Pigasse, au croisement de son intérêt et de sa passion pour le punk, et de nos projets scientifiques et éditoriaux consacrés à cette musique et à l’histoire de ce mouvement en France. Il nous a aidé en nous proposant de rencontrer ses collaboratrices, en particulier Sidonie Mangin, autour d’un projet que nous avions en tête, un dictionnaire de la scène punk en France. C’est donc le fruit d’une belle rencontre et aussi d’une ambition portée par des exigences : exigence éditoriale, scientifique et humaine, parler des gens qui ont fondé et continuent à faire vivre cette scène, à lui donner sens, déconstruire les mythes et documenter au plus près ce que font les acteurs, au fil de noms, de mots clés, de lieux, de rêves, etc.

Asphalt Jungle – Deconnection – 1977

Qui a réalisé le graphisme, fort réussi, de ce livre ? Et pourquoi avoir choisi la couleur rose ?

Le graphisme à proprement parler est l’œuvre de Yoann de Roeck. Il s’est appuyé en grande partie sur l’esthétique du Letraset, ces petites lettres réunies sur des planches, et qu’il fallait gratter pour obtenir un transfert. ce système permettait d’obtenir des « couv » ou des pochettes de 45T ou des fanzines, ou des affichettes, des flyers de qualité en mode DIY, avant la popularisation des ordi portables (voir la notice dans le livre !). Très punk !!!

Comment ont été « recrutés » les collaborateurs de ce livre ? Quelles ont été les méthodes de travail au sein de votre équipe ?

Nous avons principalement mobilisé une équipe de rédacteurs qui étaient pour l’essentiel des collaborateurs assidus de notre projet PIND. Et puis, en fonction des entrées, nous avons fait également appel à des « extérieurs », acteurs de la scène, scientifiques, érudits, etc.
Les méthodes de travail relèvent du projet PIND qui se situe au croisement de l’histoire et de la musicologie, avec les exigences scientifiques et méthodologiques, de ces disciplines. Mais plus concrètement nous avons accompagné les auteurs dans la rédaction de leurs notices, un comité de rédaction composé des éditions et de certains membres de l’équipe a permis que des relectures efficaces soient menées, des corrections réalisées sur les textes en navette. La grande difficulté a été de gérer le calendrier. Certains auteurs savaient qu’ils devaient rédiger telle ou telle entrée, mais ont parfois attendu le dernier moment pour rendre leurs textes ce qui a pu poser quelques soucis pour corriger et / se retourner vers d’autres auteurs quand les délais étaient dépassés.

Punk Is Not Dead n’est-il pas un ouvrage militant ? Quand on dit Punk, tout le monde (ou la majorité des gens…) regarde de l’autre côté de La Manche ou de l’Atlantique. Ce livre n’est-il pas un moyen pour rediriger le regard des gens vers la France ?

On est ici au cœur du projet ! PIND a pour vocation de montrer que dès ses débuts, le punk a germé essaimé en France, c’est-à-dire non seulement dans les classiques grandes villes et dans la capitale, mais aussi dans les bourgades et villages ! Ajoutons que le punk en France, dès 1976, contribue à rendre visible une scène « rock » généralement mésestimée voire ignoré par les grands médias, en particulier la presse spécialisée. Déconstruire ces a priori (évidence anglo américaine, restriction de la scène à « l’urbain », etc.) constitue l’enjeu de notre projet et pour commencer de ce livre. N’oublions jamais que le premier festival punk du monde fut organisé à …. Mont-de-Marsan, en 1976 !!! bien avant le premier rassemblement de ce type en Angleterre.
Enfin, le projet a pour ambition de documenter de manière innovante les liens entre la France et le reste du monde au prisme de la scène punk et des liens qui se sont très tôt constitués entre musiciens, bien au-delà des frontières. En matière de punk, l’influence des Français, en Angleterre et aux USA est un terrain sur lequel nous avançons avec bonheur !

Votre travail fait ressortir, en plus du lexique et des lieux/personnalités mis en avant, une presse écrite qui a totalement disparue aujourd’hui… Avez-vous dû collecté tous les Actuels et tous les fanzines des années soixante-dix ?

Le travail pour constituer un corpus d’archives est au cœur de tout travail d’historien. Le punk n’échappe pas à cette exigence. Sans traces, sans archives pas d’histoire !!!
Oui, nous collectons les premiers numéros des magazines musicaux (Rock and folk, Best, Rock en stock, entre autres) et culturels (Actuel), de BD (Métal Hurlant) etc. , autant que faire se peut. En termes de fanzines, la Fanzinothèque qui est l’un de nos partenaires nous fournit une ressource essentielle (plusieurs milliers de fanzines !!!), s’y ajoutent les fonds que nous avons commencé à collecter, car l’une des ambitions du projet est de constituer le premier centre d’archives et de recherche sur les cultures alternatives. Nous avons fait rentrer d’ores et déjà plusieurs fonds d’archives qui nous ont été confiés (groupes, radios libres, squats)

On s’attend à tout sauf à découvrir une notice sur… Mont-de-Marsan. Quelle a été l’importance de cette ville dans le mouvement punk français ?

Elle est essentielle. La ville cristallise, à travers ce festival, l’essentiel du punk : la musique (premier festival punk du monde, avec une programmation internationale), l’esprit du : « débrouille-toi et fais le toi-même » qui sera théorisé ou idéologisé plus tard par les plus jeunes comme l’une des clés du punk (DIY). Enfin, il manifeste une décentration évidente par rapport à la capitale. Oui le premier festival punk du monde ne s’est pas déroulé à Paris, ni à Londres, ni à New York mais à Mont-de-Marsan.

Quelles sont les bases françaises de la culture punk française ? Il y a évidemment l’apport anglo-saxon indéniable. Vital même… Mais quels sont les éléments français dans le punk ?

La question est difficile et, ici encore il faut déconstruire les évidences. D’une part beaucoup de groupes français ont inventé leur son sans se préoccuper de ce que faisaient les autres ailleurs : Métal Urbain à Paris est l’une des formations les plus originales, non seulement ils sont les premiers à signer chez les Anglais sur le label indépendant Rough Trade, mais leur influence au-delà des frontières est indéniable : les Américains comme Jello Biaffra en étaient fans… Que dire de Little Bob Story qui a mis une grande claque aux Anglais, dans le genre pub rock punkisé (Riot in Toulouse) alors que la scène anglaise n’était encore qu’au stade fœtal. Strychnine ne sonne comme aucun groupe britannique…
La question souligne en réalité un aspect étonnant du punk global : en 1976, à, NY, à Londres, à Brisbane en Australie et en Europe, des types se mettent à jouer une musique de révolte avec un son spécifique, sans que les uns ni les autres ne soient réellement au courant de ce qui se passe ailleurs…

Top 5 Punk Is Not Dead

  1. Votre disque punk préféré ?
  2. Le premier Clash (étranger)
    45 t. Asphalt Jungle (FR)

  3. Votre chanson punk préférée ?
  4. God save the queen (Pistols pour l’étranger)
    PP Haine (Les Sales Majestés pour la France)

  5. Votre pochette punk préférée ?
  6. Rattus Norvegicus (Stranglers)
    Panik de Metal Urbain

  7. Votre label punk préféré ?
  8. Skydog.
    Rough Trade.

  9. Votre rockumentaire punk préféré ?
  10. Rude Boy

Punk Is Not Dead de Solveig Serre & Luc Robène est disponible chez Nova.
Retrouvez tous les travaux du Pind ici.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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