Photos concert : Emilie Simon @ Casino de Paris, Paris | 17 janvier 2010
Emilie Simon au Casino de Paris - 17 janvier 2010

La petite reine de l’expérimentation électronique à la française revenait hier soir dans la capitale. Un concert que l’on attendait avec impatience, curiosité, et une certaine anxiété vu la surprise créée par le dernier album de la demoiselle, The Big Machine.
En guise d’ouverture, c’est le décidément omniprésent PacoVolume qui s’y colle, et qui s’y colle plutôt bien!

PacoVolume

On a déjà dit beaucoup de choses sur PacoVolume, en mots-clés ça donne: Nouvelle-Zélande, oenologie, maya, CQFD, bla bla bla…
Mais on oublie souvent de parler de ce que Paco a dans le ventre sur scène. Sans pour autant retourner le Casino, ces gars-là ont assuré une très bonne ouverture; pour qui a écouté l’album, ce qui surprend le plus c’est la dynamique impulsée sur scène, un son beaucoup plus brut qui rend ces pop songs beaucoup moins gentillettes et inoffensives. Du coup on se surprend à se mordiller la lèvre et à taper du pied, même si on a effectivement pu se demander quel était le lien entre cette joyeuse troupe et Mlle Simon (il est pourtant assez simple: François Chevalier).
Mention spéciale à la reprise de Kim Wilde, Kids in America, bien mieux réussie que la version de Cascada…

2010_01_17 - pacovolume
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Emilie Simon

Le lourd rideau du Casino de Paris s’ouvre sur une scène épurée, occupée pour un tiers par le batteur, pour un autre tiers par le bassiste/contrebassiste, et pour le dernier et meilleur tiers, par Emilie Simon, en tenue d’impératrice, épaulettes boursouflées et coiffe Amywinesque®.

Pendant près d’1h45 vont s’enchaîner toutes les chansons du dernier album, entrecoupées ci et là par quelques (trop) rares morceaux des précédents.

En parfaite magicienne des temps modernes, Emilie crée sur le moment (moins qu’auparavant diront certains, mais cela est dû à la plus grande complexité des arrangements des dernières productions), impliquant par là même son public qui assiste à un concert à usage unique (mais pas jetable pour autant). Cachée derrière son grand synthétiseur, la chanteuse ne brille pas par ses qualités de communicante mais le minimum syndical est assuré, la connexion est établie et le restera pendant tout le set.

Niveau sonore le premier constat est d’ordre vocal : sur The Big Machine, on avait découvert une Emilie Simon libérée, puissante, loin des textes susurrés des deux premiers albums. Sur scène, cette puissance est restituée à la perfection : rien de bouge, la voix est posée, pleine, maîtrisée et débridée, on ne nous avait donc pas bernés.
Les arrangements quant à eux son strictement identiques à ceux de l’album : on retrouve donc un son brut, métallique, industriel, mais étrangement poétique et lyrique. Car contrairement à beaucoup d’artistes qui ne réussissent pas à se sortir de la dichotomie urbain/nature, Emilie Simon a remporté le pari de rendre la ville séduisante, colorée, poétique et authentique.

Dans ce drame de la ville qu’elle peint devant nous, viennent se muer des compositions anciennes, restaurées à la sauce urbaine pour l’occasion, rafraichissements intéressants et très réussis.

Pourtant, plus on avance dans le concert, plus une impression s’installe : où sont passées la diversité, la surprise, l’invention foisonnante des précédentes performances ? Tout semble lissé, lifté, nivelé sur le calque de The Big Machine, qui est certes très réjouissant, mais qui n’est qu’un prisme, là où elle nous avait habitué à jongler avec plusieurs. Une page a-t-elle été tournée avec cette expérience ?
Même si le show n’en demeure pas moins sublime à bien des égards, on se prend pourtant à regretter la chaleur intimiste des premiers albums, les craquements de Vegetal, la fée Simon qui jouait avec des feuilles, des coccinelles et des boules de neige.

Setlist : The Devil at My Door / Dreamland / Fools Like Us / Nothing to Do With You / Opium / Fleur de Saison / Chinatown / Flowers / To the Dancers in the Rain / The Way I See You / Closer / The Cycle / The Storm / Rainbow / Ballad of the Big Machine – Desert / Lise / Rocket to the Moon / This is Your World

2010_01_17 - emilie simon
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Date : 17 janvier 2010
Photographe : Benjamin Lemaire
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