Broken BellsSensation au Nouveau Casino, Broken Bells vient nous présenter son album à sortir la semaine prochaine. S’étant rencontrés lors du festival danois Roskilde, Danger Mouse (aussi connu sous le nom de Brian Burton : membre de Gnarls Barkley et producteur de Gorillaz) et James Mercer, de The Shins, ont réussi à mettre la scène pop en ébullition avec leur nouveau projet. En première partie, Joker’s Daughter.

Joker’s Daughter

Une femme avec une coiffe de fou, entourée de trois chevaliers, devant une salle complètement vide. Elle part dans une mélopée tout en agitant des maracas. Après quelques balbutiements de Français, elle s’embarque dans une chanson en Grec, qui donne tout de suite un effet mystérieux. A la production de Joker’s Daughter aux côté d’Helena Costas, sans surprise, Danger Mouse. Pour ma part, c’est quand l’orgue de barbarie s’est élevé sur ‘The Running Goblin‘, que je me suis retrouvée propulsée dans l’univers de la mécanique du cœur de Matthias Malzieu.

Broken Bells

La salle est pleine, même Nova est là pour interviewer les passionnés. Broken Bells commence par ‘The High Road‘ ; nous y voilà ! Les premières impressions ressenties : c’est un son soul, un peu facile, mais c’est un single après tout. Cette pop est planante, on a envie de se lover dedans tellement c’est moelleux. Au fur et à mesure qu’on avance, on se sent un peu en apesanteur, le guitariste donne d’ailleurs l’impression de rebondir sur un matelas dans une exposition Dunlopillo.

J’aime la présence de la basse sur ‘The Ghost Inside’ pour un son plus groovy qui donne envie de se balancer. Sur ‘Sailing to Nowhere’, la batterie nous réveille en douceur. Le son s’amplifie, la réverb monte, jusqu’à créer une impression d’aquarium sur ‘Trap Doors’. Mais petit à petit on réalise que pour Broken Bells, nous livrer leur nouvel album, signifie jouer l’album, dans l’ordre, comme une écoute promotionnelle.

Puis alors qu’on flotte gentiment sur ‘October’, un doute me frappe, ne serait-ce pas un peu trop facile ? La trompette sur ‘Mongrel Heart’ qui rappelle Ennio Morricone confirme un peu le doute : il ne se passe absolument rien. Tout est trop lisse, trop voluptueux, c’est très joli, mais on s’ennuie. D’ailleurs, les chansons sont consommées, puis s’agrègent pour former une grosse nébuleuse de sons, on n’arrive pas à les dissocier les unes des autres.

Pour le rappel, ils reviennent à deux sur scène pour une interprétation de ‘Don’t Let it Bring You Down‘ de Neil Young ; forcément, ils ont écoulé leur album. Et pour finir en beauté, ils nous livrent un titre très teenage sweetheart, insispide. Après recherche effectuée par Michael Rochette – qui a gentiment partagé les résultats avec ses camarades, il s’agit de ‘Crimson & Clover‘ de Tommy James and the Shondells, ou le plus gros hit des années 1960. Parlez moi de révolutionnaires.

Malgré tout, je garde le single que je peux réécouter en boucle – aussitôt écouté, aussitôt oublié! – et l’album sera réservé pour les soirées ‘lover’.

Setlist: The High Road / Vaporize / Your Head is on Fire / The Ghost Inside / Sailing to Nowhere / Trap Doors / Citizen / October / Mongrel Heart / The Mall and Misery
Rappel: Don’t Let it Bring You Down / Crimson & Clover

Date : 1er mars 2010