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Rives impressives avec Fleet Foxes

© Emily Johnston

Oubliez tous les albums de cette année et de la prochaine, Fleet Foxes vient de sortir un somptueux quatrième disque pour fêter l’équinoxe d’automne mais surtout la vie qui continue envers et contre tout. « Music is both the most inessential and the most essential thing. We don’t need music to live, but I couldn’t imagine life without it » affirme Robin Pecknold et l’on ne peut qu’acquiescer.

De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ou plutôt de la douceur, encore de la douceur, toujours de la douceur. Fleet Foxes nous propulse avec Shore sur les rives de l’Éden musical dans l’état de Washington. Bien sûr on avait apprécié Helplessness Blues et Crack-Up mais l’on n’avait pas retrouvé le nirvana auditif de l’apaisant premier album. Avec ce quatrième album qui n’a failli pas voir le jour, Fleet Foxes réussit un disque amiral admirable. Une odyssée musicale comme un voyage sans retour, une somme de l’art de ce groupe immense depuis leur EP Sun Giant avec seulement quatre albums depuis 2008. Robin Pecknold explique qu’il l’a fabriqué comme si cela pouvait être le dernier car on ne peut prédire l’avenir et qu’il ne voulait pas en garder sous la pédale.

Et il a eu sacrément raison car il nous offre un joyau comme en son temps son idole, Brian Wilson pouvait le faire avec ses cathédrales pop. Il sample d’ailleurs les chœurs de Don’t Talk (Put Your Head on My Shoulder) sur Cradling Mother, Cradling Woman, a pu aussi utiliser le vibraphone joué sur Pet Sounds mais aussi la batterie de Frank Sinatra ou encore l’orgue de Fela Kuti. « Je voulais faire un album qui célébrait la vie face à la mort, honorant nos héros musicaux perdus […], je vois Shore comme un lieu sûr, au bord de quelque chose d’incertain, regardant Whitman récitant Death par vagues successives, tenté par l’aventure de l’inconnu en même temps que vous savourez le confort du sol stable sous vos pieds ».

Shore est une grande oeuvre quasi mystique, l’œil calme de la tempête qui malmène le monde. On peut écouter l’album en intégralité en regardant les images minimalistes et magnifiques de Kersti Jan Werdal qui précise : « j’ai écouté l’album en conduisant et j’ai observé des paysages qui, selon moi, résonnaient avec la musique tout en étant autonomes, le film est destiné à coexister et à s’engager avec l’album, plutôt que d’être dans une relation directe et symbiotique avec lui. Les scènes urbaines et narratives interagissent avec les paysages plus surréalistes, plutôt que de s’opposer les unes aux autres. J’espère que le film, tout comme l’album, reflète l’optimisme et la force. » Ecouter et voir Shore est une expérience apaisante, avec des morceaux loin des modes et du fracas du monde. Une bulle revigorante qui évoque pêle-mêle Elliott Smith, Richard Swift, John Prine, Judee Sill ou encore David Berman sur Sunblind et qui fascine dès l’ouverture avec la voix d’une dantesque douceur d’Uwade Akhere sur Wading In Waist-High Water ou celle de Tim Bernardes magnifiée par les arrangements sur Going-to-the-Sun Road.

A lire, les mots de Robin Pecknold.

Fleet Foxes – Shore

Fleet Foxes - Shore

Fleet Foxes - Shore

Tracklist : Fleet Foxes - Shore
  1. Wading In Waist-High Water
  2. Sunblind
  3. Can I Believe You
  4. Jara
  5. Featherweight
  6. A Long Way Past The Past:
  7. For A Week Or Two
  8. Maestranza
  9. Young Man's Game
  10. I'm Not My Season
  11. Quiet Air / Gioia
  12. Going-to-the-Sun Road
  13. Thymia
  14. Cradling Mother Cradling Woman
  15. Shore

Lyonnais qui revendique sa mauvaise foi car comme le dit Baudelaire, "Pour être juste, la critique doit être partiale, passionnée, politique...", Davantage Grincheux que Prof si j'étais un des sept nains, j'aime avant tout la sincérité dans n''importe quel genre musical...
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