A Place to Bury Strangers en concert
La salle du Trabendo se remplit tout doucement ce soir pour A Place to Bury Strangers. Et le moins que l’on puisse dire du public, c’est qu’il est hétéroclite. Du jeune branché, de la groupie en herbe, du rockeur toutes tendances avec une belle majorité de gothiques, de sept à 77 ans et ce n’est presque pas une façon de parler…

Team Ghost

Difficile d’ouvrir pour un groupe annoncé comme « le plus bruyant de New York » et ce soir ce sont les français deTeam Ghost

qui s’y collent. Le son est électro rock, les guitares saturées, des touches un peu kitsch… Les plages calmes sont un poil moins intéressantes que les passages plus nerveuses, le chant est anecdotique. Il se dégage une mélancolie un peu adolescente de leurs morceaux. Et c’est plutôt une réussite. L’accueil du Trabendo aura été chaleureux.

A Place to Bury Strangers

Puis c’est au tour des new yorkais d’entrer sur scène et on se demande comment trois types peuvent faire autant de bruit. Ceci dit ils son bien aidés par la kyrielles de pédales d’effets qu’ils bricolent eux-mêmes. Le set est nerveux, crépusculaire, des ambiances de fonds de caves obscures et convoquant les plus noires des années 80. Même ambiance sur scène, les musiciens sont plongés dans la pénombre enfumée, si bien qu’on les distingue à peine assez tout de même pour voir gesticuler Olivier Ackermann (chant et guitare) d’un bout à l’autre de la scène.
La batterie claque, la basse est fournie, la guitare est malmenée et valdingue autour du guitariste à en faire péter les cordes. Le son est saturé, distordu au maximum, les larsens viennent s’en mêler. A Place to Bury Strangers serait en quelques sortes les petits frères psychotiques de Joy Division et Jesus & Mary Chains, un genre de Shoegaze de l’extrème.
L’ambiance est chirurgicale, froide, encore rehaussée par les images d’oscilloscope et ultra graphique projetées sur le plafond du Trabendo.

Les délires sonores hallucinés pousseraient presque à la transe tant ils sont habités. Mais les new yorkais sont sur le fil, leur réputation de groupe « le plus bruyant de new york », apposé sur l’affiche du concert comme une sorte d’avertissement, n’est pas usurpé et on se demande parfois s’ils ne flirteraient pas avec la démonstration.
A la fin du set, c’est une déferlante de stroboscope et de décibels de haute voltige. Après avoir enfoncée une phalange et demie dans mes oreilles, l’exercice cesse (un peu) d’être pénible, physiquement. On croirait presque un concours entre les musiciens et le public. Le premier qui a les oreilles qui saignent a perdu…

Et puis les lumières se rallument, la salle en redemande à corps et à cris et les revoilà sur scène pour un morceau du même acabit que le reste du concert. Sauf que l’ambiance n’est plus crépusculaire mais complètement apocalyptique. Les instruments volent, grands coups dans la batterie bancale, semi baston entre le bassiste et le guitariste… Après le déluge A Place to Bury Strangers, la scène ressemble à un champ de bataille.

Date : 12 mai 2010