Pendant que Stuart Murdoch s'occupe de son film (et de sa bande originale) God Help The Girl, le créneau occupé par Belle and Sebastian est récupéré le temps d'un disque par les Canadiens d'Alvvays.


Originaires de Toronto, les Alvvays font sensation avec leur premier disque. Projet solo de Molly Rankin, fille de feu John Morris Rankin, Alvvays s’est peu à peu transformé en groupe.
Neuf morceaux, 32 minutes de pop intelligente et un prénom parfait. Les Camera Obscura viennent de perdre par KO.
Kiss kiss Molly’s lips, Kiss kiss Molly’s lips disait la chanson…

Alvvays

Donc au départ nous avons Molly Rankin. Puis son meilleur ami Kerri Maclellan. Et enfin Alec O’Hanley, Brian Murphy et Phil MacIsaac. Voilà les Alvvays.
Produit par Chad VanGaalen, ce premier disque a été mixé par Graham Walsh (Holy Fuck) et par John Agnello (Sonic Youth). Il y a pire pour un début. Si avec ça les types n’arrivent pas à sonner correctement. Remarquez, ils sonnent correctement mais ce qui fait la différence, c’est la voix de Rankin, voix faussement innocente qui pourrait réciter du Sade comme les pages de l’annuaire du département du Gers.

On se retrouve donc avec un disque proposant un mix entre une certaine idée de la pop sixties et la noirceur des années 80. Rien de nouveau sous le soleil. Les Magnetic Fields font déjà le boulot. Et bien de surcroît.
Mais les chansons d’Alvvays sont montées de manière intelligente et la voix de Rankin a le mérite de sauver les plus anodines. La voix de Merritt au féminin. Ça se mérite…
Par exemple, Ones who love you se transforme peu à peu en sucrerie pop addictive grâce aux hululements de la mère Molly.

Fins stratèges, les Canadiens ont mis leur meilleur morceau en première place. Adult Diversion nous fait faire un bon spatio-temporel dans les caves de Glasgow en 1983.
Après ? On reste dans son canapé et on écoute tranquillement le reste de cet EP faussement déguisé en LP.

Alvvays – Adult Diversion

Alvvays - Alvvays

Pouet? Tsoin. Évidemment.

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