Avis de tempête dans la rédaction de Télérama !
En effet, deux albums ont été publiés ce vendredi 23 octobre 2015 avec le fameux petit autocollant promotionnel qui indique que chacun de ces deux disques a reçu la note de « FFFF » dans les colonnes de l’hebdomadaire culturel préféré des enseignants et des pigistes de tout poil.
D’un coté, Pain-Noir, de l’autre Arman Méliès. Pain-Noir et Vertigone ont pour seul point commun d’être français. La musique de François-Régis Croisier et sa pochette ont les pieds dans l’eau avec un folk d’une élégance rare. La musique d’Arman Méliès est un brasier rock et est l’œuvre d’un pyromane machiavélique.

IV, son précédent disque, était digne d’une production de Martin Hannett. Avec Vertigone, Méliès se réinvente totalement et entame une ascension folle à en faire fondre les neiges éternelles de l’Everest.

Pourrais-tu m’expliquer le néologisme « Vertigone » qui est le titre de ton nouvel album ?

Arman Méliès : Je cherchais, au moment de la finalisation de l’écriture de ce disque un mot qui rassemble la thématique de celui-ci.
Il y a cette idée de vertige et ce mot « vertige » : le vertige amoureux, le vertige spirituel et évidemment le clin d’œil à Bashung avec Le Vertige De L’amour.
Mais ce mot me gênait un peu. Je cherchais un mot plus poétique, un mot qui ait sa propre force.
Un soir, je suis allé voir Antigone au théâtre et j’ai eu un flash : Vertigone.

J’ai l’impression que tu joues beaucoup avec ce disque. Il n’y a aucune retenue. Je me trompe ?

Arman Méliès : Oui en effet.
L’interprétation de mon dernier disque était très cérébrale, très réfléchie. Tout comme son enregistrement.
J’avais au final appliqué une méthode très artificielle.

J’ai voulu bousculer mes habitudes. Dans IV, tout était réfléchi et glaçant. Il n’y avait aucune chair.
Le sens de Vertigone est différent.
L’écriture est plus classique et celle-ci fait la part belle aux guitares. Le disque, les chansons, tout y est plus charnel.
Et puis, dans l’interprétation, il y a beaucoup plus de souffle.
Tout était en retenue sur IV, ici ce n’est pas le cas.

Cette direction explique donc la pochette de Vertigone ?

Arman Méliès : C’est l’idée. Je voulais un album plus pop rock au sens classique. Tout y est plus pop rock dans les arrangements, dans la façon d’enregistrer. Il fallait retrouver cette simplicité dans le visuel.
Nous avons fait beaucoup de photos pendant l’enregistrement et pour la promotion du disque. Il y avait cette idée d’être à l’intérieur des choses.
Il fallait voir un musicien au travail. La photographie qui est sur la pochette nous a tous plu. Elle traduit bien le disque : je me livre plus et il y a aussi cette idée de vertige.

Si tu pouvais définir Vertigone en un seul mot ? Le feu ?

Arman Méliès : L’idée de feu était déjà présente sur le précédent disque. C’est un mot que j’utilise souvent, qui fait partie de mon vocabulaire.
Non, j’utiliserais le mot souffle. Il traduit bien cette sorte d’élan jubilatoire présent sur le disque.

Il y a plusieurs parties sur ce disque. Vertigone est une véritable ascension : les choses débutent calmement et après… C’est un véritable feu d’artifices.

Arman Méliès : C’est voulu. Dans un premier temps, je cherche à avoir des squelettes de chansons.
Je dispose de trois, quatre, cinq chansons. J’essaye d’obtenir un fil conducteur. En fonction de cela l’écriture s’oriente. Je crée un tout qui se veut cohérent, avec du relief.
Après avoir écrit trois chansons épiques, je vais contrebalancer la chose avec une chanson plus calme ou un instrumental qui agit comme une virgule entre ces deux moments.
Je fais vraiment attention à cela. C’est comme cela qu’est construit Vertigone. On débute avec un format très « pop rock » pour terminer dans quelque chose de beaucoup plus libre.

L’enregistrement a duré combien de temps ?

Arman Méliès : L’enregistrement a été très rapide. Je suis arrivé en studio avec des maquettes très abouties. Le travail en studio a duré une dizaine de jours. On l’a mixé dans la foulée.

Où a été enregistré Vertigone?

Arman Méliès : A Paris. J’ai travaillé en studio avec Pete Prokoviw et Antoine Gaillet.
Nous n’avons pas passé énormément de temps en studio. Ce travail a été très sanguin.

C’est la première fois que tu le joues ce soir ?

Arman Méliès : Oui. Dans un tout petit théâtre.
Je pense que les chansons s’y prêtent bien. Dans tous les cas, nous sommes ravis d’y jouer.

Quelle est l’histoire de Fort Everest ?

Arman Méliès : L’idée principale est celle d’une ascension spirituelle.
L’Himalaya est un monument. Cette chanson traduit bien ce sentiment qui nous force à dépasser notre propre Everest.

Quel est ton Everest à toi ?

Arman Méliès : Je l’effleure du doigt tous les jours, c’est celui de jouer sur scène mes chansons et de sortir des disques. Je suis très heureux de pouvoir continuer à le faire.

Arman Méliès - Vertigone

Vertigone d’Arman Méliès sera publié le 23 octobre 2015 via le label At(h)ome.
Arman Méliès sera en concert le 16 février 2015 au Café de la Danse (Paris) et dans toute la France.

Arman Melies - Vertigone

Tracklist : Arman Méliès - Vertigone
  1. Constamment je Brûle
  2. Fort Everest
  3. A Deux Pas du Barrage
  4. Tessa
  5. Les Cheveux du Vent Fou
  6. Olympe (A la mort)
  7. Mercure
  8. Vertigone
  9. Le Volcan
  10. Même

       

Les photos du MaMA 2015 avec Arman Méliès

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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