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La quête sacrée des Qúetzal Snåkes

Les Qúetzal Snåkes s’apprêtent à publier un nouvel EP, Cult of Deastruction, et à se lancer dans une tournée marathon pour le soutenir.
Ce disque est un petit pamphlet sonique assez singulier où même les fans de porcelaine de Chine peuvent y trouver leur compte. Un exploit.

Cult of Deafstruction

Pourquoi avoir appelé cet EP « Cult of Deafstruction » ?

Alex : C’était le nom qu’on a utilisé pour nous définir musicalement, parce qu’on est pas vraiment garage, pas vraiment psyché, et sans prétention on ne connaît pas d’autres groupes qui sonnent comme nous. La Deafstruction c’est un néologisme qui pourrait être un mélange de Destruction et Deaf (sourd) ça pourrait se traduire donc par une musique destructive qui rend sourd.

Giaco : Deafstruction c’est un jeu de mots entre la destruction et deaf, soit la destruction auditive, c’est un peu ce qu’on a ressenti la première fois qu’on a joué avec Destruction Unit et notre première tournée en mode capuche lunette, on se prenait pour des sportif de la surdité ! C’est pas nouveau, on y voue un culte depuis le début, une de nos première compo sur notre premier ep Lovely sort of death en 2014 s’appelait d’ailleurs « Oh lord of Deafstruction ».

Emilien : Après on ne fait pas que de la Deafstruction, parfois on fait aussi de la Flower Violence ou de l’Occult Fury selon l’humeur. Et puis avec les Quetzal on est un peu une secte, un culte de la défonce heureuse, on est tous un peu bipolaire alors on se serre les coudes pour faire n’importe quoi mais sérieusement.

Vous le définiriez comment par rapport au précédent « II » ?

Alex : C’est une suite assez logique au II, ça reste du Quetzal Snakes, la formule est la même, de la douceur ,de la violence, de l’amour et de la haine. La thématique est par contre plus du coté du divin que du malin (pour citer Pierre Andrieu), mais l’un ne va pas sans l’autre. A savoir de quel coté on est, c’est difficile pour nous comme pour tous sur cette terre.

Giaco : Peut-être que niveau ambiance il est différent car il a été enregistré dès notre retour des States on avait tellement joué et on était tellement baisé du cerveau qu’on était même pas conscient d’être en studio, donc il est plus pur et plus violent à la fois que le second (le second on était à Toulouse et on vomissait du sang je ne sais pas pourquoi). Dans celui ci on trouve des plages faites en one shot et des interludes créées directement juste en se regardant dans le blanc des yeux, c’est le meilleur job de ma vie !

Qúetzal Snåkes – Longwår

Où l’avez-vous enregistré ? Cela a pris du temps ?

Alex : Nous l’avons enregistré chez Rudi Romeur (aka Rock) à Marseille, comme notre premier disque Lovely Sort Of Death. Justement la volonté de le faire à Marseille n’est pas anodine quand au temps qui était alloué à l’enregistrement. Car on devait le faire entre une tournée aux États-Unis et mon départ pour le Canada. Au final on a fait cela en 3 jours, je n’y croyais même pas. Le mixage par contre a été donné à Ben Greenberg, qui collabore souvent avec Sacred Bones, In The Red et Matador. Il a fait ça depuis son studio à Brooklyn, il joue aussi dans The Men (un groupe Sacred Bones), parce qu’on voulait sonner comme les disques de SB, un label qu’on affectionne tout particulièrement. Et le résultat est incroyable. Le processus d’enregistrement et de mixage est en fait très important pour nous, on aime bien expérimenter, on ne veut pas que tous nos disques sonnent pareil, et ça évite une certaine monotonie.

Giaco : Oui c’est juste à côté d’un cimetière génial, Rudy est également celui avec qui j’ai enregistré le LP de The Dolipranes mon vieux groupe punk !

Quel est le meilleur souvenir lié à cet enregistrement ?

Alex : Pour moi c’est l’écoute de la première version de Longwar qu’on a enregistrée et qui figure sur le disque, car la fin était totalement improvisée et on a jamais autant groové ce morceau. Depuis on la joue comme ça en live, et ça change tout de ce morceau qu’on joue depuis nos débuts, on lui a donné une nouvelle vie.

Giaco : Mon meilleur souvenir, c’est quand je me faisais un foot/verre de vin rouge dans un gobelet en plastique avec un gitan devant le local,et les autres sur des transats face aux trains qui passaient je me sentais à la maison
Emilien : La défaite de l’O.M face à Lausanne à la buvette du coin. Ça m’a bien fait marrer.

Il s’agit de votre troisième EP. Pourquoi ne pas avoir sorti un album ?

Alex : Hum c ‘est une question qui revient très souvent, pourquoi cela choque tout le monde ? On se fout un peu des codes du genre faut faire un single puis un E.P.puis un album. On le fait comme on le sent, et pour le moment on ne veut pas faire de disques plus longs. Cela nous permet de garder une certaine excitation aussi, car depuis le début du groupe du coup on sort un disque par an, on fait pas n’importe quoi pour avoir un album. Nos E.Ps sont en fait nos albums, ils sont longs malgré tout, environ 25 min chacun, soit la durée d’un LP de beaucoup de groupes punk.

Giaco : Ce troisième EP reste dans les grands lignes sur le format du premier et du deuxième, soit 6 morceaux, et ça fait six, six et six et ouais gros! Le prochain est un album si on arrive à passer l’hiver !
E- On attends de savoir vraiment ce qu’on veut en terme de son et de production pour se farcir l’album, pour l’instant on tâtonne encore un peu dans le noir selon moi, on n’arrive pas encore à retranscrire sur disque l’énergie qu’on déploie sur scène et perso le résultat est à chaque fois en dessous de mes espérances, mais je voit qu’on progresse à chaque disque alors je garde espoir, et puis il faut dire aussi que je suis un ultra perfectionniste casse couilles; le prochain sera le bon Inch’Allah.

Comment pourrions nous définir votre musique ? Du My Bloody Valentine avec un Kevin Shields a qui ont un pincé les testicules ? Vous avez une approche « pop » au niveau des compositions. On rentre très facilement dans vos chansons. C’est un gros mot pour vous « pop » ?

Alex : Comme dit précédemment, on ne se situe pas musicalement dans une certaine branche déjà existante, et nous ne sommes pas vraiment influencé par un groupe en particulier. Personnellement je n’ai jamais vraiment écouté MBV, j’ai un album chez moi trouvé dans une brocante, je l’ai écouté une fois et puis rangé en bas de mon étagère (je vais le ressortir du coup pour écouter ça). Depuis le début on nous a comparé à plusieurs groupes, The Horrors, J.C. Satàn, Pavement, mais mon préféré reste un mélange de Joy Division et de Nirvana,je crois bien que c’était un taxi qui nous avait sorti ça… Sinon le côté pop, c’est indéniable et plutôt bien perçu par le groupe je pense. Ça ne nous empêche pas d’être non plus punk, métal ou noise. Ce qui est bien avec ce groupe c’est qu’au final on peut tout se permettre, de toute manière une fois qu’on joue tous ensemble on aura notre son, peu importe qu’Emil’ fasse du blues, Nico du post noise, Giaco du reggae (oui ça arrive) ; Rottier de la pop et moi du garage.

Giaco : En vrai j’ai toujours pas écouté My Bloody Valentine, ce nom me fait penser à Good Charlotte et l’autre je sais même pas ce que c’est!! POP ? Rien n’est un gros mot je pense à partir du moment qu’on aime ce qu’on fait qu’on aime comme ça sort et que le public en prends plein sur sa gueule. On est 5 dans ce groupe et personne ne lâche un brin de lest et à partir de là même si on veut faire une ballade on se fait rattraper par le serpent…

Emilien : Pareil, My Bloody Valentine m’a toujours rebuté juste de par son nom et quand j’ai fini par écouter parce que tout le monde en parle et ben je me suis dis que j’aurai du suivre mon instinct. Pour ce qui est de la pop au contraire, moi mon but c’est de faire des chansons pop comme les Beatles ou Jul tout en gardant les murs de guitare et le son qui est le notre. Non la pop c’est cool ça veut dire «populaire à la base», c’est synonyme de fortune.

Lava Mount

Quelle est l’histoire de Lava Mount ?

Alex : C’est le retour sur terre d’une créature ancienne venant de l’Enfer, elle descend sur terre pour punir les hommes de leurs péchés. Mais elle ne veut pas les tuer tout de suite, elle préfère les rendre esclave avec des dragons et leur faire construire un puits de lave qui les anéantiras tous. Quand j’ai écrit ça je venais de lire l’histoire de la Bible, et je trouvais ça complètement fou comment Dieu pouvait être littéralement méchant et n’hésitait pas à tuer ceux qu’il a créé, parfois même des innocents, et parfois en mettant les hommes à l’épreuve de leur foi. J’avais envie de créer ma propre histoire… Le riff principal de ce morceau est très Sabbathien et j’avais tout de suite l’image d’un dragon enflammant des villages en le jouant.
Giaco : Je suis né en bas d’un Volcan vers Bandol qui s’appelle le Mont Salva et mon cousin (batteur de Marietta et de la secte du futur) s’est fait tatoué Salva Mount sur les pied car il y a un rocher là bas où l’on saute entres consanguins et du coup il y a peut-être un peu de ça sauf qu’on saute dans l’eau pas dans la lave.
Emilien :–Je suis content d’apprendre enfin de quoi cette chanson parle

Euh Quetzal Snakes… D’où vient ce nom ?

Alex : Ça vient du Quetzalcoatl, un dieu puissant de la mythologie Aztèque. C’est un être hybride moitié serpent, moitié quetzal, un oiseau du Mexique. Le nom a été trouvé par un ami qui devait faire parti du groupe au début, il a d’ailleurs fait un concert avec nous à l’harmonium. Quetzalcoatl c’était dur à dire, donc on a transformé ça en Quetzal Snakes, on a aussi rajouté des accents, ça je ne peux pas vraiment l’expliquer. J’aimerai bien d’ailleurs que ceux qui écrivent notre nom respecte ça en l’écrivant.
Giaco : Le quetzalcoalt est une divinité « le sepent à plumes ». Le quetzal c’est un petit oiseau vert et les mâles ont une crête de punk et le snake un serpent.
Donc nous notre divinité c’est peut-être un oiseau à écailles, comme celles du faucon qui nous regarde sur le bord de la route en tournée
Emilien : Pour moi c’est un nom qui ne veut pas dire grand chose, une sorte de mash-up bâtard un peu comme notre musique, ce qui nous donne l’opportunité d’en faire ce qu’on veut

Vous partez bientôt en tournée. Comment on monte une tournée quand on est « jeune » groupe comme vous ? Il y a un tourneur ou c’est du D.I.Y ?

Alex : C’est surtout D.I.Y, c’est pas vraiment difficile, il suffit d’envoyer des tas de mails, maintenant avec internet, t’as les contacts assez facilement. Si tu te sors un peu les doigts du cul tu peux y arriver. Après je te parle pour des petites salles ou bar, ce qui est plus notre réseau. Je connais pas vraiment de vrai tourneur mis à part U-turn en France, mais du coup il s’occupe plus de groupe a plus grande notoriété et surtout des américains pas fichu de faire ça eux même.En même temps, lui arrive à négocier des bons cachets, moi je suis nul je négocie jamais, je demande juste si c ‘est ok haha et après la tournée je pleurs de pas avoir de sous. Pour cette tournée c ‘est tout nouveau on a Tranfuges, notre label, producteur, tourneur et plus si affinité, qui nous ont aidé à booker pas mal de dates, et ça devrait se faire comme ça sur les prochaines tournées aussi. Ça facilite beaucoup de choses, je passe moins de temps à envoyer des mails, des feuilles de route, et tout ce merdier administratif.

Vous avez impressionné mon collègue au TINALS. Vous vous rappelez de ce concert ? C’est quoi un bon concert pour vous ?

Alex : C’était pas le meilleur concert pour moi, on avait perdu toutes nos pédales au Canada haha, du coup j’avais pas exactement le même son que d’habitude surtout au niveau du chant, car j’utilise pas mal d’effet vocaux différents en live (j’ai racheté mes pédales depuis). Mais heureusement il y avait notre ingé son particulier Oliver Cancellieri, qui m’a rassuré et a fait du bon boulot. Je me rappelle surtout qu’il faisait très chaud vu qu’on a joué en après midi et qu’il y avait pas mal de monde, du coup on s ‘est bien donné (enfin comme d’habitude). Un bon concert c’est celui où on peut jouer aussi fort qu’on veut, et où les gens sont déchaînés. Mes meilleurs souvenir restent des petites salles, au Trokson à Lyon, à La Salle Gueule à Marseille ou à l’Up and Down à Montpellier.

Giaco : Ouais le Tinals c’etait cool, super belle prog, mais je déteste jouer en plein jour, j’ai l’impression que ce n’est pas moi qui joue! On a pu parler à pleins de gens après et on a eu des bons retours aussi, ce qui motive, car parfois à Marseille on se prends pleins de piques et on est pas trop poussés pour avancer ce qui nous oblige à pousser deux fois plus pour les énerver. Un bon concert c’est quand tout est fluide et qu’on improvise comme Machete.
Emilien : Pour ce concert je me suis dis qu’un festival ça devait être un peu comme un pique-nique du coup j’avais préparé la glacière avec des bouteilles de mon meilleur cocktail rhum, annanas, poire au cognac et tonic pour le trajet, l’inconvénient c’est que j’ai pas énormément de souvenirs, mais je me rappelle qu’on m’a aidé a porter mon ampli sur scène ce qui arrive jamais, et j’avais aucune pédale cassé ni aucun jack qui buzz, je me sentait en veine et c’est pas souvent que tout est fluide comme ça, en plus il y avait Olivier Cancellieri notre ingé son adoré, tout les collègues de la région et aussi Mathieu Sinclair le programmateur de TINALS, qu’on adore, donc je me dis que ça devrait forcément être ça un bon concert.

TOP 10

1) Le meilleur album de 2016 ?

Alex : Paradise de POP 1280, un de mes groupes Sacred Bones préférés.
Giaco : je n’écoute pas grand chose mais je dirai un truc que ma balancé mon cousin (toujours lui) MAGIC SPENCER ET SON GROS POUVOIR DU RÊVE !! c’est Francis Bebey mais en niqué de la tête.
Emilien : J’ai rien écouté en 2016, je suis resté bloqué sur Deep Trip de Destruction Unit en 2013, le malaise, la désolation, la rage et la puissance physique presque téllurique qui ressort de ce disque tant au niveau des compostions que de la production m’hynotise encore à chaque écoute. C’est vraiment un disque que l’on subit physiquement autant que soniquement, je dis bien subir parce qu’il ne te laisse quasiment aucun répit, aucun moment pour souffler, c’est un disque difficile à écouter d’une traite la première fois, faut être vraiment baisé de la tête pour le faire. Et en même temps – peut être justement à cause de çà – à la fin il te laisse un sentiment d’apaisement, de libération, comme si tu était passé au purgatoire pour expier tout tes péchés et que tu en était ressorti complètement à poil. Et puis, si Elvis n’était pas mort il serait devenu Ryan Rousseau le chanteur.
Ah et un autre truc, la pochette du disque bouge toute seule quand tu la regarde et au cas où tu voudrais qu’elle se mettent à te parler ils ont pensé à tout car à l’intérieur il y à une plaquette avec le visuel imprimé dessus composée de pleins de petits cartons détachables de la taille d’un quart de timbre comme des gomettes quand tu est au CM1, pour que tu puisse les imbiber et te faire tes propres cartons d’acide à effigie du groupe. Des mecs aussi sérieux sont forcément au dessus.

2) Le disque que tu attends le plus ?

Alex : L’album solo de Corry Hanson de Wand, « The Unborn Capitalist Limbo», ça sort le 18 novembre sur Drag City
Giaco : Le prochain de Ice Age.
Emilien : Le premier « vrai » disque de Acid Arab, Musique de France qui sort cette semaine. Je suis juste dégoûté de les rater en live car il tournent en même temps que nous.

3) Le disque qui va forcément te décevoir ?

Alex : Le prochain Ty Segall, j’espère me tromper, mais je reste un fan.
Giaco : Le prochain de Ice Age.
Emilien : Le dernier La Femme, mais bon c’est pas vraiment une surprise quand tu vire toutes les guitares pour mettre 4 synthés qui font la même note. Mais je me dis qu’avec Quetzal on va compenser, finalement on se complète tout les deux, je les aime bien.

4) Pearl Jam ou Radiohead ? (deux groupes avec trois guitaristes…)

Alex : Destruction Unit ou The Warlocks ils ont 3 guitares aussi et ont plus de valeur à mes oreilles.
Giaco : Radio Jam.
Emilien : Radiohead. Mille fois. Je répond aussi pour Niko sur celle là vu qu’on est tout les deux très fan de Johnny Greenwood, le guitariste, que ce soit de son rôle au sein de Radiohead où de ses musiques de films.

5 ) Le meilleur endroit pour faire un concert ?

Alex : Difficile de ne citer qu’un seul endroit, comme ça à l’esprit je dirai le Wunderbar à Bordeaux parce qu’on avait bien bu et bien manger.
Giaco : Une boite gay et plein d’acides ou le club de hip hop à Atlanta où on a joué !
Emilien : Dans la rue, en contact direct avec les gens, des gens qui ne sont pas venu pour te voir qui n’écoute même pas ce genre de musique et que tu doit choper par le colbac’ pour leur dire « hé toi! Tu ne le sais pas encore mais tu adores ce qu’on fait ». Tout ça avec la seule puissance de notre musique et de notre présence scénique. C’est la plus belle forme de reconnaissance qui soit. Sinon une boîte d’acides et pleins d’homos ouais, on aime se tirer des pipes en tournée ça passe le temps.

6) Le meilleur endroit pour voir un concert ?

Alex : La Machine à Coudre à Marseille, imagine Thee Oh Sees dans un salle à capacité de 60 personnes avec 200 personnes.
Giaco : La Machine à coudre de Marseille et son poteau en plein milieu.
Emilien : Je jure qu’on s’est pas concerté pour les réponses, je les découvre juste maintenant. Mais ouais carrément La machine à coudre à Marseille, c’est petit c’est convivial, on y fait ce qu’on veux, on y donnait tout le monde et c’est un beau mélange des genres qui se côtoient dans un joyeux bordel et un grand n’importe quoi; mais c’est très bienveillant. Et en plus il y à J2P et Claire les deux patrons qui sont encore plus fêlés que le public où les groupes qui y jouent. Il n’y à pas d’ingé lumière, juste deux trois ampoules qui éclairent la scène, en tant que musicien tu doit avoir de l’imagination pour en prendre possession et transformer le lieu en TON lieu. Certains groupes y arrivent très bien d’autres pas du tout. Il n’y à pas de sono non plus à part pour la voix, tu es seul face à toi même avec juste ta bite et ton couteau, si tu n’est pas un bon groupe ça se voit tout de suite. C’est un très bon test. Une épreuve par le feu. Je me rappelle de notre tout premier concert là bas avec Destruction Unit, ils avaient éteint toutes les lumières et avait pris possession de la scène d’une telle manière que j’avais l’impression d’être dans un tout autre lieu, de n’avoir jamais mis les pieds ici, c’était complètement irréel, ils bougeaint sur scène tels des démons issus d’un monde parallèle. J’ai vraiment été soufflé par l’énorme présence physique qu’ils aportaient à leur non moins énorme son. Enfin ils nous en ont mis plein la gueule quoi.

7) Le producteur de vos rêves ?

Alex : Sacred Bones.
Giaco : Barclay !
Emilien : Pour un disque de rock sans hésiter les frères Reid de Jesus & Mary Chain, ces mecs ont peaufiné leur son et leur production pendant presque 10ans avant de sortir un disque et à chaque disque ils ont pris de véritables risques artistiques en termes de production qui force le respect. Il y a une vraie évolution dans leur son même si les chansons se ressemblent beaucoup. Et puis il savent faire des chansons extrêmement pop accessibles à tous sans sacrifier leur vision, tu as des passages qui sonnent extrêmement pop alors que ce sont des murs de guitares et de distorsion! C’est très très fort. Ils ont trouvé un équilibre absolument parfait selon moi. C’est un peu ce que j’aimerai qu’on fasse avec QS, on a encore du chemin à faire. Pour du trap, de la house ou de la techno je prendrai Nikolaj notre petit génie de la prod au sein du groupe.

8) Si vous pouviez créer un festival… Quel nom lui donneriez vous ? Quelles têtes d’affiche choisiriez vous ?

Alex : Deafland avec Black Sabbath en tête d’affiche, et des attractions de montagne russe tout autour.
Giaco : Le Burning Trump, au Texas et à la fin on le brûle ! Il y’aurait Destruction Unit en première partie et aussi en tête d’affiche !
Emilien : Putain j’ai pas d’idée là…

9) Votre bande originale de film préférée ?

Alex : Escape from New York de John Carpenter sans hésitation.
Giaco : Le Grand Beu et True Romance.
Emilien : Blade Runner de Vangelis. Sinon en ce qui concerne l’utilisation de musiques préexistantes sur des images je dirais les films de Wong Kar Wai et ceux de Xavier Dolan, ces deux réalisateurs savent vraiment ce que c’est de sublimer leur films par la musique pour créer des émotions complexes. Ah et Barry Lyndon de Kubrick bien sur! La scène de 10minutes du repas avec le trio pour piano et violoncelle de schubert me fait chialer à chaque fois.

10) Le groupe que tu écoutes en secret ?

Alex : SUM41.
Giaco : IAM.
Emilien : Trap rap, français ou US, des trucs très commerciaux, la production de certains de ses disques démonte vraimentet puis ça permet de garder contact avec ce qu’écoute la jeunesse. Une artiste que j’adore en moment c’est Abra, une rapeuse soul d’Atlanta, on a fait une soirée avec elle quand on a joué là bas après s’être rencontré dans un Uber où Guillaume vomissait par la fenêtre pendant que Niko et Giaco se la jouait hip-hop dans un club de renois, mais j’étais trop bourré pour la reconnaitre, on a fini par dormir dans le lit de sa coloc’ qui avait ses règles en faisant des courses de chariots dans l’apart. Je ne l’ai reconnu qu’en rentrant en France en regardant les photos du voyage. Enfin bref ses prods sont géniales et elle à un sens de la mélodie vocale incroyable, en plus c’est elle qui produit une bonne partie de ses sons. Faut l’écouter elle est super jolie.

Cult of Deafstruction des QÙETZAL SNÅKES à paraître le 21 OCTOBRE 2016 chez Transfuges/Modulor.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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