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Concerts (live reports)

Tous GoGo (Penguin) à la Cigale

GoGo Penguin, ces énergumènes de Manchester capables de tenir un public ébahi pendant deux heures à la seule force de leurs trois instruments, nous l’ont prouvé à la Cigale ce soir : ils jouent dans la cour des (très) grands.

Entre ombre et lumière

De la chaleur d’un jaune-doré à un bleu des plus glacés, nous passons par toutes les ambiances, et ce parfois en quelques secondes seulement. Les cordes de la contrebasse s’agitent, le piano s’envole et la batterie frémit, nous sommes au bout de leurs doigts, continuellement, et nos émotions suivent ces oscillations.

Parfaite maîtrise instrumentale, cela va sans dire, synchronisation incroyable et prouesses techniques, pourtant sans prétention, du début à la fin. Un concert simple, sans fioritures, mais diablement efficace. Ils ont établi cette communication profonde avec le public, uniquement avec le regard et la puissance de leur instrument respectif, exception faîte des quelques phrases de présentation et de remerciements que Nick Blacka, le contrebassiste, qui a fait l’effort de prononcer quelques mots dans un français des plus adorables.

GoGo Penguin – Hopopono

Hopopono, dès le deuxième morceau, fut une très belle ouverture à cette vague jazz qui nous a envahi tout du long, nous laissant gamberger dans cette épopée musicale viscérale, sans jamais nous ennuyer. Kamaloka, ainsi qu’une grande partie de leur dernier album, Man Made Object, s’en sont suivis et ils ont terminé en beauté avec Murmuration et One Percent, nous laissant encore une fois sans voix. Somptueux, merci à eux.

GoGo Penguin - Man Made Object

Date : 27 mars 2017
Batteuse et passionnée de musique depuis toujours, constamment à la recherche de nouvelles pépites. Un penchant particulier pour les sonorités rocks /indies /psychés et autre dreampop électronique et bizarroïde.
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3 réponses sur « Tous GoGo (Penguin) à la Cigale »

Alors j’y étais aussi, et je serai moins un peu moins enthousiaste que Noémie.
Certes, c’est techniquement au point, tant musicalement que l’habillage de lumières. Mais, pour du jazz, je trouve que leur prestation est bien trop proche des albums, au point de s’ennuyer. Où sont les chorus, les envolées improvisées, le souffle qui rend cette musique vivante et chaque prestation unique ? Les morceaux s’enchaînent, avec une (trop ?) grande homogénéité de style et de construction des pièces, au point de parfois se demander si on est en train d’écouter un morceau différent (à l’image de la première partie, d’ailleurs, je ferme la parenthèse).
Bref, j’aime bien ce que font ces 3 comparses anglais, mais j’ai le sentiment qu’ils ont du mal à s’extraire des morceaux originaux pour proposer une interprétation variée et vivante, et s’amuser avec leurs créations.

Merci Eric pour ce retour, avec lequel je suis plutôt d’accord, c’est vrai ! Mais j’ai trouvé tout de même que la technique impressionnante rendait à ces morceaux une certaine énergie live justement, peut être parce-que j’étais juste devant la scène et que je voyais donc très bien les mains des musiciens, ce qui m’a permis d’entrer plus complètement dans leur prestation. Cela ne devait pas forcément le cas si on était plus loin, je vous l’accorde.. Ce ne sont pas ce qu’on pourrait appeler des « bêtes de scène » c’est évident, mais pour autant je pense que l’essentiel était présent ! Après oui, il faudra peut-être qu’ils arrivent à s’extraire un peu plus de leurs morceaux pour que leurs concerts soient plus interactifs, et surprenants :)

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