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Festival des Inrocks : Esser, Marina & the Diamonds, Jack Peñate et Sliimy

Dernière soirée à la Cigale pour le festival des Inrocks 2009. La salle est presque vide, les amateurs de musique semblent faire relâche après quatre jours de festival. Le premier groupe Bombay Bicycle Club ayant annulé, restait à l’affiche du dimanche soir : Esser, Marina And The Diamonds, Jack Peñate et Sliimy.

Esser

Pour chauffer la salle, Esser, qualifié par le magazine Q d’équivalent masculin de Lily Allen. Il débarque sur scène, il a clairement une rock attitude, essayant d’occuper l’espace, mais on remarque surtout qu’il ne tient pas debout – sûrement une gueule de bois qu’il cherche à atténuer à l’aide d’une 1664.

Fait étrange, le guitariste et le bassiste palpent leurs instruments. En y regardant de plus près, à la manière dont ils tiennent les manches, il n’est pas évident qu’ils sachent réellement s’en servir. A plusieurs reprises, le batteur perd son temps fort au cours du single “Headlock”.  En clair, le groupe repose sur Jason, le sample guy, et pourtant son bootleg pour annoncer “I Love You” m’a fait penser à un collage numérique digne d’un collégien. Un album à écouter dans son salon si vous y tenez, mais qui ne vaut clairement pas le détour par la case concert.

Marina and the Diamonds

Marina prends alors les rennes de la fosse de la Cigale. Elle semble tout droit sortie de la série Sauvé par le Gong avec son mini-boxer en skaï, son t-shirt à pois et son brushing volumineux. Elle se paye cependant le luxe d’avoir de vrais musiciens. Par contre, elle nous fait des effets de voix, sans que le but soit bien clair. Passé les vocalises, elle semble chercher à nous prouver qu’elle peut passer des graves aux aigus sans peine.

Marina joue “Obsessions” et “Numb”, une nouvelle chanson, seule aux claviers, nous expliquant qu’elle comprendra si on s’endort. Elle enchaîne sur “Champagne”, pour laquelle elle lance le cri de ralliement des amateurs de rodéos. Elle s’essaie aussi aux bruits d’animaux, je crois avoir reconnu au passage l’écureuil et le singe, le final étant réservé au coucou. Plus sérieusement, j’ai cherché un semblant de mélodie tout au long de sa prestation, mais en vain.

Jack Peñate

Après les deux artistes que nous venions de voir et ayant une vague idée de ce qui nous attendait en ce qui concerne Sliimy, mes espoirs allaient vers Jack Peñate. Il démarre très fort avec des percus brésiliennes sur “Everything is New”, tiré de l’album éponyme sorti aux Etats-Unis. La salle se laisse rapidement gagner par ses rythmes qui tirent vivement sur le ska. Lui-même n’arrête pas de bouger, dansant et sautant aux quatre coins de la scène. Je reconnais sa chanson d’amour “Torn on the Platform”, au refrain très catchy, mais je pense qu’il aurait pu la rocker plus que la version qu’il nous a offerte.

Jack enchaîne avec une chanson qu’il a composée il y a à peine deux jours, et qui s’intitulera apparemment “I’ll be around”, étant donné qu’il crie cette phrase à s’arracher le cœur. Après une intense “Pull my heart away”, il joue “Let’s all die”, une chanson très rythmée, sinistrement joyeuse, dédiée à ceux qui vivent en enfer. A la fin de “Be the One”, le single qui l’a révélé, une horde de groupies monte sur scène lui faire des bisous. Il finit son concert avec “Tonight’s Today”. Jack Peñate tient clairement le haut du panier de la soirée, mais la concurrence n’était pas bien rude.

Sliimy

C’est une curiosité malsaine qui me pousse à rester pour constater par moi-même ce dont on me parle depuis plusieurs mois. La fosse est maintenant désertée et une voix au micro nous demande de l’accueillir – mais personne ne se motive. Sliimy arrive sur scène, déguisé en Prince et le visage peint… lentement les gens s’approchent. Le délire est complètement mégalo, je ne sais si je dois le prendre au sérieux avec ses lunettes écran. Il bouge énormément sur scène, une sorte de ballet dédié à son guitariste.

Les trois premières chansons ne sont rien de plus que ce qu’annonce l’album : tout simplement musicalement vides. C’est quand il se lance dans une reprise de “Womanizer” que le bât blesse : il arrive à faire pire que l’originale de Britney Spears. Le reste du concert va en s’empirant. Il quitte la scène pour revenir déguisé cette fois en Michael Jackson, avec sa veste à paillettes dorée ouverte sur un torse dont on peut compter les cotes. Il devient alors une bête de foire plus qu’une bête de scène. C’est à ce moment que mes collègues choisissent de quitter la salle. Par amour de la musique, j’ai préféré arrêter là aussi l’expérience Sliimy, n’ayant pas la force de l’affronter seule.

Crédit photo : THEfunkyman

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