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Elias Dris, l’élégie folk

Elias Dris (photo © Tazzio Paris)

Produit, enregistré et mixé par Tom Menig (Alela Diane) à Grass Valley (Californie, USA), le premier album d’Elias Dris impressionne. Ce type a 35 ans et en est à son sixième album ? Non, non il a 21 ans et publie son premier disque. Vicious Circle, le label derrière cet artiste, a fait une jolie prise.

Gold In The Ashes sortira à la fin des vacances scolaires de l’été impressionne par sa maîtrise et son écriture. On se devait de percer le mystère avant la sortie de l’album.

Comment as-tu contacté Tom Menig ? Par mail ? Il t’a répondu rapidement ?

Elias Dris : J’étais à Los Angeles et je lui ai envoyé un mail, pour lui parler de mon projet, de ce que je voulais faire et pourquoi avec lui. Il m’a répondu le jour même pour me dire qu’il aimait beaucoup les démos et me donner ses disponibilités. Le lendemain on s’est téléphonés pour parler un peu plus du projet, il m’a envoyé les photos de son studio… J’ai pris un billet retour pour Paris pour être avec toutes mes guitares et commencer à chercher les arrangements. Deux mois plus tard on enregistrait ensemble.

Elias Dris – Eros & Thanatos

Te rappelles-tu de ta première rencontre avec Tom ? Tu peux me la raconter ?

Je me souviens bien, une amie m’a conduit de San Francisco à chez Tom, il m’attendait près de la barrière avec son chien. On s’est dit bonjour c’était très drôle, on s’est un peu rendu compte à ce moment là qu’on ne s’était jamais rencontrés et qu’on ne se connaissait pas du tout. Du coup, on est entrés dans le studio, j’ai posé ma valise dans un coin, il a branché les micros et on a enregistré Turn Off The Night. Le courant est passé tout de suite, c’est une belle rencontre.

Combien de temps a pris l’enregistrement de Gold In The Ashes ?

En plusieurs temps. Il y a eu la première session de 10 jours, on y a enregistré 15 chansons. C’était une première version de l’album. Il y avait pas mal d’anciennes chansons dans le lot. Après quoi j’ai décidé de rentrer en France et j’avais quelques chansons en chantier que j’ai continuées à travailler, j’avais une autre vision du disque que je voulais faire, je voulais aller plus loin. J’ai donc commencé à produire les nouveaux titres chez moi (Ophelie, Wild Horse, Eros & Thanatos, etc.) ça ne marchait pas, j’ai donc proposé à Tom d’enregistrer de nouveaux titres et il m’a simplement dit “mon studio t’est ouvert quand tu veux”. La deuxième fois on a passé sept jours dans le studio.
Ophélie est la seule dont j’ai gardé la version home studio.

D’ailleurs pourquoi ce titre ?

Avant d’écrire cet album, j’ai connu une période compliquée dont je venais à peine de me remettre. J’ai écrit ça peu de temps avant de commencer l’enregistrement. L’or représente la créativité, la rareté, la chaleur, c’est quelque chose de précieux et la cendre ce sont les restes, la mort, la fin. C’est l’idée qu’on puisse puiser dans son spleen les matières premières pour créer des choses qui nous sont rares, chaleureuses et en faire quelque chose. C’est ce que j’essaie de faire dans ma vie, mais pour ça il faut se salir les mains, il faut affronter les choses et mettre les mains dans la cendre pour récolter ses quelques grammes d’or.

Quel est ton meilleur souvenir de l’enregistrement de ce premier album ?

J’ai été très touché par mon passage à San Francisco c’était très fort pour moi d’être la bas avant d’enregistrer mon album. C’était une sorte de pèlerinage, comme un lieu sacré ou je ne pouvais pas rester longtemps. Ça m’a beaucoup rechargé pour l’enregistrement dont tous les souvenirs sont les meilleurs. L’ambiance était hyper positive. Un parmi d’autres : l’enregistrement de Moonshine, il y avait Rob à la batterie, Tom à la Mandoline et moi guitare/voix, on l’a enregistrée live. C’est une chanson que j’ai écrit au lycée, j’avais 16 ans, et à l’époque je disais “il y a des gens chouettes dans ce coin de la Californie, j’adorerais faire un disque avec eux”. Et c’est exactement ce que je faisais.

Qui t’a appris à jouer de la guitare ?

J’ai appris seul, dans ma chambre. J’ai toujours voulu faire de la musique alors je m’y suis mis. J’apprenais à jouer toutes les chansons que j’écoutais.
Et puis j’ai commencé à me sentir suffisamment à l’aise pour écrire des chansons et les jouer dans des petits bars puis des petites salles.

Quelle est l’histoire de Golden Crown ?

Je l’ai écrite un été, j’étais à l’extérieur, avec un verre de vin et d’un coup cette chanson m’est venue, j’ai commencé à écrire des mots, à noter les accords. Puis sont venus les arrangements, je savais exactement ce que je voulais faire. Je joue presque tous les instruments sur celle-ci. C’est une chanson très personnelle sur une histoire du passé qui traînait quelque part dans ma tête et qui s’est transformée en chanson sans que je ne demande rien.

Comment te sens-tu deux mois avant la sortie de ton disque ?

Je suis très impatient. Ça me donne envie d’écrire de nouvelles chansons, j’ai pu le partager avec des artistes avec qui je voudrais collaborer et il y a déjà des choses très excitantes qui se profilent. J’ai hâte de le jouer sur scène et je suis très content de le sortir avec Vicious Circle.

Gold In The Ashes d’Elias Dris sera disponible le 25 août 2017 via Vicious Circle.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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