[1987 – 2017] Les surprises de Miracle Legion

Dans la série « Le monde n’a pas de bol », le cas Miracle Legion se pose là. Arrivant plus ou moins au même moment que R.E.M. alors en pleine possession de ses moyens (les gens d’Athens venaient d’enchaîner Lifes Rich Pageant et Document chez I.R.S. Records en quelques mois), le groupe de Mark Mulcahy ne connut pas le même succès alors qu’il avait autant de choses à dire. On tuerait aujourd’hui pour avoir un groupe comme Miracle Legion. Le premier album de nos héros a aujourd’hui 30 ans. Et ça se fête.


Originaires du Connecticut, Mark Mulcahy, Jeff Wiederschall et Joel Potocsky avaient déjà fait très fort en 1984 avec l’Ep The Backyard. Représentants d’une Amérique anonyme des périphéries qui rêvaient des grands espaces, les Miracle Legion étaient des petits surdoués du circuit underground américain. Portée par des guitares lancées au galop, la voix de Mulcahy récitait parfaitement sa leçon mélancolique. Fragile et inspirée, la musique de nos légionnaires était un petit miracle de chaque instant. En 1987, c’était donc la fête avec Surprise Surprise Surprise. En 1989, ce fut du neuf avec Me And Mr. Ray, un disque encore plus solide. Mais ça c’est une autre histoire… Retour sur la genèse de Surprise Surprise Surprise avec Ray Neal, le guitariste de ce groupe.

Ray Neal

Comment avez-vous rencontré les membres de Rough Trade Records ?

Ray Neal : Je crois que ce fut lors de la dernière nuit d’une tournée que nous avons faite en Amérique. Le succès initial de The Backyard avait un peu disparu et nous étions un peu perdus pour donner une suite à cet EP. Le dernier concert a eu lieu au CBGB à New York. Par épuisement, par frustration et par je ne sais quoi d’autre, nous avons joué un set très agressif et très émotionnel. Lorsque nous avons quitté la scène, nous avons croisé Geoff Travis de Rough Trade. La première chose qu’il nous a dit, c’est qu’il voulait nous signer. Ça c’est fait comme ça.

Miracle Legion

L’enregistrement de Surprise Surprise Surprise fut facile ?

Nous avions commencé l’enregistrement avant d’être signé. Nous l’avons donc payé nous même. Cela nous impose une pression incroyable pour faire avancer les choses rapidement. Après avoir été signé par Rough Trade, les choses se sont adoucies. Mon souvenir de l’enregistrement en lui-même est que c’était une lutte. Nous apprenions toujours comment enregistrer ce qui était dans nos têtes.

Pourquoi avoir choisi John Russel comme producteur ? Et pourquoi avoir été travailler aux Presence Studios ?

Jon avait le studio le plus cool de la région. On n’en avait jamais croisé un aussi cool. Je ne suis pas sûr que quelqu’un ait produit le disque. Nous avons tous participé à la production.

Comment avez-vous trouvé votre son ?

En trébuchant, je suppose. Quand Mark et moi avons commencé à écrire ensemble, nous n’avions aucun plan. Nous voulions d’abord ressembler au Gun Club. Je pense que nous avons échoué. Je pense personnellement que mes insécurités à propos de mon jeu de guitare m’ont fait jouer beaucoup de notes pour compléter les espaces. C’est à ce moment-là que les pickings sont apparus. Ils ne sont pas la conséquence d’un amour lié aux Byrds.
Miracle Legion

Quels sont tes meilleurs souvenirs liés à cet enregistrement ?

Cela fait très longtemps… Je suppose un mélange de joie et de frustration comme dans tout processus créatif. Je me marre toujours en me rappelant du choc des cultures entre Jon et nous. Il avait un passé très rock et nous, nous venions d’ailleurs. Cela me fait rire.

Peux-tu m’expliquer la pochette de cet album ? Pourquoi avoir choisi la photo de Matt Polansky ?

Le cliché de Matt Polansky est une photographie de Painting de Fats Miller. C’est grand. Peut-être un mètre cinquante de hauteur. Nous étions fans du travail de Fats et il avait un loft dans l’immeuble où nous travaillons.

As-tu des regrets en ce qui concerne ce disque ?

Non, je ne le pense pas. J’ai l’impression que ça n’a plus rien à voir avec nous. C’est là-bas et a touché les gens. Cela semble être un succès.

Quelle est ta chanson préférée de Surprise Surprise Surprise ?

Hmmm… Je n’écoute pas vraiment les vieux albums. Mais quand j’entends Crooked Path, je pense toujours qu’elle sonne cool.

Miracle Legion - Surprise Surprise Surprise

Surprise Surprise Surprise de Miracle Legion est disponible via Rough Trade.
Mark Mulcahy a publié il y a quelques mois l’excellent The Possum In The Driveaway via le label The Mezzotint (label qui regroupe toute l’œuvre de Mulcahy).

Miracle Legion - Surprise Surprise Surprise

Tracklist : Miracle Legion - Surprise Surprise Surprise
  1. Mr. Mingo
  2. All For The Best
  3. Paradise
  4. Truly
  5. Storyteller
  6. Country Boy
  7. Crooked Path
  8. Everyone In Heaven
  9. Wonderment
  10. Little Man

English text

How did you meet the team of Rough Trade Records ?

Ray Neal : It was I believe the last night of what had been a very gruelling tour of America. The initial success of The Backyard had kind of faded and we were at a bit of a loss as what to do next. The final gig was at CBGB in New York. Out of exhaustion, frustration, and who knows what else. We played a very aggressive and emotional set. As we left the stage we were met by Geoff Travis of Rough Trade. The first thing he said to us was he wanted to sign us. That was that.

How easy was the recording process of Surprise Surprise Surprise ?

We had started the recording before getting signed so we were paying for it ourselves. That put incredible pressure on us to get things done quickly. After joining up with Rough Trade that some what eased. My recollection of the recording itself was that it was a bit of struggle. We were still learning how to get on tape what was in our heads.

Why did you choose to work with Jon Russel as producer ? Why did you choose The Presence Studios ?

Jon had the coolest studio around so that’s where we went. I’m not sure any of us were producing the record. We just all jumped in!

How did you find your sound ?

Tripped over it I suppose. When Mark and I started to write together it was without a plan. We originally wanted to sound like the Gun Club. I think we failed at that. I think personally my insecurities about my guitar playing made me play a lot of notes to fill up the spaces. That’s were all the picking came from. Not a love of The Byrds.

What are your best memories of this recording process ?

It was a long time ago! I guess a combination of joy and frustration, like any creative process. I do remember always laughing at the clash of cultures between us and Jon. He came from much more of a ROCK background and we were coming at it all from a different perspective. Smile.

What’s the reason behind the choice of the cover album ? Why did you choose this picture of Matt Polansky ?

The photo by Matt Polansky is of a Painting by Fats Miller. It’s big. Maybe about five feet tall. Fats had a loft space in the same building that we did and we were big fans of his work. If there are any deeper thematic connections that would be down to Mark.

Do you have some regrets about this recording process ?

No, I don’t think so. I feel like it kind of has nothing to do with us anymore. It’s out there and has touched people. That seems like a success.

What’s your favourite song of this LP ?

Hmmm…. I don’t really listen to the old records, but when I here Crooked Path I always think “that sounds cool”.

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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