Il y a des morceaux qui vous bouleversent dès la première écoute. C’est le cas de Cécilia, le morceau qui ouvre le premier EP de Silly Boy Blue. En quelques notes et en quelques mots, cette jeune Parisienne crée une cicatrice sonore dans notre esprit aux conséquences redoutables. Ecoutez une fois Cécilia, c’est se condamner à l’écouter à l’infini. Silly Boy Blue ferme ses plaies amoureuses en composant des chansons et nous envoûte par la même occasion.

Ma première question concerne évidemment Bowie. Ton nom, Silly Boy Blue, est celui d’une chanson de Bowie. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Silly Boy Blue : Cette chanson des tous débuts de Bowie. C’est un de ses premiers morceaux. Il me parle beaucoup. C’est avant The Man Who Sold The World, c’est avant qu’il ne devienne ce personnage androgyne… C’est un jeune garçon auquel je m’identifie pas mal. Cette sorte d’errance… Cette période de Bowie me plait beaucoup.
Et puis Bowie est un pilier de ma vie musicale. De ma vie même. C’est le premier artiste que j’ai repris.

Qu’as-tu repris ?

Je reprenais Moonage Daydream avec une amie. Je l’ai joué lors de mon premier concert. J’ai été bercé par Bowie dans de nombreuses étapes de ma vie. J’ai toujours écouté Bowie. Tout me ramène à Bowie. Et je découvre encore des choses sur lui.

Comme ?

Des inédits, des lives… Je découvre aussi des sessions unplugged. Je découvre les endroits où il a vécu. Je suis récemment allée à Londres et je suis passée par Brixton pour voir le bâtiment de la pochette de Ziggy Stardust. Et j’aime encore me plonger dans certains livres qui évoquent sa vie.

Tu aurais fait de la musique sans Bowie ? Tu as quelle formation musicale ?

Je suis autodidacte. Je ne suis pas du genre très patiente. Mes parents m’ont offert une guitare quand j’avais 13 ans. J’ai pris quelques cours mais ça ne me convenait pas. J’ai composé assez tôt des morceaux. J’ai découvert la MAO, les claviers. Les instruments me permettent plus de créer des morceaux que d’en jouer. Je ne suis vraiment pas patiente.

Silly Boy Blue

© Louis Teyssedou

Tu étais dans Pégase… Pourquoi te lances-tu en solo aujourd’hui ? Il y a eu un événement déclencheur ?

Cette envie date d’avant Pégase. J’ai toujours composé des morceaux dans ma chambre. J’ai vécu une super expérience avec Pégase. Et c’est toujours très cool d’être en groupe. Mais je me suis plongée dans Ableton et je me suis mis en tête d’enregistrer des morceaux. J’ai commencé à enregistrer You’re Cool puis Cécilia. J’ai mis ces morceaux sur le net et j’ai eu pas mal de retours. Je ne m’y attendais absolument pas.

Sur Soundcloud ?

Non Youtube. J’ai filmé une amie sur le toit de la Maison de L’Architecture à Nantes. Je l’ai filmée à l’arrache avec un Iphone. J’ai monté le clip toute la nuit et je l’ai posté. Le lendemain, j’ai eu des retours. C’est donc un peu par hasard que j’ai commencé.

Tu aurais continué sans les retours ?

Oui. J’avais posté You’re Cool en février et je n’avais pas eu beaucoup de retours.

Comment as-tu rencontré les gens de ton label (Les Nouvelles Editions Independantes) ?

Je travaillais aux Inrocks. Un ami, Maxime, a accroché à Cécilia. Il a passe un coup de fil à ce label. On a commencé à travailler ensemble sans même avoir signé. Les choses se sont faites naturellement. J’ai réussi à monter le projet grâce à eux. Sans Maxime… Les chansons seraient restées dans ma chambre.

Et dans quel état d’esprit te trouves-tu avant cette sortie ?

J’ai hâte. Les choses s’accélèrent. Les retours me font plaisir. Je me réveille le matin et je regarde les commentaires. C’est que de l’amour et de la bienveillance. J’ai hâte. Je veux montrer ce que j’ai fait.

Elles sont faciles à jouer sur scène ces chansons ?

Tout dépend des chansons. Certaines sont vraiment très personnelles. Le moment du live est très particulier. Je vis des choses très intimes et ça me replonge dans des moments très intenses. C’est une revanche de les jouer sur scène et de les partager avec un public.

TRACK BY TRACK

Cécilia
C’est l’histoire d’une rupture. C’est d’ailleurs la base de l’EP. Cécilia a été composé en avril 2017. C’est le deuxième morceau que j’ai composé. Il parle de l’après-rupture. C’est tout ce que je n’avais pas réussi dire sur le moment. C’est un morceau très féminin. On peut penser à Lykke Li ou Cat Power.

The Fight
Ce morceau évoque le moment où je prends conscience de ce que je pouvais faire ou ne pas faire. Je me pose comme une figure qui refuse de se laisser faire. Le morceau est plus violent. Car je n’accepte plus qu’on me dise ce que je peux ou ce que je peux pas faire.

Lea’s Birthday
C’est une personne qui très proche de moi. Je composais une chanson un soir et je discutais en même temps avec Léa. Elle m’a dit, pour rire, que je devrais composer une chanson en son honneur. Je lui ai dit par défi que je le ferai.
Et à minuit je me suis aperçue que c’était son anniversaire. J’ai fini le morceau au petit matin et je l’ai appelé ainsi.

You’re Cool
C’est le premier morceau que j’ai mis sur le Net. Son clip a été tourné en Chine. Et je l’ai composé à mon retour de Chine. Il parle d’une époque où j’étais perdue. Ce morceau parle d’un manque de communication. Nous étions tous les deux des bombes à retardement. On n’a jamais réussi à les désamorcer, à communiquer. J’ai gardé de cette personne un souvenir qui est à la fois heureux et malheureux. C’est un morceau bienveillant. C’est ce que je n’ai pas réussi à lui dire. Il y a des regrets… Ce n’est absolument pas une revanche. C’est une chanson pour dire ce que je n’ai pas réussi à dire sur le moment.

TOP 10

1) Ton album préféré de 2018 (pour le moment) ?

Il y a Chris… Mais je ne l’ai pas encore écouté. Je vais dire SOPHIE. L’album Oil of Every Pearls un-Insides.

2) Le meilleur endroit pour voir un concert ?

Je suis très attachée à la Route du Rock. J’y vais depuis que je suis lycéenne. J’adore cet endroit. C’est LE rendez-vous.

3) le meilleur endroit pour faire un concert ?

Tant que le public est là… Et qu’il est bienveillant.

4) Ta bande originale de film préférée ?

Her avec Will Butler. Et celle de The Virgin Suicides.

5) Ton album préféré de Bowie ?

En ce moment… The Rise and Fall of Ziggy Stardust. Je viens de trouver une nouvelle édition donc je l’écoute pas mal.

6) Ta chanson préférée de Bowie ?

En ce moment… Et de tous les temps : Lady Grinning Soul.

7) Ton plaisir coupable en musique?

J’en ai pas mal. J’essaye de déculpabiliser. Des choses comme Eurythmics, Enola Gay… J’adore tous ces groupes un peu cliché.

8) Le groupe que personne te soupçonne d’écouter ?

Les 2Be3 ! Même vibe que mes plaisirs coupables. Les boys bands me fascinent. J’aurais aimé être un mec pour être dans un boys band.

9) Le groupe que tout le monde a écouté sauf toi ?

J’aime beaucoup le métal… Mais je n’ai jamais écouté Metallica. Alors que je sais que cela me plairait.

10) Oasis ou Blur ?

Blur. Oasis c’est toute mon adolescence. Je me suis intéressée à Blur plus tard. Et j’y ai trouvé mon compte.

Question BONUS

11) Le producteur de tes rêves ?

Mark Ronson. Je suis fascinée par Lady Gaga. Et j’adore le travail qu’il a fait avec elle.

Silly Boy Blue – Cécilia

But You Will de Silly Boy Blue sera publié le 26 octobre 2018 en digital et le 16 novembre en vinyle.
Silly Boy Blue sera en concert le 18 octobre 2018 au MaMA (Paris).

Silly Boy Blue - But You Will

Tracklist

Silly Boy Blue - But You Will
  1. Cecilia
  2. The Fight
  3. Lea's Birthday
  4. You're Cool