Les souffrances de Franck Carter & the Rattlesnakes

Franck Carter © Fabrice Buffart
Fred H. - 02/05/2019

Franck Carter & the Rattlesnakes sort un troisième album intitulé End of Suffering. Rencontre avec Dean, guitariste et compositeur. En route pour la joie.

Vous sortez votre troisième album après que le second se soit classé dans le top 10.

Dean : On ne se soucie pas vraiment du classement de nos albums. C’est plutôt une expérience personnelle que nous voulons réussie et nous sommes déjà très satisfait avec ce que nous avons accompli et créé, ça compte plus pour nous que d’être dans les tops 10, nous sommes déjà très heureux comme ça.

Est-ce que ce succès a été un poids sur vos épaules pour ce retour ?

Oui c’était terrifiant parfois, mais pour moi écrire les chansons avec Franck, c’était plutôt relaxant, nous sommes juste tous les deux avec une tasse de thé dans un sofa. Dès que ne sommes en studio, ça peut devenir plus stressant, je commence à penser à tous ces gens qui vont écouter et toutes ces personnes dont le travail est de faire de cet album un succès. Donc j’essaie de me concentrer sur ce que j’enregistre. C’est le moment où je suis le plus stressé en général mais je me dis que tout ce qu’on peut faire c’est de faire la musique que l’on aime et le reste nous échappe un peu.

Dean Richardson
Dean Richardson © Fred Hédin

Vous avez votre propre studio à Londres ?

Oui, nous avons un local dans Londres Est, nous n’enregistrons pas là bas, nous y composons. En bas Franck a son atelier d’artiste pour peindre et dans le fond nous avons un sofa, des guitares et tout le matériel. C’est un endroit où l’on créé et ensuite nous allons dans un studio d’enregistrement.

Vous avez enregistré dans le studio de Cam Blackwood (producteur de Georges Ezra, Jack Savoretti)

Oui, notre rencontre est un pur hasard, il s’est retrouvé dans un taxi avec moi en allant à une fête. On ne s’était jamais rencontré, et il m’a demandé si j’étais bien le Guitariste de Franck Carter and The Rattlesnakes, « j’adore ce groupe » m’a t-il dit. j’ai donc demandé ce qu’il faisait dans la vie (tu ne sais jamais à quoi ressemblent les producteurs) et il m’a expliqué qu’il avait produit Georges Ezra et Jack Savoretti, comme je suis un énorme fan de pop music dans ce genre, j’étais en quelque sorte fan de lui. Puis on a passé la soirée et avant de se quitter, il m’a dit « faisons un album ensemble ». Quand j’ai raconté ça à ma copine le lendemain, je lui disais « bon il a dit ça mais, il ne va jamais faire un album avec nous » et deux semaines plus tard il nous a contacté pour nous expliquer qu’il était sérieux.
Et je suis très content que ce soit arrivé car c’était un accord parfait.

Mais il est plutôt connu pour des albums pop que punk rock.

Oui nous sommes une exception dans sa carrière, il a joué dans des groupes de Math Rock, il a les mêmes influences que nous, nous écoutons les mêmes groupes Deftones, Queen Of The Stone Age, Nine Inch Nails, musicalement on se correspond parfaitement mais sa carrière à pris un autre tournant. Je pense que c’est pour ça qu’il voulait travailler avec nous. Il n’a pas décidé d’être le producteur pop qu’il est, il a juste travaillé sur un projet pop qui a eu un énorme succès, mais c’est comme être cantonné dans un type de rôle pour un acteur.

Vous avez enregistré dans son studio, Love Games a été composé avec lui.

On n’enregistre pas un album avec une personne rencontrée une fois, donc au départ nous étions partis pour passer une journée dans son studio et voir comment ça se passait. Nous revenions de tournée et nous avions 75% de Love Games composé, le morceau était assez blues, et à la fin de la journée nous avions terminé cette chanson. Nous n‘avions jamais sonné comme ça, il y avait tellement d’énergie et d’excitation en créant ça et nous nous sommes dit « cool, nous avons un morceau ! », Franck disait : « c’est dommage qu’on ne l’ai pas enregistrée convenablement »,nous pensions enregistrer une démo et Cam a dit « mais non ! Ici on enregistre directement » et c’est la version qui est sur l’album. Cam est un expert pour enregistrer ce moment où tu penses ne pas être en train de faire les prises album et tu te sens libre et du coup tu fais de meilleures choses.

Tom Morrello est sur l’album aussi.

Je le vois toujours comme un dieu, voir son nom sur notre album me fait toujours une drôle d’impression. Nous avons joué avant Prophets of Rage au Resurrection Fest en Espagne et lui et Franck se connaissent depuis longtemps mais ne s’étaient pas vu depuis un moment. Nous regardions son concert et il a invité Franck sur scène. Après ça il a proposé à Franck de chanter sur son nouvel album solo et Frank a dit « ok mais tu joues sur le notre aussi ». C’est arrivé très vite. On lui a donné le morceau, on lui a laissé le champ libre, et il a fait un solo énorme sur la moitié de la chanson.

Frank Carter & The Rattlesnakes – Kitty Sucker

Le titre de l’album est End of Suffering à quoi est ce que cela se réfère ?

Franck écrit les paroles, l’album parle des deux dernières années de la vie de Franck. Il en dit que ça parle des difficultés et des réussites qu’il a connues, c’est un album plutôt positif, ça parle d’avoir réussi à traverser ces difficultés et d’être heureux. Pour les paroles, Franck me demande mon avis mais ça reste des choses personnelles qui le concernent. Pour le titre de l’album nous en avons plus parlé, End of Suffering, ça peut paraître négatif, mais pour moi c’est plutôt positif, ça parle de voir la fin du tunnel.

Composez-vous d’abord les musiques ou les paroles ?

Nous venons chacun avec nos idées, je compose des riffs, Franck écrit toujours des paroles. Pour cet album, nous nous sommes vus une fois par semaine, le mardi, ça évite de travailler dessus tous les jours et d’être dépassés par les idées. Nous nous sommes donc vus une fois par semaine pendant 2 ou 3 mois. On prenait un thé sur le canapé et je lui montrais ce que j’avais en stock, il trouvait des chants dessus et on passait à l’idée suivante. Chaque semaine nous avions une chanson parfois deux ou trois. On n’essaie pas de faire des choses qui marchent juste des chansons qui nous plaisent.

Cette album semble moins punk, plus posé.

Cam disait « si tu as un truc important à dire, ce sera mieux entendu avec plus de d’espace dans la chanson ». Dans le premier album, c’était une explosion de sons et c’est ce que j’aimais dedans, c’était assez punk dans la forme mais sur celui-ci nous voulions explorer des sons plus riches. Par exemple la basse ne joue jamais la même chose que la guitare, ce qui est nouveau pour nous. Nous ne voulions pas être noyés dans un mur de sons.

J’ai même entendu du synthé sur cet album.

Oui il y en a quelques-uns, ça vient du fait d’être plus sûr de soi et de pouvoir essayer des choses. Nous avons créé des sons comme sur Crowbar, il y a un son de batterie, qui passe dans une pédale de guitare. Souvent nous créions des sons et nous savions plus comment nous avions obtenu ces sons après.

Frank Carter & The Rattlesnakes - End of Suffering
End of Suffering de Frank Carter & The Rattlesnakes sera disponible le 3 mai 2019 chez International Death Cult.

Frank Carter & The Rattlesnakes - End Of Suffering

Tracklist : Frank Carter & The Rattlesnakes - End of Suffering
  1. Why A Butterfly Can't Love A Spider
  2. Tyrant Lizard King feat. Tom Morello
  3. Heartbreaker
  4. Crowbar
  5. Love Games
  6. Anxiety
  7. Angel Wings
  8. Supervillain
  9. Latex Dreams
  10. Kitty Sucker
  11. Little Devil
  12. End Of Suffering

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