Compte rendu du concert de Sting à la Salle Pleyel, Paris - 15.12.2009
Sting
A-t-on besoin de présenter Sting ? On peut tenter de résumer la carrière de l’ex-chanteur/bassiste de The Police, mais ce qu’il restera c’est tous ces morceaux inoubliables, que ce soit dans le cadre du groupe ou en carrière solo. Il a collaboré avec les plus grands comme Clapton, comme avec les plus inattendus, Cheb Mami ou Craig David. Il vient de sortir un tout nouvel album If On a Winter’s Night qu’il nous présentait ce soir à la salle Pleyel.

Sting


Pour nous présenter son conte de Noël, Sting s’est déplacé avec un orchestre presque au complet – il manquait les bois mais les cordes étaient plus que représentés. Il commence par nous expliquer – en Français please ! – en quoi l’hiver est magique, avant de nous guider de par sa féérie allégorique de la saison blanche.

Il a vraiment l’allure d’un conteur assit droit sur sa chaise haute, tournant les pages de son grand livre, habillé comme dans un film basé sur un roman de Jane Austen. Si pour son dernier album, il avait choisi un tournant classique, nous sommes désormais de plein pied dans le folklore anglais et celtique.

Les thèmes sont proches de Noël tinté de biblique, avec ‘Gabriel’s Message’, où les trois choristes prennent des airs de Rois Mages. Mais nous dérivons aussi avec ‘Soul Cake’, plus traditionnellement chanté aux alentours de la Toussaint*. Sur scène, une grande rousse échange sa cornemuse à soufflets contre un violon pour rentrer dans une gigue endiablée avec son partenaire.

Malgré la harpe, la trompette, l’ensemble des cordes et de cuivres et le déploiement de percussions, je n’arrive pas à m’emmitoufler dans ses compositions. Certes, le thème est l’Hiver, mais est-ce une raison pour que la prestation soit aussi froide ?

Si ‘Christmas at Sea’, basé sur un poème de Robert L. Stevenson, m’intrigue, j’attends que le concert s’embrase. ‘The Burning Babe’ enfin nous rapproche de la voix plus suave de Sting, mais sur ‘Ghost Story’, malgré le thème, plus personnel (son père), nous revenons à une performance musicale professionnelle.

Il nous propose ensuite trois chansons provenant de sa ville natale, du côté de Newcastle. Sur ‘Team Spirit’, sa voix réchauffe enfin l’atmosphère et me rappelle ‘It’s Probably Me’, mais le voilà qui ruine le tableau en chantant le cri du loup solitaire dans la steppe. Après une chanson, religieuse à nouveau, a cappella et donc un peu traitre, il nous propose quatre berceuses. Comme si le tempo était endiablé jusque là…

Lullaby for an Anxious Child’, qui clôt le set, me rappelle ‘Shape of my Heart’. Après avoir présenté ses musiciens, il quitte la scène. Il revient pour un chant de Noël, ‘I Saw Three Ships’, puis repart. Il revient à nouveau pour ‘You Only Cross My Mind in Winter’ et repart. La salle l’acclame, il revient saluer, et repart. Les aller-retours de la diva commencent à me fatiguer, mais le public insiste, tonitruant.

Il revient pour une dernière chanson, alors que les lumières s’étaient rallumées et que la moitié du public s’était rhabillé. Alors que je m’attends à une gourmandise telle que ‘Fields of Gold’ ou ‘Seven Days’ revisité avec orchestre, il se contente de rejouer ‘Soul Cake’.
Est-ce trop demander que de vivre une chanson qui nous aura bercé tant de fois, ne serait-ce que pour nous remercier de suivre la carrière de l’artiste depuis plus de trente ans ?

*Sting a pris le temps de nous raconter, alors pourquoi pas moi ?
Il s’agit de gâteaux que l’on offrait aux affamés afin qu’ils prient pour les âmes des défunts.

Photo by Lester Cohen/WireImage
Date: 15 décembre 2009

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8 réponses sur « Sting de Noël à la Salle Pleyel »

Effectivement, je ne m’attendais pas du tout à la prestation que nous a offert Sting hier soir. Je n’ai pas trouvé ça mauvais, mais je peux difficilement dire que j’ai été emballé. Quand il a annoncé les berceuses je me suis demandé si on en avait pas déjà eu. Et nous nous sommes fait la même réflexion pour le rappel : pourquoi rejouer un morceau déjà joué pendant le concert alors qu’il aurait pu nous jouer une version classique d’une de ses chansons plus anciennes (je ne comprends pas qu’il n’ai pas profité de l’orchestre pour se faire ce petit plaisir alors qu’il ne s’est jamais privé de faire des arrangements Jazz de ses « hits »).
Bref, j’ai quand même passé un bon moment, j’ai apprécié les morceaux d’inspiration « celtique », l’atmosphère était plutôt « intéressante », mais je pense que ce changement de registre n’est pas pour moi. (Ça me fait penser à la transition de Björk pour Vespertine qui m’avait complètement paumé … :)

C’est tout à fait ça, sans pour autant dire qu’on est déçu, je m’attendais à un peu plus…
Paul McCartney a assumé et joué Ob-La-Di, Ob-La-Da, pourquoi Sting ne pourrait pas nous accorder Every Breath You Take?! [si vous me passez la comparaison]

Personnelement, c’était mon premier concert avec Sting. Je n’ai donc pas de point de comparaison.
j’ai effectiviment pensé au début que cela manquait un peu d’entrain et puis je suis très vite rentrée dans cette ambiance liée à l’hiver, une ambiance de bruits sourds et lointains (l’accoustique de la salle peut-être, la voix de sting, les musiciens desquels on pouvait effectivement attendre plus de passion apparente), étouffés par la neige… J’ai écouté sa musique comme une musique qui venaient de loin (à l’image de Sting qui imite le loup), auxquels on devait s’accrocher pour pouvoir les saisir et les assimiler. Et c’est ce que j’ai apprécié. Pendant tout le concert, j’étais d’ailleurs penchée en avant. Sentir qu’il fallait aller chercher cette musique lointaine, celle des esprits et des fantômes, celle d’un monde invisible auquel il faut s’ouvrir le temps de son concert pour mieux le savourer.

moi avec tout le respect pour l’icone « Sting » , je dirai que j’ai trouve son scenario de fin, avec les rappels ( il a venu trop vit pour chanter , il savais qu’il va faire que 2 morc.) trop « business » a mon avis . Comme il voulai nous dire « tiens , et je m’en vais » , car apres les rappels , ainsi k le public ete encore la …il n’est pas revenu. donc je pense que c’etait un ptit peu « froid » vers le public,…d’acc. je sais , c’est l’hiver :)))

Mon seul point de comparaison, c’était le DVD All this time de son concert le 11 septembre 2001 (il avait pas prévu) dans sa maison de toscane… Et oui encore une fois, c’est l’hiver, mais justement pour moi les pays scandinaves sont plus chaleureux parce que alors qu’il fait froid dehors, on se retrouve et on se réchauffe…
Il aurait pu tout simplement donner un peu plus.

Et encore vous avez de la chance vous l’avez vu?!
En province on reste sur notre faim… sniff, heureusement que ARTE nous a proposé un bout du concert à Durham, ce qui nous a un peu consolé… de loin!

Oui c’est sûr que le voyage plus le prix de la place – c’est un luxe que tout le monde ne peut pas s’offrir… surtout juste avant Noël!

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