Compte rendu des concert de Tryo et La Rue Ketanou à Bercy, Paris - 16.12.2009

Tryo en concert - © Alain G.

Tryo c’est le groupe de reggae acoustique qui nous a fait chanter tout l’été 1998 en réveillant des consciences au passage. En chemin, ils ont choisi d’utiliser leur popularité pour faire passer un message et les albums Grain de Sable (2003) et Ce Que l’On Sème (2008) seront plus engagé. Un Bercy pour un groupe qui a commencé à la MJC de Fresnes c’est pas rien, c’est pourquoi La Rue Kétanou est venue leur prêter main forte.

La Rue Ketanou


La Rue Ketanou donne dans le métissage des cultures : trois musiciens mélangent leurs racines marocaines, portugaises et belges pour jouer de l’accordéon à la sauce tzigane. Avec juste une guitare, une caisse millésimée en guise de percussions et un accordéon, ils réussissent à motiver l’immense salle de Bercy. Mourad nous fait rêver avec ses grands yeux et nous émeut quand il nous raconte l’histoire d’une femme qui chante le fado sur Sao Lucas, Florent fait vibrer son accordéon sur La Fiancée de l’Eau et Olivier nous emmène chez les gitanes sur Almarita. Ils nous enjoignent d’aller profiter des petits cafés-concerts de la capitale pour nous laisser surprendre et glissent des allusion à Face à la Mer.
Ils finissent sur les cigales dans la fourmilière pour nous faire danser et laisse le public lui piquer la réplique sur Les Mots. C’était (trop) court, mais intense… comme toujours ! Au fait, ils ont sorti un album en février : A Contresens.

Tryo

Tryo ne se contente pas d’afficher des banderoles de Greenpeace comme certains groupes engagés, outre le clip sur Copenhague et le réchauffement climatique à la fin de la première partie, ils invitent des militants à poser leur stand dans le POPB pour toucher plus de gens.

Le Boléro de Ravel se fait entendre, tout doucement d’abord, il grossit en intensité, et au moment d’imploser, Tryo arrive… mais pas sur scène, dans les gradins ! Tryo a la folie des grandeurs et le sens du grandiose. Mais pour pallier à la froideur de la salle disproportionnée, ils joueront les premiers morceaux en arpentant une rampe qui fait le tour des gradins, histoire de faire un petit coucou à chacun.

Ils démarrent avec des singles, pour chauffer la salle à bloc. Après ‘G8‘ et ‘Ce Que l’On Sème‘, ‘La Main Verte‘ explose avec les cuivres de la ‘Sexion’, puis Pour un flirt avec la crise nous fait réaliser que plus de 10 ans après, elle est toujours plus forte que nous… C’est sur ‘Mrs Roy‘ que Frédéric Deville fait son apparition au violoncelle (électrique).

Tryo nous présente Pablo Mendez un percussionniste Argentin, et enchaîne sur ‘Dulce de Leche‘, qui, avec le débat sur l’identité nationale, prend tout son sens. A noter que dans une salle aussi grande, les émotions sont multipliées. Pablo et Daniel s’amusent en duo de percussion, puis, après ‘Abdallâh‘, c’est ‘Si la Vie M’a Mis Là‘. Un sans faute, je sens presque le thé à la menthe me chatouiller les narines.

Ils commencent alors à faire débouler les invités : les toulousains Mouss et Hakim (Zebda / Origines Controllées) pour un petit ‘Motivés’ que nous fait jumper jusqu’à l’essoufflement. Arthur H viendra plus tard dans la soirée pour chanter ‘La Lune‘ – mais on sent que c’est à l’arrache, Sally Nyolo vient elle-même chanter avec Guizmo leur chanson ‘Tombé Mal‘, et enfin La Rue Ket’ vient chanter ‘La Rue Ketanou’, mais sûrement la faute à l’euphorie du moment, l’a cappella tourne au grand n’importe quoi.

Bercy se transforme aussi en cirque à certains moments, avec une jeune femme qui s’entortille autour d’une corde pendant ‘Cinq Sens‘, ou ses camarades de la compagnie Fratellini aux tissus. Mali, dans son costume anthracite, oscille entre Monsieur Loyal et Philippe Risoli quand il fait monter une demoiselle de la fosse pour filmer la Batucada accompagnée de danseuses brésiliennes pour foutre le feu à Bercy – malheureusement l’acoustique de la salle ne porte pas les percussions brésiliennes.

Les blagues anti-sarko vont bon train dès que possible, mais culminent (d’un goût douteux) sur ‘Désolé pour Hier Soir‘, avant de finir le concert sur ‘Marcher Droit‘. Ils reviennent, et surprise, le guest des guest : Ayo arrive tout juste de Berlin pour jammer et chanter ‘Life is Real‘. Les briquets (des vrais !) s’allument ensuite sur ‘Serre Moi‘, et après ‘Pomp’Afric‘, on se lâche tous sur ‘Yakamonéyé‘.

Après trois heures de show, ils ont remercié tout le monde, nous sommes en train de réfléchir à comment sortir de cette forteresse, quand ils reviennent pour la der des der : ‘L’Hymne de nos Campagnes‘. Mais ils n’ont pas l’air de vouloir partir, alors ils rappellent tous leurs invités et nous font une choré sur ‘Around the World‘ de Daft Punk ! Tels des vainqueurs de coupe, ils feront un tour du stade pour remercier le public.

Le concert était retransmis en direct sur le site d’Arte.

G8 / Ce Que l’On Sème / La Main Verte / Pour un Flirt avec la Crise / Mrs Roy / Dulce de Leche / Abdallâh / Si la Vie M’a Mis Là / Motivés / Bidonville [Nougaro] / Cinq Sens / Quand les hommes s’ennuient… / Consommez / Jocelyne / La Lune [Arthur H] / Tombé Mal / Sortez-les / La Rue Kétanou [La Rue Ketanou] / Toi et Moi / Désole pour Hier Soir / Marcher Droit
Rappel : Life Is Real [Ayo] / Serre-moi / Pomp’Afric / Yakamonéyé / L’Hymne de nos Campagnes / Around the World [Daft Punk]

Date: 16 décembre 2009