Air et 1973 au Casino de Paris

Dans la file d’attente du Casino de Paris, un constat s’impose. Si la moyenne d’âge du public va de 20 à 55 ans, la constante c’est le look ultra parisien, une pub vivante pour le Comptoir des Cotonniers, Zadig et Voltaire, les mailles et le cachemire. Une ode au gris anthracite et à ses déclinaisons. Une fois cette vérité établie, on peut rentrer.

1973

Le trio parisien 1973, ouvre le bal. Vous avez forcément croisé leurs autocollants omniprésents dans les rues de la capital. Le groupe envoie une pop-folk agrémentée de synthés légers. Si le tout se tient, il est très prévisible et manque considérablement d’âme. Le son a la grâce et la délicatesse d’une jeune fille en fleur du 7ème arrondissement parisien. Et on ne sait pas ce qui est le mieux (ou le pire), lorsque le trio joue ses mélodies faciles ou lorsqu’ils tentent de meubler entre les chansons. Finalement 1973 laisse l’impression d’avoir assisté à un set correct, d’un groupe moyen à un quelconque tremplin.

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Air

Et puis c’est au tour de Air de faire son entrée sur scène, annoncé par un écran en fond de scène, dont ils feront une utilisation syndicale pendant la première partie du concert, sur fond de percussion légère. Le concert s’ouvre comme l’album avec un Do The Joy énergique. Une bonne partie de leur dernier album Love 2 y passe.

Discographie

Sur les morceaux plus doux qui composent la majorité du début du concert, de larges faisceaux de lumières roses balayent la scène et la salle. Et la magie Air opère. Il s’en dégage un charme nostalgique un brin désuet mais toujours charmant. A mesure que le concert avance, le set se fait plus énergique. Sur scène en tout cas, parce que dans la salle, même si on sent le public enthousiaste, il faut observer longtemps pour percevoir quelques têtes se balancer. Quoi qu’il en soit Air est tout aussi efficace lorsqu’il s’agit d’envoyer les basses et de faire sonner les percus. Et toujours, toujours, avec classe.

Évidement, il ne pouvait pas manquer les incontournables. Highschool Lover, annoncé sans paroles puisqu’il manquait Thomas Mars (Phoenix), est largement applaudit. Lorsque sonnent les premières notes de Kelly Watch The Stars, on sent un frémissement dans la salle, quelques têtes téméraires s’agitent. Sexy Boy et les airs de midinette de Jean-Benoit Dunckel, parfaitement jouissifs, finissent de ravir l’assistance. Mais Air ne jouera pas Sing Sang Sung, single de leur dernier album. Le concert se clôturera avec le puissant Be a Bee, étiré de façon délectable.

Ce qu’on aime des concerts de Air, c’est ce qu’on aime de leurs albums. Une classe et une sophistication indéniables. Cette facilité à créer des ambiances quasi oniriques. Une maestria dans les arrangements qui rend leurs concerts très propres, très carrés. On pourrait peut-être regretter qu’il n’y ait pas, en live, un peu plus de lâcher prise, de folie dans les coins. Les deux acolytes sont avares de mots. Les interventions sont réduites au maximum. Et quand Nicolas Godin s’adresse au public, c’est quasiment exclusivement à travers son vocoder. Le moins que l’on puisse dire c’est que ces deux là ne sont pas très funky. Ceci dit, ce n’est pas leur rayon et ce n’est pas non plus ce qu’on leur demande. Ils sont là pour faire de la musique et pas pour raconter leur vie. Leurs morceaux se suffisent à eux-mêmes pour le spectacle. Pas besoin d’en rajouter. Et on ne peut que les en remercier.

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Date : 11 janvier 2010
Photographe
Clic. Clac. Merci Kodak ! Photographe dans les fosses et même un peu au dessus. Sur Lyon et sa région

Discophage et habituée des salles parisiennes, Queen Mafalda donne son avis, surtout si on ne le lui demande pas.
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15 réponses sur « Air et 1973 au Casino de Paris »

pas du tout OK avec le CR … mais alors du tout. Y a vraiment une différence de niveau des compos. Suffit d’entendre Sexy Boy et pan, dans la gueule l’ancien Air. Pis se planter mais lamentablement sur Virgin Suicides BO … pas compris.

Be a Bee n’a pas été joué à la fin … mais en antepenultieme position avant le rappel

Bonnes photos, surtout des 73, c’etait pas facile à réaliser.

Pour Be a Bee, mea culpa.
Pour le reste, pas du tout ok avec le commentaire du CR. J’ai pas senti la plantade sur Virgin suicides, mais j’suis peut être sourde.
Et en ce qui concerne l’inégalité des compos; je concède qu’ Air est peut être plus efficace sur les morceaux plus enervé (encore que c’est certainement une question de gout plus que de qualité à proprement parlé), mais à mon sens, c’n’est pas une histoire de ancien/nouveau Air.
Si tu avais mentionner Kelly Watch The Stars à la place de Sexy Boy… J’aurai peut être été un peu plus d’accord…

y’a carrément eu plantade sur Virgin Suicide! je confirme; et puis ils auraient pu la faire durer celle-ci au lieu de Tropical disease!!
sinon, moi j’en voulais qu’une… c’était Surfin on a Rocket… donc un peu dég’. Mais si c’était le seul reproche que j’avais à faire à ce concert!

Je rejoins la plupart des commentaires postés pour dire que le niveau du concert était plutôt mauvais. Pour ne pas dire d’un ennui profond. Et pourtant diable que j’aime écouter Air (mais dans un bon canap … ou dans l’ascenseur comme Guimauve).

Sinon merci Rod pour le commentaire sur mes photos. J’admets, c’était pas évident pour les deux, 1973 et Air sur ce coup-ci.

Ah pour ma part, je me suis fais chier pendant tout le concert : batteur inutile, intervention vocale kitchs, rythmes basiques, lounge daubique d’un hotel de banlieue oust, ambiance d’ASSEDIC, show aussi visuel que Susan Boyle au Zénith. Tout bon quoi.

C’était la première fois que je me trainais à un concert d’Air. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est pas trop Rock and roll ! c’est vrai que c’est aussi bien d’écouter cela tranquille dans sa chauffeuse Eames ou dans son ascenseur favori.
Enfin, maintenant je sais à quoi cela ressemble en concert. Il a a eu quelques moment sympas, le grand barbu ( nicolas godin ? ) a un bon son de basse et j’ai trouvé la rythmique ( quand il y en avait ) plutôt efficace. belle version de la femme d’argent en rappel.

A part cela, j’ai 2 questions Pour les experts d’air :
1/ quel est le titre du morceau ou le grand barbu sifflotait ( j’arrive pas à retrouver dans ma discothèque ).
2/ sur quels synthés joue l’homme des claviers, j’ai reperé un moog en frontal, mais je ne reconnais pas le modèle et quel était celui sur lequel un gentil monsieur à chapeau venait régulièrement refaire la configuration.

merci pour vos réponses.

J’étais au 2ème concert, hier, donc nous n’avons pas assisté au même show, mais les commentaires semblent suggérer le même manque de pêche.

Il aura fallu compenser la « non funky attitude » des deux compères par un jeu visuel plus intense, une ambiance particulière : exotique ou des ascenceurs sur scene! bref une materialisation des émotions malheuresement tuées dans l’oeuf par la simple vue de JB et Nicolas… J’exagère.. Ils se sont parfois « lachés » (toutes choses égales par ailleurs, c’etait pas iggy pop non plus), la fin sur La Femme d’Argent était tout simplement magnifique, « mind blowing » comme me le disait un suedois qui les a vu en décembre à Stockolm; on aurait préféré que cela soit comme cela tout au long du set.

Je reste néanmoins bluffé par leur capacité à nous sortir des sons magnifiques de ces machines, et les quelques approximations (Talisman) sont là pour nous prouver qu’ils jouent (presque) sans filet, à enchainer moog/fender/vocoder/basse en direct c’est le cas de le dire.. Moins facile que de se concentrer sur une guitare. Dans le même esprit « amateur de vieux instruments electroniques », voir les video d’Etienne Jaumet sur youtube sur lesquelles il présente les différents synthés qu’il utilise. Leur musique « coool » se base qd même sur une bonne grosse basse (Nicolas, au moins 50% des morceaux) qui se confondait parfaitement avec la grosse caisse.

Le Virgin Suicide a bien fait plaisir, How does it make you feel également, j’apprécie Tropical Decease, je n’ai jamais aimé Sexy Boy, et leur dernier album a effectivement été livré dans les grandes largeurs, ce qui était une bonne chose.

La prochaine fois je viendrais avec le vinyl Previsao do Tempo de Marcos Valle pour qu’ils le dédicacent ! (si le show évolue)

Thibault

On était au même concert?
Et puis c’est quand même un peu de ça dont il s’agit avec Air non? Un charme un peu Kitsch et désuet, dans le genre bibelot design poussiereux. On le sait que ni eux ni nous n’allons nous déchainer.
Rythmiques basiques: ok mais je suis pas certaine de comprendre en quoi c’est un critère de mauvaise qualité, musique d’ascenseur: si mon syndic lit ces ligne, il a le droit de foutre du Air dans le mien.

@Cocktail Time : Ne leur apporte pas le disque de Marcos Valle, ils vont te le confisquer. Ils ont trop peur qu’on s’apercoive qu’ils l’ont entièrement pompé !

yes !
Pour fifiBaroud:
1. le titre sifflé est Alpha Beta Gaga (sur talkie walkie)
2. le synthé trituré par « l’homme au chapeau » est un Korg MS20. sinon je crois que le blanc était un fender rhodes

là je ne sais pas !
il est beau d’ailleurs ce rhodes (ou son boitier) tout en blanc laqué

trouvé sur la toile : moog source.
Par ailleurs, pour le rhodes, bien que le son soit très proche il s’agissait en fait d’un wurlitzer.

Pour Cocktail time,
merci, merci, Je n’avais effectivement pas ce morceau dans ma discothèque. Je vais m’empresser de l’acquérir.

Un MS 20 ! c’est ce que je me disais. pour le Rhodes, c’était clair pour moi, ma question portait davantage sur :  » c’est quoi le Moog au dessus du piano Rhodes ? ».

grand merci

Parfait, tout est dit.
C’est vrai que ce Wurlitzer était beau. Pour ma part, je l’ai plutôt vu en blanc pailletté. Il aurait fait bien pour un set de Roxy music, première période.

Les commentaires sont fermés.

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