Surprise en Or de Doherty

Surprise en Or de Doherty
ZiKomAgnes - 19/01/2010

Live report : Peter Doherty @ Flèche d'Or, Paris | 18 janvier 2010
Photo : Peter Doherty @ Flèche d'Or, Paris | 18 janvier 2010

Le weekend a été dur, et lundi matin en se levant, on s’est juré de rentrer direct après le boulot et se coucher tôt. C’était sans compter un concert surprise de Peter Doherty ! Le leader des BabyShambles et ex membre des Libertines est venu nous offrir un florilège de ses compositions à la Flèche d’Or. En première partie de cet évènement : Alan Corbel.

Alan Corbel

Difficile d’apprivoiser un public de fan qui ne recule pas devant plusieurs heures d’attente dans le froid pour voir son idole. Alan Corbel, seul avec sa guitare, ne se laisse pas démonter par ce public déjà échauffé, mais affiche tout de même un petit air amer : des jeunes filles, nous raconte-t-il, sont passées par les fenêtres des loges, mais pas pour lui. Alan arbore au poignet le bracelet de cuir, signe de reconnaissance entre poètes tourmentés. Sa musique est empreinte de son intimité, j’arrive presque à m’imaginer la demoiselle qui lui a volé son sourire. Je note une jolie reprise de ‘Untitled N°1‘ de Spain au passage.
Le choix de cette première partie reflète l’envie de Peter Doherty de s’imposer en tant que songwritter comme son dernier album Grace/Wastelands l’indique.

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Peter Doherty

Alors que l’horloge indique encore et toujours 20h30, les premiers signes de fatigue se font sentir – va-t-il seulement venir, comme ne cessait de le répéter le dubitatif Alan Corbel ? Même la programmation d’un titre des Are We Brothers? ne me motive pas ! On aperçoit le tour manager venant déposer une bouteille de vin sur un des amplis, c’est de bonne augure pour la suite.

Peter Doherty arrive clope au bec, bien décontracté, ne titubant que légèrement. Il attrape sa guitare, donne sa cigarette à une main tendue et entonne ‘Can’t Stand Me Now’, la chanson phare de sa (trop) courte période des Libertines. Il enchaîne ensuite des chansons des Babyshambles pour lancer l’ambiance avant de partir sur ‘Arcady‘, une chanson de son dernier album.

Nous aurons donc droit à l’intégrale de Peter Doherty. Les différents styles sont assez faciles à reconnaître au niveau du public : les fans du premier rang s’animent à réciter par cœur les paroles de Grace / Wastelands, dansent quand il s’agit des Babyshambles, mais ce sont ceux au fond qui sautent au son des Libertines et reprennent les refrains en chœur.

Peter Doherty ne communique pas vraiment avec le public, c’est le public qui communique avec lui. Ils lui envoient foulard, drapeau, petits mots pliés (comme en classe), et même un livre (!) Il s’arrête entre deux chansons pour signer un autographe ici et là, prend note des demandes de chanson et répond ‘I love you too’ toujours très poliment. On sent vraiment qu’il est venu pour renouer avec son public, et se faire plaisir avec une petite soirée improvisée entre amis. Un bain d’adulation ça doit aider contre la déprime hivernale.

Si Peter Doherty a un talent d’écriture indéniable, je suis moins sûre de ses capacités vocales : au sein des Babyshambles il est couvert par les guitares, mais ici, seul avec sa guitare le résultat s’approche plus du cri que du chant. Il aurait pu aussi essayer des arrangements pour s’accompagner au lieu de se contenter des riffs de guitares. Les meilleures en acoustiques resteront donc les chansons extraites de son dernier album pour lequel il n’a pas eu besoin de changer une note.

Il y en a pour tous les goûts, mais il alternera surtout entre les titres des Libertines et des Babyshambles. Il a sûrement soupé de son dernier album après sa tournée qui s’est finie en octobre dernier. Au Zénith, il était entouré d’un groupe au complet, avec un quatuor de cordes, il doit prendre son pied à être si proche de son public. D’ailleurs, il ne montre aucun signe de départ, il en fait même durer certaines, comme la fameuse ‘Fuck Forever‘.

Si certains sont venus par curiosité (après tout, c’est pas tous les jours un concert de Peter Doherty à 8€), d’autres ont attendu jusque 23h30 pour entrer, à guetter les curieux lassés de la performance. Pour la petite histoire, son staff lui aurait demandé de rajouter deux chansons pour les derniers arrivants. Il aura joué plus d’une heure et demie en tout. Belle preuve d’amour pour son public.

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Setlist : Can’t Stand Me Now / There She Goes / Delivery / Beg Steal And Borrow / For Lovers / Arcady / Time For Heroes / Pipey Magraw / You Talk / Un Bilo Titled / What A Waste / Baddies Boogie / Music When the Lights Go Out / Bucket Shop / Salome / Sheepskin Tearaway / What Katie Did / Fuck Forever / Albion / You’re My Waterloo / Hooligans on E / Carry On Up the Morning / Last of the English Roses / New Love Grows on Tree / I Love You (But You’re Green)

Date : 18 janvier 2010
Photographe : Alain G.
Réponses
  1. top cette surprise et il parait aussi qu’il y a un livre qui sort en france en février sur la vie intime d’amy winehouse!!

  2. Superbes photos (la grande classe, Alain, bravo !) , belle chronique.

    Tout ceci, fans hysteriques pour concert approximatif, me conforte malheureusement dans mon opinion : Doherty, petit homme fort malade et fort surestimé… Le songwriting est probablement là, le reste vient tout de même souvent à manquer.

    Et si la magie de Doherty se résume à être présent lorsqu’on l’attend (longtemps), alors il confirme son statut de rock star, mais pas celui d’artiste.

    Problème : si Doherty se soigne, il est probable que le reste sera là mais que le songwriting va disparaitre (haaa ce terrible rapport entre substances illicites et création musicale).

    J’ai aimé les Libertines, beaucoup. J’ai plus de mal avec les « exhibitions » de Doherty solo (ce coté « regardez le bien, il est encore vivant »), être humain attachant et souffrant, artiste en difficulté permanente.

    C’est que le Doherty en roue libre me laisse froid, lui. Et l’on songe à Gainsbourg sur ses dernières années. « Arretez d’exhiber cet homme et laisser le mourir tranquile » en disait Desproge… Pas faux.

    Ce qui n’enlève rien au talent potentiel du bonhomme.

    Maintenant, vous pouvez m’insulter ! ;)

  3. Je sais, je sais… Je ne dis pas que le concert était chiant d’ailleurs, je me permettrais pas j’y étais pas…

    Non, c’est juste que j’ai du mal avec le « phénomène Doherty ». Un autre artiste ferait les mêmes choses dans l’indifférence générale, quasi. Et les raisons pour lesquelles Doherty existe en tant qu’artiste me chatouillent. Pas lui, hein, pauvre bonhomme, mais ce culte de l’artiste imprévisible etc , tu vois ? Ok pour tout ça, mais ce mec est avant tout malade et grave addict, sa musique et ses prestations s’en ressentent. Ca introduit un bien qui ne me met pas à l’aise.

    Reste les photos, sublimes, vraiment (et la chronique d’Agnes, parce que c’est pas simple de chroniquer ça)

  4. Jeremie, j’ai vraiment rien contre P. Doherty, loin de là, je trouve le bonhomme plutôt sympa et, comme le soulignait Alain, doté d’un sacré charisme tout de même. Bon, j’ai du mal sur sa carrière post Libertines, vraiment.

    Mais j’ai surtout du mal avec le « marketing Doherty ». C’est justement ce « tapage » qui me fait de la peine, parce qu’au milieu, y’a un bonhomme, qui certes, en joue, mais qui n’a surtout plus vraiment le choix… Reste que si le concert d’hier était bon, tant mieux. Mais ce qui me ferait plaisir, c’est un vrai bon album de Doherty sous pseudo total, sans ce biais permanent dans le jugement. Là oui :)

  5. Bien que j’ai passé l’age des midinettes, je trouve que tu es dur avec lui, je me suis tapé des centaines de concerts bien plus chiants, au moins sur scène il a un charme certain.

  6. @Olivier : Je comprends que le côté « artiste imprévisible » puisse t’agacer, mais il faut reconnaître un vrai talent au bonhomme ! Les deux albums des Babyshambles sont vraiment très bons, et son album solo est pas mal du tout je trouve.
    Donc oui, son côté trash attire les médias qui cherchent ce genre de news à relayer, et Pete en joue. Et justement les médias s’acharnent un peu du genre « profitons-en tant qu’il est vivant », c’est pitoyable je trouve, à commencer par les tabloïds anglais qui se lèchent les babines avec ce genre de news.
    Maintenant, tu prends un autre artiste qui remplit des Zénith mais qui n’est pas connoté « addict », bizarrement tu verras vachement moins de tapage autour de lui, en tous cas en France.

  7. « un autre artiste qui remplit des Zénith »
    Un autre ? Doherty remplit des Zénith ? Pas la dernière fois qu’il est venu à Paris en tout cas…

  8. J’étais pas à son dernier Zénith, mais lui pour une fois était là. Donc mea culpa si le Zénith était vide (dans un autre genre, comme Morrissey en octobre, petit zénith pas du tout rempli)

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