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Local Natives @ Black Session pour France Inter

Local Natives @ Black Session pour France Inter - 18 janvier 2010

Passés trop vite en octobre à la Maroquinerie entre Peter, Bjorn & John, les Local Natives étaient de retour en France pour une Black Session dans les locaux de France Inter dont Bernard Lenoir a le secret. Alors que leur premier album, Gorilla Manor, vient de sortir et qu’ils seront à la Maroquinerie (décidément) le 17 février, petit aperçu de ce qui vous y attend…

Local Natives

Local Natives, ça fait un petit moment qu’on en entend parler… d’abord un titre, Sun Hands puis deux, Warning Sign puis un EP Camera Talk, bref autant dire que je n’avais qu’une très vague idée d’à quoi m’attendre ce soir. La claque allait donc être d’autant plus inattendue…

Ce sont donc cinq branleurs (annoncés tels quels) californiens qui prennent place dans l’enceinte du studio 105.
Premier constat : un chanteur à moustache et santiags… ça vaut le coup d’oeil !
Deuxième constat : le son est apparemment calibré pour profiter aux spectateurs du milieu de la salle ; étant arrivé ni avant, ni après mais bien à côté de l’horaire prévu, je me retrouve donc sur le côté, dommage pour moi.
Pour autant, ce léger désagrément ne va pas m’empêcher d’assister à une véritable épiphanie (sans la galette bien entendu).

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’harmonie vocale qui règne entre les quatre membres de l’avant scène (le batteur ne chante pas, lui). On se rend vite compte qu’il n’y a pas de chanteur leader, mais bel et bien quatre vocalistes mis quasiment à égalité devant l’exercice : des superpositions vertigineuses mais jamais hasardeuses de voix qui s’entremêlent subtilement pour créer une mélodie à plusieurs étages.

Tout le monde chante donc, mais aussi tout le monde joue, et de tout ! Ce qui donne lieu à une chaise musicale instrumentale : hormis la batterie (et encore, on se demande ce qui les retient), aucun instrument n’a de propriétaire attitré, voilà donc un groupe collectiviste (je n’ai pas dit communiste, attention), adepte de l’échangisme musical. Le guitariste se retrouve donc pianiste, le bassiste échange son manche contre celui de son voisin, qui, lui, attrape deux baguettes pour s’occuper de la caisse claire…un ensemble de bras, de jambes et de voix appartenant à une seule et même entité sonore.

Côté son, la double base rythmique (set batterie + caisse claire à disposition des autres musiciens) impulse une puissance de chaque instant, qui se double d’un sens aigu de la mélodie. Mention toute particulière à notre ami à la chemise à carreaux, capable de gérer à la fois, sa voix, la caisse claire, et un synthé !
La base basse se fait douce mais appuyée, souvent en arpège d’ailleurs, de même que la ligne guitare, formant un tout ultra dynamique mais jamais agressif.

Il y a chez ces gars-là quelque chose de terriblement blues, un rappel constant de l’attachement à la terre et aux racines, mais aussi une authenticité et une countricité du son que l’on ne retrouve généralement que dans le folk (des Fleet Foxes popisés).
Il ne suffit que de quelques chansons pour se laisser prendre au jeu d’une poétique de tout ce qui s’envole: la puissante base rythmique sert d’élément de décollage, puis les riffs de guitare et les harmonies poussent au vent. Un pissenlit, arraché à sa terre d’un coup sec, puis trimballé aux vents, pistil en tête, vers de lointains possibles.

La voix n’est que très rarement seule, tout s’entremêle, les rôles s’échangent, chacun se meut dans les pas de l’autre dans une synergie et une harmonie sans faille, sans heurts ni dissonances; une poésie de l’accompagnement, du soutien et de la communion de cinq branleurs qui se connaissent par coeur.

Le public ne s’y trompe pas et, prenant le groupe au dépourvu, réclame un rappel jusqu’à que ceux-ci s’exécutent, touchés et obligés pour le coup de rejouer un de leurs morceaux, ayant épuisé le stock avec le set principal.

Quant à moi, je sais où je serai le 17 février…

Date : 18 janvier 2010
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