Jimi Hendrix – Valleys of Neptune

Jimi Hendrix - Valleys of Neptun Certes c’est surprenant que d’être invité à une écoute du ‘dernier’ Jimi Hendrix, et pour le moins suspicieux étant donné que 2010 marque les quarante ans de sa disparition. Depuis que Jimi a abruptement rejoint le panthéon des Guitar Hero, il ne nous a jamais vraiment quittés puisque nous avons été inondés de live et de ré-éditions… alors que sa discographie se résume à trois albums studios !

Jimi Hendrix : Valleys of Neptune

Qui suis-je pour chroniquer un album de Jimi Hendrix ? On parle d’une légende du rock ici ! Mais la curiosité est trop forte : j’associe Hendrix à mes premiers pas dans le rock, je me souviens encore avec émotion la première fois que j’ai joué ‘The Wind Cries Mary‘ (d’accord, c’était à la batterie, mais bon).

Je me retrouve seule dans une immense salle de conférence – les autres journalistes n’ont pas osé braver les éléments et outrepasser le périphérique pour rejoindre les locaux de Sony. Je suis seule avec Jimi pour une heure entière : je vais m’en prendre plein les oreilles.

Sur les premières chansons, j’essaye de discerner si les plages sont des contrefaçons – après tout, avec les technologies d’aujourd’hui il suffit d’une phrase pour recréer une chanson… mais en même temps, je ne suis pas ingénieur du son, donc je n’ai pas les compétences pour discerner quoi que ce soit.

Après ‘Stone Free’, que l’on connaît déjà bien, ‘Valleys of Neptune’, le single de l’album, un peu moins rythmique, s’élève. Mais je ne me sens pas enveloppée par sa musique comme c’est naturellement le cas, et sa guitare est discrète, ce qui est inhabituel. ‘Bleeding Heart’ part, et de même je sens un Jimi hésitant, cherchant à poser sa voix. Sur cette reprise d’Elmore James, la basse est entêtante, au point d’éluder le solo de guitare…

C’est sur ‘Hear my Train a-comin‘ que je sens enfin la puissance de Jimi ! Les plus érudits la connaissent déjà du Jimi Hendrix Experience. Le livret explique que la version sortie sur Midnight Lightning n’est pas à la hauteur, et que la vraie version est celle présentée sur Valleys of Neptune. Tout ce que je sais c’est que je l’ai trouvée furieusement présente ! J’ai ressenti comme un duel entre la basse et la guitare, avec la batterie qui trépigne derrière. Puis la batterie s’emballe et poursuit la guitare pour se retrouver épuisés après la cavalcade. Un vrai plaisir !

Mr Bad Luck‘ est une composition originale d’Hendrix, du temps où il jouait encore dans les petits bars de Greenwich Village ; elle m’a fait l’effet d’un Easy Rider. Puis, une intro très familière se fait entendre, puisque c’est une reprise de ‘Sunshine of Your Love‘ de Cream. En fait, ça sonne surtout comme un riff qu’il aurait repris comme base pour un bœuf: on a presque l’impression d’assister à une scène de studio.

Le titre ‘Lover Man‘ est quant à lui une adaptation de ‘Rock Me Baby‘ de BB King. Puis ‘Ships Passing Through The Night‘ passe pour un exercice pour se délier les doigts en début de répète. Bien entendu, ce qu’il fait tout en dégustant un café et sa première clope de la journée, beaucoup s’y feront saigner les doigts, mais ça fait aussi partie de la légende.

On repart sur un terrain plus que connu avec ‘Fire‘, pour arriver au plat de résistance : ‘Red House‘. Comme c’est ma préférée, je prends un pied total sur les 8 minutes 20 que dure cette version. Elle est plus lente, encore plus chaude, le doigté est plus délicat, sa voix est plus langoureuse, on ressent un réel dialogue entre Jimi et sa guitare… Un pur régal !

Lullaby for the Summer‘ est la chanson originale de cet album : apparemment, la prise aurait été égarée pendant 30 ans, on vient de retomber dessus lors d’un ménage de printemps, incroyable, non ? Sur cette piste, comme sur la suivante, ‘Crying Blue Rain‘, on sent les prémices d’une chanson, mais pas de chant – donc dans un sens, ça pourrait être n’importe qui, non ?

Tracklist :
1 Stone Free
2 Valleys Of Neptune
3 Bleeding Heart
4 Hear my Train a-comin’
5 Mr. Bad Luck
6 Sunshine Of Your Love
7 Lover Man
8 Ships Passing Through The Night
9 Fire
10 Red House
11 Lullaby For The Summer
12 Crying Blue Rain

Plus dans Chroniques d'albums

Jana Horn – Optimism

Jana Horn – Optimism

On avait découvert cette voix sublime avec une invitation, Go on / Move your body. On avait évoqué Duras en écoutant la première fois son formidable Optimism. On revient sur ce disque qui depuis ne quitte plus nos oreilles et notre cœur de midinette.
Blondino

Blondino – Un paradis pour moi

Blondino fait partie de ces artistes pour lesquels la définition serait à chaque fois imparfaite, trop vague, une suggestion. Ou alors une tentative. Avec juste quelques balises, posées, lancées plutôt, vers de vagues extrémités, histoire d’en conserver l’ampleur.
Limiñanas / Garnier - De Pelicula

The Limiñanas / Laurent Garnier – De Película

Qu’est-ce qui ressemble à un disque des Jesus and Mary Chain ? Un disque des Jesus and Mary Chain. Qu’est-ce qui ressemble à un disque des The Limiñanas ? Un disque des The Limiñanas Avec De Película, les The Limiñanas signent un pacte avec Laurent Garnier et quitte les rivières pourpres de Shadow People pour […]
H- Burns -Burns The Wire

H-Burns – Burns on the Wire

H-Burns décide de prendre tous les risques et quitte l’Amérique de Jason Molina et de Rob Schnapf pour le Canada du Perdant Magnifique.