Chronique CD : Quasi - American GongCe 8ème album s’accompagne de changement pour Quasi. D’abord, le groupe passe du label Touch and Go de Chicago à Kill Rock Stars, de Portland. Et puis ce duo (Sam coomes et Janet Weiss), surtout connu pour avoir été le backing band d’Elliott Smith, est maintenant un trio pour la première fois de son histoire puisqu’il s’est alloué les services de la bassiste Joanna Bolme (qui a elle aussi bossé avec Elliott Smith, une histoire de famille en somme).

Quasi – American Gong

Avec l’arrivée de Bolme au sein de la formation, le son Quasi change un brin. Les claviers qu’ils utilisaient à foison sur leurs précédents opus et qui étaient en quelque sorte la marque de fabrique du groupe de Portland, se font plus discrets sur American Gong.

Les Quasi sont en général des habitués des digressions instrumentales de bon goût, sur American Gong, ils y retournent pour notre plus grand plaisir. Le pont de Bye Bye BlackBird est halluciné et limite psyché. On aurait aimé que le passage instru de Jig it up dure plus longtemps, tant le reste du morceau à la guitare acoustique est d’un intérêt tout relatif. De celui de Black Dogs and Bubbles se dégage une atmosphère apocalyptique revigorante (si si).
Les morceaux les plus réussis sont ceux qui réutilisent les vieilles recettes de Quasi : Death is not the end et son clavier omniprésent ou Rockabilly party, la bien nommée, où Coomes et Weiss nous disent avec légèreté et bonne humeur « I’m never coming back » à la façon de You fucked yourself (sur Featuring Birds).
L’album termine avec Laisser les bons temps rouller (comme ça avec deux l), premier extrait d’American Gong. Mauvaise idée, sur ce morceau certainement le moins réussi de l’album, la voix geignarde de Coomes qui répète inlassablement « laisser les bons temps woulléééé », risque d’en irriter plus d’un.

American Gong laisse augurer des improvisations live qu’on pourra entendre si Quasi se décide à gratifier le public français d’un concert en 2010. Les dates de leur tournée européenne sont d’ailleurs sur le point d’être annoncées.

Sortie : 22 février 2010

Discophage et habituée des salles parisiennes, Queen Mafalda donne son avis, surtout si on ne le lui demande pas.

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