Tunng – … And Then We Saw Land

Tunng – … And Then We Saw Land
ZiKomAgnes 25/02/2010

Tunng - And then we saw land
Il semblerait que Tunng soient des adeptes de l’héliothérapie et que les saisons influent grandement sur leur humeur parce que chaque chanson semble se référer à une saison, tout se construit autour de la pluie et du beau temps. Par là je ne veux pas dire qu’ils n’ont rien à dire, au contraire, les paroles sont souvent contradictoires avec le sentiment de la chanson. Ce paradoxe intrigue, donne envie d’aller chercher plus loin. Un quatrième album très pop-folk, très abordable, très rafraichissant!

Tunng : …And Then We Saw Land

Hustle’ me laisse perplexe : on se sent sur des routes de campagne, on pourrait penser qu’ils veulent bêtement s’évader de la ville, mais les paroles indiquent qu’ils veulent fuir les pensées positives… je n’arrive pas trop à les suivre sur ce chemin là, puisque la chanson est elle-même chargée de pensées positives… cherchent-ils à sortir de la chanson ?

Sur ‘It Breaks’, la voix de Becky Jacobs se fait fragile. Tout paraît fait main, cette chanson respire l’authenticité ; je les vois presque dans la cuisine, le tablier plein de farine… quand soudain on entend un phare sonner la disparition de la personne pour laquelle la tarte était en train de refroidir sur le bord de la fenêtre… et la chanson reprend plus forte, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Sur ‘The Roadside’ on entend les gouttes d’eau s’écraser une à une contre les carreaux de la fenêtre, mais c’est une pluie d’été, celle qui rafraichit… C’est comme un jeu de cache cache dans l’herbe mouillée, mais ce jeu n’est pas innocent, entre les soupires langoureux et le fait qu’on doive plonger nu dans la rivière, il se jouera de préférence entre amants… mais encore les paroles partent dans l’autre sens : il fait froid et on est congelé de froid même si la voix se fait rassurante, il ne faut pas s’inquiéter.

La respiration sur ‘Autumn‘ me fait penser à un assistant respiratoire dans un hopital… ‘Sashimi’ m’invite dans un de ces restaurant en contreplaqué, on a perdu l’authenticité de la campagne pour rejoindre le plastique environnant de la cité. ‘With Whiskey’: j’entends une machine à écrire, je vois un cendrier se remplir, on est dimanche soir, la pluie tombe encore sur les carreaux, mais cette fois ci, la pluie reflètent les larmes qui coulent sur mes joues à la pensée d’un amour trop éloigné. « Turn all the lights, hold the blanket tighter » préconisent-ils, ainsi pourrons-nous tenir jusqu’à la prochaine éclaircie ?

By Dusk We Were In the City’ m’emmène au cœur de broadway et j’ai l’impression que le buzz de la ville ne m’atteint pas, enveloppée que je suis par l’harmonica. ‘These Winds’ a un petit côté irlandais, un petit côté je suis en haut d’une falaise… la pluie est à nouveau présente, mais comme les islandais ont 39 termes pour désigner la neige, les irlandais ont 36 types de pluie différentes… ca me donne envie de relire Les Cendres d’Angela.

Santiago’ nous transporte dans un aéroport, avec ce goût de départ en vacances, l’insouciance est de mise ; pourtant un petit goût de plastique dans la bouche – sont-ce des regrets que je sens là ? Enfin, en parlant de vacances, ‘Weekend Away’ clôt l’album, cette parenthèse dans la routine : l’écran grésille, on en a bien besoin, on était sur le point d’exploser.

Le clip de ‘Hustle‘ :

Setlist de And Then We Saw Land – à paraître le 1er mars.
1. Hustle
2. It Breaks
3. Don’t Look Down or Back
4. The Roadside
5. October
6. Sashimi
7. With Wiskey
8. By Dusk They Were in the City
9. These Winds
10. Santiago
11. Weekend Away

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