Évidemment, le Café de la Danse est sold out. Other Lives a sorti l’année dernière Tamer Animals, un album unanimement salué. Ce soir c’est un public très éclectique et probablement déjà acquis à la cause Other Lives qui vient écouter le groupe.

The Magnetic North

Tout le monde est assis quand Magnetic North entre sur scène et se fraye un espace entre la multitude d’instruments déjà en place. The Magnetic North ce sont des mélodies aux sonorités esthético – médiéval relevé de touches saturées et électro. Les filles sont en robes longues, un récit en lettres gotiques sur le mur. L’ambiance est en place. C’est bien ficelé et pas mauvais. Mais le tout peine à exciter. Sauf peut être durant les morceaux où une boite à rythme vient relevé le tout.

Other Lives

Other Lives, tout en cheveux, barbes, gilet de rigueur et t-shirt un peu pourri arrive sur scène. La moitié de la salle se lève. Évidemment, ceux qui se trouvent sur les gradins rouspètent et soufflent d’agacement. Le set débute avec les deux premiers titres de l’album. Une multitude d’instruments sont sur scène, une ribambelle de claviers, percus de tous poils, trompettes, guitares, xylophone… C’est que les mélodies d’Other Lives ne jouent pas avec le silence. C’est plutôt avec les tensions, les montés en puissance que le groupe s’amuse. Jusqu’à déployer un style qu’on peut presque qualifier de folk progressif. Parce que la force d’Other Lives c’est ce dosage constant de puissance et de douceur. Douceur des mélodies et des voix tout en harmonie et la puissance des arrangements, set des percussions ; qui même visuellement font le spectacle, lorsqu’on voit le batteur et le percussionniste agiter les bras dans un rythme parfaitement en place. On saluera également la qualité et la clarté du son qui laisseront apparaître sans entrave toutes les strates sonores.
Le set d’Other Lives est fidèle à l’album. Si on ne se sent pas dépaysé, on aurait peut être pu apprécier un peu de folie et de lâché prise, on sait qu’ils sont capable de créer des ambiances sonores : western un peu funèbre, folk atmosphérique… Mais quoi qu’il en soit, le public est conquis. Les têtes dodelinent, les mains frappent la mesure. Le sublime single For 12, le noir Dust Bowl III, le lumineux Tamer Animals, font se soulever la salle qui répond à chaque coup de percus délicieux avec une jouissance non dissimulée.

Pour les rappels, le chanteur revient seul en scène pour un morceau piano voix. Juste beau. Point. Pas besoin d’en faire des tonnes. Other Lives fonctionne aussi dans le dénuement. Et une reprise du Partisan de Leonard Cohen qui rivalise sans peine avec celle de 16 horsepower et Noir Désir. Other Lives ne fait pas le show. Le groupe laisse sa musique faire tout le boulot et il a raison. Other Lives crée une ambiance chaleureuse avec des interventions parcimonieuses et naturelles.
La salle en redemande à coups d’applaudissements très appuyés. Mais cette fois c’est vraiment la fin. La lumière se rallume, un punk un peu hors propos sort des enceintes et à en croire par la quantité de spectateurs qui sort avec le vinyle sous le bras, le concert a été une réelle réussite.

Discophage et habituée des salles parisiennes, Queen Mafalda donne son avis, surtout si on ne le lui demande pas.
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