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Bill Ryder-Jones et ses douces tribulations

photo © Sophie Jarry

« Bill Ryder-Jones ne participera pas à la tournée européenne des Coral » pouvait-on lire dans les news du regretté Cyril Deluermoz de Rock’n’folk il y a quelques années. Peut être la tournée de Magic & Medecine. Qu’importe. Mais c’est la première fois que son nom ressortait dans la presse. Comment est-ce possible ? Ce type a tout le monde et surtout Noel Gallagher à ses pieds et le voilà mal en point ? Foutre Dieu.

Et puis la porte des Coraux se referma. Et s’ouvra de nouveau, une dernière fois, pour Roots & Echoes. Ryder-Jones en fit les arrangements. La presse se chargea des éloges.
Chant du cygne, Roots & Echoes fut le dernier moment du sombre héros avec les Coraux.
Le voilà en 2013 en tant que producteur (By the sea), découvreur (Anna Calvi) et auteur : A Bad Wind Blows In My Heart, son deuxième disque, sort le 08 avril prochain.

Interview avec le Kid et images de la photographe Sophie Jarry.

Bill Ryder-Jones

En 2013, Bill Ryder-Jones débarque dans les bacs seul. Pas de groupe, pas d’hommage à un écrivain et pas d’Alex Turner pour se cacher. Bas les masques Ryder-Jones!
A Bad Wind Blows in My Heart montre donc un type qui se livre complètement. Dans la forme pour le moins.
Aucun ornement, zéro fioriture, c’est le disque casse-gueule par nature. Quelques chansons couchées sur le papier, enregistrées dans la pénombre d’une chambre d’adolescent.
Le Scouser s’en tire à merveille. De par les arrangements (Anthony & Owen décroche la première place), de par les compositions (Christina That’s The Saddest Thing et la montée de Wild Swans) et de par la voix (tous les morceaux, comme ça c’est plus simple…). Onze moments de vie. Communs et cruciaux.

On entend déjà les reproches. Le disque est monotone. Oui et ?
Un vrai disque du dimanche matin ou du samedi soir pluvieux. A ranger précieusement entre le premier Velvet Underground et Born in the UK de Badly Drawn Boy.

Bill Ryder – Jones – He Took You In His Arms

Pourquoi as-tu enregistré ce disque dans ta chambre de la maison de ta mère à Liverpool ?

Quand j’ai quitté le groupe, j’ai mis tout mon matériel chez elle car ma maison est trop petite. J’y ai enregistré quelques démos et j’ai adoré le son. Je pense qu’avoir été dans cette maison a aidé.
Et puis j’y ai grandi et comme tout l’album parle de ma vie, c’était le lieu parfait pour l’enregistrer.

Quel rôle a joué James Ford ? Comment l’as-tu rencontré ?

James a mixé l’album. Son rôle a été de diminuer l’aspect « enregistrement de chambre » des chansons tout en en conservant l’essence.
J’avais déjà croisé James pas mal de fois avant mais j’ai appris à le connaître sur la bande son de « The Submarine ». Voir comme lui et Alex (Turner des Arctic Monkeys) produisaient des chansons a été une révélation. Ce moment m’a beaucoup aidé pour réaliser ce disque.

Quand as-tu écrit « He took you in his arms » ?

Je ne sais plus vraiment. J’ai écrit trois ou quatre pistes pendant une période calme. C’est difficile de se rappeler du moment exact.

Cette chanson est ton premier single. En quoi est-elle différente de ton travail sur « If » ?

Une seule réponse : c’est ce que je voulais. Ce morceau est un lien entre les deux disques.

« If » était un hommage à l’écrivain italien Italo Calvino. Quels auteurs ont compté cette fois-ci ?

Pas directement. Ce disque parle de ma vie personnelle et d’évènements réels. Si des auteurs ont compté, c’est que la lecture de leurs livres permet de te comprendre un peu plus.

Le piano semble avoir joué un grand rôle concernant ce disque. Il apparaît sur la pochette de A Bad Wind Blows In My Heart. Tu as une préférence pour quel instrument ? Guitare ou piano ?

C’est difficile de répondre. J’aime jouer des deux, tu vois, mais la grande majorité des compositions de cet album a été faite sur mon piano.

Tu nous expliques la présence des types de By the sea ?

Liam et Andy venaient faire un coucou et boire des cafés. Je leur ai demandé de jouer sur quelques chansons. Nous sommes amis depuis longtemps. Ils comprennent vraiment ma conception de la musique.

Bill Ryder-Jones (photo © Sophie Jarry)
Bill Ryder-Jones (photo © Sophie Jarry)

TOP 10

1) Le meilleur album de 2013 ? Le pire ?

Honnêtement, aucune idée.

2) La meilleure salle de concert ?

J’aime beaucoup le LEAF à liverpool

3) Votre disque honteux ?

Aucun

4) Euros Child ou John Lennon ?

Euros

5) Le refrain ultime ?

Heywood Lane

6) Si tu devais créer un festival, quel nom lui donnerais-tu ? Qui seraient tes invités ?

Bills festival avec By the sea, Rachel Zeffira, Anna Calvi, The Horrors, Lykki Li et Grimes.

7) Le producteur de tes rêves ?

Moi

8) France ou Angleterre ?

J’aime la France mais je suis vraiment très anglais.

9) Everton FC ou Liverpool FC ?

Everton.

10) Definitely Maybe ou Be here now ?

Definitely Maybe.

Merci à Sophie Jarrysophiejarry.daportfolio.com

Pouet? Tsoin. Évidemment.
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