Daniel Knox on Heaven’s Door

La musique de Daniel Knox est tellement singulière qu'elle a réussi l'exploit de passer sous tous les radars des sites dédiés à la musique respectable et de bon aloi. La grande majorité des rédactions de bonne compagnie ont oublié ce garçon. Il faut dire que ce natif de l'Illinois ne fait pas les choses comme tout le monde. Alors qu'il pourrait verser dans de la pop bien tranquille qui conviendrait à Papa ET à Maman, Knox a décidé d'écrire des chansons qui mêlent un coté très collet-monté et une approche extrêmement sensible. Le tout avec une voix de baryton. On a fait plus vendeur...


Photographe à temps complet, projectionniste de cinéma à mi-temps, Daniel Knox trouve encore le temps de publier des disques et de faire des tournées en Europe. Cet été, le Vieux Continent a enfin accueilli ce yankee comme il se devait. Les dates au Portugal et en Allemagne ont été un franc succès. Le début peut être d’une reconnaissance bien méritée !

Springfield, la ville de ton enfance, a été la principale source d’inspiration de ton dernier disque. Tu as aimé ton enfance ?

Daniel Knox : Je l’aime plus qu’auparavant. Et au final, elle m’a inspiré plus que je ne pensais.

Springfield est un endroit qui est assez petit pour se sentir piégé mais qui est assez grand pour se perdre. J’y retourne plusieurs fois par an. A chaque fois, un morceau de la ville que je connaissais a disparu. Je n’ai pas un jugement objectif sur cette ville.
Ce qui lui arrive est la même chose que le cycle animal de la vie: elle vit, elle meurt, elle se désintègre et elle renaît.

Par contre je regrette énormément les souvenirs indistincts des lieux dans le temps comme faire la queue dans une cafétéria dans le centre commercial, tenir la main d’un adulte quand une voiture passe dans un parking ou tout simplement se remémorer la taille d’un endroit. Il était grand? Petit?
Faire un disque autobiographique ne m’intéresse pas. Par contre dresser un monument à tous ces sentiments est très excitant.

Daniel Knox – Don’t Touch Me

Qui est David Charmichael ?

Daniel Knox : C’était et c’est toujours mon ami invisible.

Quelle est ton éducation musicale ?

Daniel Knox : Je finis toujours par être soit trop fier soit trop modeste quand je réponds à cette question.
Je n’ai reçu aucune éducation de ce coté là, je me suis fait tout seul. Sur moi ça a fonctionné… Je ne suis pas sûr que cela fonctionne pour les autres.
Mais je suis toujours en train d’apprendre.

Et l’apprentissage du piano ?

Daniel Knox : Je me suis faufilé dans les salles de bal et les halls d’hôtel dans la nuit et j’ai joué jusqu’à ce qu’ils me foutent dehors… Ou m’engagent.

Comment écris-tu tes chansons ?

Daniel Knox : Souvent on part d’une phrase, suivie de beaucoup de travail pour lui donner un bel environnement pour qu’elle s’épanouisse.

Daniel Knox

Tu nous expliques le sens que nous devons donner à la pochette de ton dernier disque ?

Daniel Knox : La pochette a été peinte par Gregory Jacobsen, un artiste que j’admire énormément. Je lui suis extrêmement reconnaissant.

Pourquoi avoir choisi Blue Car comme premier single ?

Daniel Knox : Car c’est ma préférée ! C’est aussi la chanson qui ressemble le moins à celles d’Evryman For Himself, mon précédent disque.

Daniel Knox – Blue Car

Tu apprécies ta tournée européenne ? Tout se passe bien ?

Daniel Knox : Tout va bien. Je vois la plupart de ces lieux pour la première fois et je prends beaucoup de photographies que je diffuse via mon compte Instaggram.

Comment as-tu rencontré les gens du label Carrot Top Records ?

Daniel Knox : Ils sont venus me voir après ma tournée avec The Handsome Family. On partage le même batteur, un type fantastique, Jason Toth.
J’adore Carrot Top Records. Ils sont toujours positifs et encouragent toujours mes pulsions… les plus étranges.

Tu travailles sur ton prochain disque ?

Daniel Knox : Oui. Il s’appelle Chasescene.
C’est la fin de la trilogie que j’ai commencé avec mes deux premiers albums.
Il est quasiment fini. Je prends juste mon temps pour faire le mix et ajouter deux ou trois choses.

TOP 10

Le meilleur disque de 2015 ?

Daniel Knox : Niagara de John Southworth. J’ai eu beaucoup de plaisir à jouer avec lui et je suis très heureux de le retrouver en octobre chez lui à Toronto. J’ai dû écouter Weird Woman à peu près 1000 fois après l’avoir découverte.

Le pire disque de 2015 ?

Daniel Knox : Rebel Heart de Madonna. C’est vraiment difficile de dire ça car j’adore Madonna.

Ton artiste français préféré ?

Daniel Knox : Charles Trenet.

La meilleure salle pour faire un concert ?

Daniel Knox : J’ai ouvert pour Andrew Bird au Chicago Theater cette année. C’est vraiment une très belle salle et j’y ai vu un million de concerts. Il n’y a pas une seule mauvaise place dans cette salle.

La meilleure salle pour voir un concert ?

Daniel Knox : The Hideout à Chicago. Il y a deux salles : une pour les concerts et une autre pour se restaurer. C’est vraiment un petit endroit et on peut entendre correctement les artistes.

Si tu pouvais créer un festival. Quel nom et quelles têtes d’affiche ?

Daniel Knox : J’ai plus de facilités à dire qui on ne doit pas inviter à un festival. Je ne suis vraiment pas la bonne personne à qui confier ce genre de responsabilités.

Paris ou Londres ?

Daniel Knox : Paris l’été et Londres l’hiver.

The Rolling Stones ou The Beatles ?

Daniel Knox : The Beatles.

Billy Corgan ou Sufjan Stevens ?

Daniel Knox : Non merci.

Ton quartier préféré de Chicago

Daniel Knox : Le centre ville. Surtout quand j’y suis seul.

Daniel Knox - Daniel Knox

Pouet? Tsoin. Évidemment.

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