Graham Coxon & Peter Doherty au Zénith de Paris + Guests

Peter Doherty, Zenith, Paris, 05-10-2009

Peter Doherty se produisait en solo le 5 octobre au Zénith après deux dates françaises (à Toulouse et Perpignan) pour la tournée de son premier album solo Grace/Wastelands. Mais avant de mériter le grand Peter, les fans ont été présentés à trois différentes premières parties de concert : Roses Kings Castles, Dot Allison et Graham Coxon.

Roses Kings Castles

Le premier artiste était Adam Ficek, le batteur des Babyshambles lui-même, dans son projet solo : Roses Kings Castles. En fait, c’est Adam qui joue de la guitare acoustique pour un résultat très folk. Un projet sûrement très intéressant mais fort difficile à défendre à froid et en seulement quinze minutes.

Dot Allison

Son parcours annonce une collaboration avec les Babyshambles sur quelques titres, une participation sur Grace/Wasteland et la composition de la chanson ‘Aftersun’ avec Massive Attack pour le film ‘Danny The Dog’ de Luc Besson. Massive Attack dont elle reprend ‘Teardrop’ accompagnée de sa seule guitare acoustique, avec quelque peu trop d’effets de voix.

Discographies

Graham Coxon

Le troisième artiste n’est autre que Graham Coxon, l’ex-guitariste de Blur qui a assuré la guitare sur l’album solo de Peter Doherty. Il nous présente son dernier et septième opus solo : « The Spinning Top ». Il est en compagnie du bassiste de renom Danny Thompson (Nick Drake, Rod Stewart, Kate Bush…), de deux chanteuses, et d’un batteur ; lui-même est timidement assis sur le côté. Il démarre avec ‘Brave the Storm’, puis enchaîne avec son single ‘Sorrow’s army’ suivi de ‘Home’. Le style est acoustique et pas forcément accessible, le public est mitigé. Puis arrivent ‘If you want me’ et ‘Humble Man’ qui ont été décrites comme les plus « blur-esque » de l’album. Pour ces chansons, il se lève, et se lance dans un solo ; la rage n’est pas explosive mais plutôt continue tout au long de la chanson. A partir de ‘Dead Bees’, il se fait plaisir en impro jazz dans ses solos, mais le public s’impatiente, il veut Peter Doherty. Il finit son set avec ‘Tripping Over’ et s’en va, déçu, avant la fin des breaks de batterie.

Peter Doherty

Sur scène, on aperçoit un ampli guitare recouvert d’un drapeau anglais, une contrebasse sur le côté, dans une cage s’installe le reste du quatuor à corde ; un mec se met au synthé… Tout le monde est prêt, on attend plus que lui. On l’aperçoit en loge, il met sa cravate. Il est là, c’est déjà ça! Peter Doherty arrive sur scène, porte-cigare aux lèvres, les premiers rangs partent dans les ultra-sons. Il balance un autre drapeau anglais dans la fosse et enlève son chapeau. Il porte un costard gris, des chaussures en cuir marron et autour du cou, une croix, un chapelet et toutes sortes de colifichets. Graham Coxon, son guitariste, porte lui aussi une veste, tout comme le bassiste et la deuxième guitare.

Il démarre avec son single “Last of the English Roses”, qui permet au synthé de faire un solo à l’éolina. Deux ballerines arrivent sur scène, en haut noir et tutu blanc, elles brodent une chorégraphie sur leurs pointes. Il enchaîne avec “Salomé”, sur laquelle son batteur Adam Ficek fait son entrée. Les filles du premier rang sont au bord des larmes et envoient des messages, des roses, et des cigarettes sur scène. Peter récupère un des cadeaux : une paire de chaussette marquée à son nom. Il remercie la foule, mais son accent et son taux d’alcoolémie ( ?) ne permettent pas à son public de le comprendre ; alors, devant ce problème de communication, il imite les cris de ses fans. La scène fait un peu vide, il se perd en jeu de scène ; quand il danse, il s’emmêle avec le fil du micro. On déplore aussi un laisser-aller au niveau de sa ligne.

La moitié du zénith est bâchée, les gradins sont remplis d’adultes qui patientent pendant que leurs adolescents se cassent la voix dans la fosse. Fosse, qui, quant à elle, est représentée par des demoiselles sur leur trente-et-un et des sosies de Peter avec leur chapeau mou. Sur “Lady don’t fall backwards” sa voix se brise peut-être trop. Il joue “When The Lights Go Out” seul en acoustique sur la scène désertée par les autres musiciens. Le public reprend la moitié des paroles en clameur. Puis Graham revient pour un duo sur “Arcady”. Dot Allison monte ensuite sur scène pour la chanson qu’ils ont co-écrite : “Sheepskin Tearaway”. Tout s’enchaîne mécaniquement, on attend que quelque chose se passe.

Sur “A’Rebours” des Babyshambles, les musiciens se lâchent enfin : Graham part en solo, et même le bassiste, habillé comme sorti d’un concert des Sex Pistols, se permet un jump. Sur “Sweet By and By”, c’est le type au synthé qui part en mode piano bar pendant que Peter se balance dangereusement. De son côté la fosse est ravie, mais le reste du Zénith a plutôt l’air de s’ennuyer ferme. Aussi, après “Broken Love Song”, qui annonce la fin du concert, beaucoup préfèrent courir pour attraper leur métro et éviter une rame bondée.

Peter aime se faire désirer, et le public n’est pas déchaîné. Néanmoins, Peter choisira d’accorder trois autres chansons. Le rappel permet enfin au concert de décoller. La foule, qui attendait patiemment depuis le début, est en délire et atteint son paroxysme sur “Fuck Forever”. Là, espiègle, Peter monte sur la batterie, mais au lieu de sauter, il se vautre lamentablement.

C’est vraiment dommage. Peter Doherty a, à mon goût, du talent. Néanmoins ce n’était pas la bonne salle pour le montrer, une salle plus modeste pour ses textes plus intimistes auraient permis un échange avec le public.

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9 réponses sur « Graham Coxon & Peter Doherty au Zénith de Paris + Guests »

Cet article est gris et me rend triste. J’ai adoré ce concert, Doherty était chaleureux, par l’ivresse, peut etre, mais c’est la forme la plus honnète de gaieté. Lui et ses musiciens étaient ravis de leur prestation, et c’est la seule preuve d’une soirée réussie. Beaucoup de gens sont trop attentifs aux scandales et c’est pour cette raison qu’il y a plus de place dans la fosse.

un article un peu léger pour un compte rendu, qui parle plus de fringues que de la musique vraiment jouée.

Un public très décevant, une salle trop grande, pour des chansons intimes.
Meme sur les classiques du genre don’t look back into the sun des libs, le public, qui normalement reprend toutes les paroles en coeur et se dechaine, a à peine bougé !
De magnifique version de A rebours et 32nd of December, qui ne sont pas souvent jouées en France.

Une très bonne prestation de la part de Pete et ses musiciens, j’ai donc trouvé, il était en forme, et malgré le fait qu’il ait été visiblement déçu par le public, il lui a donné de belles versions de chansons venant d’un répertoire varié : et album solo plein de grace, libertines accoustics nostalgiques, et babyshambles électriques

Merci pour ces précisions.
Effectivement, pour moi, A Rebours était le point fort de la soirée.
Note que je suis entièrement d’accord avec toi pour le choix de la salle. Mais je trouve non professionnel de la part de Peter Doherty de montrer sa déception face à son public. Il avait des fans devant lui, qui ont payé les places une petite fortune, c’est du respect que de leur donner un show aussi chaleureux que leur accueil.

je ne suis pas d accord avec cet article. en effet, j ai adoré le concert: j ai trouvé pete en forme, inspiré. les fausses notes appartiennent au personnage, ca donne un certain charme a la prestation live. j etais une des rares du tout devant de la fosse à comprendre ce que pete disait, je faisait office de traductrice pour les autres qui ont comme moi beaucoup apprécié le concert. au devant de la fosse, l ambiance etait geniale et tres rock n roll: la tension etait palpable. pourquoi dites vous que pete a été decu par le pubic? quels signes a t il montré?
bref, chacun a un avis different mais cet article tend plutot vers l aveu anti-doherty que la critique: par exemple, on ne s effondre pas lamentablement quand on trebuche, episode qui a fait sourire tout le public.

C’était la troisième fois que je voyais Pete en concert pour son album solo : a londres, ou bien que l’album ne soit pas sorti, le public était évidemment génial, un très grand enthousiasme, au bataclan aussi en mars dernier ou il avait repris de la meme facon don’t look back into the sun et ou le public avait montré bcp plus sa joie. Enfin on voit bien que l’ambiance n’était pas totale, et pour répondre a Zikom, depuis qd Pete Doherty est professionnel ??

On le sait en y allant, c’est un type sensible qui aime ses fans et qui réagit ac eux, et justement, on voit quil ne parlait pas bcp, il a tenté au début, mais le public ne répondait pas suffisamment, en tout cas par rapport aux autres concerts.
Et pour finir, je pense vraiment qu’on en a eu pour notre argent, le concert a duré longtemps, ac bcp de musiciens, et était musicalement magnifique.

Moi je suis partagée…je n’aime tout simplement pas le Zenith. J’y suis allée car je n’avais encore jamais assisté à un concert de Doherty. Donc, j’ai trouvé les prestations sublimes…il chantait très juste, était dans ses chansons mais pas forcemment avec le public…voilà aussi pourquoi j’aurais préféré une salle plus intime. Et perso je ne l’ai pas trouvé, lui, en forme…j’ai trouvé qu’il n’avait pas l’air dans son assiette malgré la qualité de la soirée…mais il est peut-être toujours comme ça je ne sais pas…Sinon pour le public eh bien j’étais en plein dans la fosse et mis à part les groupies aucun problème de ce côté là…les gens chantaient, souriaient…etc…non franchement c’était sympa! Euh par contre j’ai trouvé que ça a bien « décollé » longtemps avant le rappel…Lady don’t fall backwards ou encore Broken Love song ont provoqué une transe totale autour de moi et quelques évanouissements même!! La prochaine fois qu’il passe à Paris j’y vais mais dans une plus petite salle j’espère bien!

Hello Glad.
Pour moi, il faut bien plus qu’un groupe au milieu de la fosse pour signaler qu’un concert décolle. Peter avait tout un Zénith à satisfaire, et les gradins avaient pas l’air emballé.

Les commentaires sont fermés.

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