Days Off, quand l’Hexagone conquiert la Philharmonie

Pour la septième année consécutive la Philharmonie de Paris organise le Festival Days Off, et propose un savant mélange de musiques aux influences différentes mais toutes très actuelles, mêlant concerts, expos, et projets collaboratifs dans le cadre mythique de la Cité de la Musique et la douceur estivale de ce début de mois de juillet.


Un vent de fraîcheur souffle sur le parc de la Villette depuis le 30 juin, et c’est bel et bien ce que j’ai ressenti hier soir lors de la soirée Hexagone, où se produisaient Bagarre, L’Impératrice et Isaac Delusion en une même soirée.

Bagarre @ Soirée Hexagone
Bagarre @ Soirée Hexagone

La soirée commence à 20 h avec Bagarre, ces cinq fauves en veste Adidas et grosses chaines en argent qui font beaucoup parler d’eux en ce moment. Ils ont été plutôt bons, déterminés en tout cas, ils ont su mettre l’ambiance et occuper l’espace, fidèles à eux-même dans leur registre de violents torturés, mais avec une touche de romantisme. Il faut avouer que ce n’est pas évident de jouer dans une salle comme la Philharmonie, grandiose, spacieuse et à l’acoustique impressionnante, où l’on viendrait plus aisément voir un orchestre symphonique qu’un petit groupe d’electro-pop-funk énervé. Ajoutant à cela le fait que la grande majorité du public était venu pour voir L’Impératrice ou Isaac Delusion, les Bagarre ont quand même eu du mérite. Mention spéciale pour le petit clin d’œil à leur univers de baston, matérialisé par atèle et les béquilles factices du mec au synthé, dommage par contre qu’ils soient partis sans se retourner dès la fin de leur setlist.

Bagarre – Mourir au club

Discographies

Le live de L’Impératrice était sympa, groovy comme il faut, agréable à regarder, même si c’est plus le genre de groupe qu’on verrait sur une plage ou un rooftop que dans une salle comme celle-ci. Harmonieux dans leurs chemises tropicales en soie verte, ils ont été pros et c’était chouette, mais pas très surprenant.

À part peut-être leur rappel à coup de violon et violoncelle, très en symbiose avec le lieu. J’ai bien aimé, mais je pense définitivement aller les revoir dans une salle plus petite, ou paradoxalement, leur musique aura surement plus d’ampleur.

L’Impératrice – Agitations Tropicales

Non, le VRAI concert de la soirée c’était tout de même Isaac Delusion. Les deux premiers m’avaient plus, mais là ils ont relevé le niveau d’un cran. Le chanteur, dont la voix toujours aussi indomptable emplissait à merveille la Philharmonie avait une prestance incroyable, très bien accompagné par le reste du groupe. Ce qui est fou quand on les regarde, c’est qu’ils dégagent une grande simplicité, et en même temps une puissance capable d’occuper un stade.

Isaac Delusion @ Soirée Hexagone
Isaac Delusion @ Soirée Hexagone
Très polyvalents, les membres du groupes « jumpaient » tous sans soucis d’un instrument à un autre, toujours dans la plus grande maîtrise de leur musique. Ils ont joué presque 1h30, des chansons exclusives comme leurs classiques, noyant tout simplement le public dans leur tourbillon musical. C’était parfait de se laisser emporter ainsi par la déferlante Delusion, le temps d’une soirée, ils ont su posséder la Philharmonie et on les en remercie.

Batteuse et passionnée de musique depuis toujours, constamment à la recherche de nouvelles pépites. Un penchant particulier pour les sonorités rocks /indies /psychés et autre dreampop électronique et bizarroïde.
3 réponses sur « Days Off, quand l’Hexagone conquiert la Philharmonie »

Isaac Delusion, tout simplement génial. J’en ai encore des frissons. Très belle chronique Noémie

Merci beaucoup Lia :) un plaisir de voir que mon ressenti est partagé !
& Ly, le « mec » sautait tellement partout avec son attele que j’ai cru à du fake !! Ca aurait pu etre un clin d’oeil amusant, mais desolee pour la boulette du coup !

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