Arctic Monkeys

Arctic Monkeys

En juillet dernier, les Arctic Monkeys sortaient leur troisième album Humbug. On a jamais perdu vraiment le contact avec eux car leur dernier album Favorite Worst Nightmare était sorti en 2007, un an seulement après Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not ; et qu’entre temps le superproductif Alex Turner, le chanteur, a sorti un album l’an dernier avec son side project The Last Shadow Puppets. Ils ont rempli le Zénith de Paris pour deux dates consécutives avec Eagles of Death Metal en première partie.

Eagles of Death Metal

C’est peut-être des Aigles, compte tenu du fait que beaucoup de grands du Rock ont participé aux albums – Dave Grohl, Jack Black, Stephan Olsdal de Placebo – et qu’ils comptent Josh Homme de Queen of the Stone Age parmi leurs membres ; mais ce n’est clairement pas du Death Metal. Du Hard Rock à la rigueur ? tout est là : les guitares qui hurlent et la double pédale. Quand on y pense, c’est étonnant de voir ces baroudeurs assurer la première partie des jeunots des Arctic Monkeys. Néanmoins, ils remplissent leur part du contrat et mettent l’ambiance malgré une différence de public avec leurs successeurs ; quand ils passent la main, la salle est à bloc.

Arctic Monkeys

Si le souvenir qui vous reste est un groupe de rock indé au son poli aux angles, les Arctic Monkeys sont là pour vous surprendre. Dès les premiers breaks de batterie, le choix de la première partie devient plus évident : ils ont gardé leur son très garage des débuts. Le solo de batterie sur “Dance Little Liar”, qui ouvre les festivités, est digne d’une signature Lars Ulrich [Metallica], pendant que les guitaristes agitent leurs cheveux en rythme – ça explique les nouvelles (non) coupes!

Le concert est déjà parti, très peu de temps mort entre les chansons, très peu d’interactions avec le public d’ailleurs, mais pas besoin non plus : le public porte le concert. “Brianstorm” explose, puis, après “This House is a Circus”, ils enchaînent deux chansons de leur premier album, plus dansant. Le solo de “Still Take you Home” est un peu spécial, un moment de flottement au niveau des guitares, mais le batteur tient la barre, et dès les premiers riffs de “I Bet You Look Good on the Dancefloor”, tout est oublié. Quand tout le Zénith reprend le refrain, un frisson me parcourt…

Quand la salle est à point, ils lancent “Sketchead”, le onzième titre inédit de Humbug, en vente événementielle sur iTunes pendant un mois. Heureusement que des écrans sur les côtés de la scène nous permettent de voir les mimiques d’Alex Turner, sinon la présence du groupe dans l’immensité de la scène du zénith n’est pas envahissante. Alex semble se laisser porter, ils n’ont pas d’efforts à fournir pour que la salle suive, voire les devance. Les Arctic Monkeys se permettent pourtant un solo tout en distorsion sur “Crying Lightning”. Après “Dangerous Animals”, le public se remet à danser sur “The View from the Afternoon” ; les guitaristes changeant à peine un riff par rapport à la version album.

Après une exaltante “If you were there, Beware”, ils jouent “Pretty Visitor”, pendant laquelle Alex Turner se retrouve désemparé sans sa guitare et cherche à se trouver une contenance. Sa voix lancinante sur l’album est beaucoup plus sensuelle en live et, grâce aux écrans, je me retrouve hypnotisée par “The Jeweller’s Hand”. Et comme si le public n’était pas déjà en délire, renversement de vapeur, on se remet à sauter sur place sur “When the sun goes down”. Le final reste douteux avec des confettis blancs et dorés qui tombent du toit pour “Secret Door”.

A peine partis, la salle trépigne. Les Arctic Monkeys reviennent avec “Fluorescent Adolescent”, et pour la première fois, Alex prend le contrôle du concert en ralentissant la chanson, qui n’en devient que plus belle. Ils finissent sur une électrique “505”, la foule fait monter et exploser la chanson, comme si elle connaissait le concert par cœur, pendant que les Arctic Monkeys disparaissent dans la fumée et la lumière aveuglante.

Set List : Dance Little Liar / Brianstorm / This House Is A Circus / Still Take You Home / I Bet You Look Good On The Dancefloor / Sketchead / My Propeller / Crying Lightning / Dangerous Animals / The View From The Afternoon / Cornerstone / If You Were There, Beware / Pretty Visitors / The Jeweller’s Hands / Do Me A Favour / When The Sun Goes Down / Secret Door
Rappel: Fluorescent Adolescent / 505

Crédit Photo Yves Van Broekhoven sur Flickr

Date: 5 novembre 2009

Un grand merci à Arnaud des Inrocks pour m’avoir fait partager ce concert! ;)