The Irrepressibles, Dan Black, Fredo Viola, Zak Laughed et Hockey @ La Cigale

Dan Black @ La Cigale, Paris (festival des Inrocks) | 5 novembre 2009
Abi - 06/11/2009

Jeudi dernier les aventures du festival Tck tck tck des Inrocks continuaient à la Cigale avec au programme (et dans l’ordre de passage) : The Irrepressibles, Dan Black, Fredo Viola, Zak Laughed et HOCKEY. Une soirée qui commence tôt, un programme chargé et des styles assez éclectiques, mais on ne va pas s’en plaindre : qui a dit qu’il ne fallait pas s’isoler dans le rock indé, pur indé, pro indé ?!!

La faute à mon employeur et à un sandwich concombre mimolette, j’ai loupé les Irrepressibles, vous m’en voyez désolée même si ce n’est pas une excuse.

Dan Black

Deux blocs roses fluos avec les initiales D.B. au centre de la scène de la Cigale, le ton est donné : Dan Black c’est bien le projet solo avec un grand S de l’ancien chanteur des Servant.
Et si les Servant avait cette larmichette de rock sensible, Dan Black s’impose comme un projet rock plus électro, avec même sur scène un brin de hip hop.
Le chanteur n’a rien perdu de sa verve, mais a gagné en style. De la peinture blanche façon MGMT sur sa jolie figure, une grande chaine de rappeur autour du cou et un sarouel : pop, hip hop ou rock ? Dan est là pour brouiller les pistes avec tout cet attirail. Sur Gimme il exulte tous ses démons avec des gestes, comme si il voulait exprimer physiquement ses paroles, pas question de rester immobile avec un pied de micro dans le dos ! Dan l’avoue il est un peu égoïste mais il ne manquera pas de remercier sa fine équipe de musiciens, complètement éclipsé par ses pirouettes acrobatiques.
Final sur le fameux tube Yours, Dan Black avec ses jolies mèches noires frisottantes et ses chorégraphies a bien mérité son B+.

Fredo Viola

Comme mon voisin l’a si comiquement dit : ‘c’est à cause de groupes comme ça  qu’on a des sectes’. Je vous vois grincer des dents, et pester contre moi. Et pourtant le Fredo annoncé comme une perle pop-folk avec des effets visuels et cinématographiques n’était ce soir là accompagné que de ces quatre musiciens sans la moindre fioriture et a enchaîné ses morceaux en toute simplicité. Les chœurs et la chaleur des voix font penser vaguement aux Fleet Foxes, en plus lyrique mais l’émotion de ces New-yorkais ne prend pas. Le batteur  confesse son angoisse à l’idée de jouer de l’accordéon en France ; sommes-nous tous attifés d’un accordéon et d’une baguette avec un petit salé sous le bras, je vous le demande bien ? ! Bref. Un musicien habillé en jardinier à droite de la scène fait de jolis effets avec une ribambelle d’instruments à vent ou biscornues, des bâtons de pluie aussi, mais pourtant rien, je ne mords pas à l’hameçon de Fredo.

Zak Laughed

Zak ouvre son concert par un solo. Mes mains sont moites : par pitié pas de solo folk, gratte sèche sous le bras, qui dure une heure ! Au bout du second morceau, nous voilà sauvés : ses musiciens débarquent un brin éméché pour notre plus grand bien.
Zak Laughed a donc gardé toute sa candeur et son innocence… Attendez voir mais c’est plutôt qu’il l’a encore, perché de ses 15 ans, ce prodige dont tous les médias vantent le talent (à juste titre) semble avoir hiberné toute son enfance dans les classiques de la côte Ouest à la côte Est des états Unis. Il maitrise le piano et la gratte, et reste très studieux sans oublier de s’adresser simplement à son public. Sa voix légèrement aigüe trahit son âge mais son doigté non. Pop Folk sympathique qui passe bien après l’inondation de chœurs d’église précédente.

Hockey

La Bonne Pioche du festival ! Cette jeune bande qui nous vient de Portland avait fait 28h d’avion pour une seule soirée : ‘ONE SHOT’ ! Un seul set pour convaincre son public et ils l’ont fait !

Ces fraîches pousses possèdent en effet une recette fracassante : ils occupent tout le terrain et nous font suer presque autant qu’eux ! Le chanteur (Ben Grubin) est un instrument à lui tout seul avec ses cordes vocales qui rappellent un peu les Virgins en plus posé.

Les groupies des premiers rangs palpitent quand le chanteur nous annonce un « Good Bye » sur /Too fake /mais non il ne quittera pas la scène, il attrape plutôt deux grandes baguettes et rejoint le batteur. Et là ce truc jouissif s’empare de nos poitrines, voici non plus un mais deux batteurs qui envoient purement et simplement le steak. Quatre bras maigres claquent les caisses et la foule est aux anges !

La gratte et la basse se font face, les effets électro sont en place, et les ultra violets sont braqués sur le tee-shirt fluo du batteur qui mène le rythme. Ce set diaboliquement défoulant culminera avec un /learn to lose/ en guise de cerise sur le gâteau. 40min intenses. 28H d’avion pour leur retour! Rassurez-vous, ils reviennent en février : ne les loupez pas !

Date : 5 novembre 2009
Commentaires
    avatar MarilouMarilou:

    Je ne comprends absolument pas ton jugement à propos de Fredo Viola, je ne partage pas ton avis. Je l’ai vu en concert à Nantes en Septembre et j’ai été complètement subjuguée, autant par sa voix onirique que par son charisme, son humour (encore faut-il que le public en ait ;-)) et toute la chaleur qu’il dégage. Ses musiciens sont tout aussi doués je trouve! Le jeu polyphonique est simplement magique… bref, un univers aérien qu’on ne retrouve pas ailleurs.

    Bouh, j’ai loupé ça! J’aurais bien aimé voir Dan Black et son projet solo ( sa chanson Yours, donne une énorme patate) et revoir les Hockey.. Après leur set à Solidays cet été, ça devait donner à la Cigale ! Qt à Fredo Viola, pas vu donc pas d’avis encore :)

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